Si vous n'avez pas encore lu les ouvrages de Gérald Duchemin (parus aux éditions Le Chat Rouge), vous devriez : sous une plume très dix-neuvième et qui se lit facilement bien qu'elle soit d'un haut niveau littéraire, il évoque des événements fantastiques se déroulant à notre époque avec une élégance, un humour et un style qui font qu'on ne peut pas lâcher ses ouvrages avant d'en être à la dernière page... et là on en prend un autre pour que ça ne s'arrête pas.
Je vous conseille également son tout nouvel ouvrage, La Laiteuse et son chat, (il y a un extrait sur la page du livre) à paraître ce mois-ci - si les souscriptions veulent bien suivre afin de financer l'impression - chez Le Calepin Jaune Editions.
Dans un genre tout à fait différent mais non moins envoûtant, la sortie prochaine de Prysmes, le nouveau recueil de Charlotte Bousquet, devrait vous ravir. Basé sur les couleurs (de l'arc-en-ciel dirons-nous pour être romantiques ^_^), il présente des nouvelles profondes et poétiques, parfois terribles et parfois mélancoliques, et toujours belles.
Charlotte Bousquet a le bon goût d'avoir de grandes qualités d'écrivain et aussi de grandes qualités humaines, et rien que pour avoir le plaisir de toucher du doigt un être aussi authentique dont le talent n'est plus à démontrer, il faut absolument lire au moins un de ses ouvrages. Ses parutions sont disponibles chez Nestiveqnen, chez Argemmios, chez Le Calepin Jaune Editions et sans doute bientôt, chez CDS Editions. A suivre avec passion car on en sort grandi !
Evidemment, on peut d'ores et déjà pré-commander Prysmes sur le site du Calepin Jaune afin de faciliter sa parution !
A ce propos je vous rappelle le fonctionnement du Calepin Jaune Editions parce que vous nous voyez crier "au secours, filez-nous du blé pour qu'on puisse sortir nos bouquins !" et vous devez vous demander pourquoi tant d'agitation ^_^ (à moins que vous n'ayez lu il y a deux ans déjà la page "présentation" de la maison où son fonctionnement est expliqué) donc voilà :
maison d'édition associative montée avec un capital de zéro euros (faute de moyens, sinon nous aurions eu un capital évidemment), nous lançons les souscriptions (ou pré-commandes en fait) de chaque ouvrage entre un et deux mois avant la parution, selon le nombre de souscriptions que nous recevons, nous avons la possibilité d'imprimer un premier tirage qui n'excède jamais les 150 exemplaires, par contre nous réimprimons un petit stock d'ouvrages (en général 50) régulièrement selon les commandes advenant une fois l'ouvrage paru, on peut en tirer 50 chaque mois si les commandes suivent. Sur tout ça, nous prélevons aussi les frais d'envoi, les pourcentages librairies, de quoi payer les taxes, et évidemment de quoi payer les droits aux auteurs (et notre pourcentage est assez généreux d'ailleurs ;)).
Le problème est que l'impression en petites quantités coûte en proportion plus cher de l'exemplaire que les grosses quantités (le prix de revient d'un exemplaire d'un livre noir et blanc peut aller de 10 euros l'ex. si on en imprime 50, à 2 euros l'ex. si on en imprime 500 ou 1000) mais nous n'avons jamais de quoi imprimer de grosses quantités à la fois c'est donc en quelque sorte un cercle vicieux même si, en cas de mévente, il y a l'avantage de ne pas se retrouver avec un stock d'invendus sur les bras.
Dans les périodes où les souscriptions et les commandes directes sont nombreuses, nous nous en sortons facilement même si nous ne faisons pas ou très peu de bénéfices, mais en ce moment, comme les commandes - et surtout les souscriptions, qui sont pour nous la chose la plus importante en fait car elles nous permettent de vraiment lancer un bouquin - ne viennent pas, tout devient très difficile.
Pour ma part je comprends très bien qu'on se dise, en tant que lecteur, "bah, je commanderai le livre quand il sera sorti" parce que commander un livre qui n'existe pas encore, c'est un peu bizarre, puis souvent il y a des retards à l'impression, à la livraison, avec certains auteurs, etc., on se retrouve à payer son bouquin des mois avant qu'il ne sorte et je comprends que ça puisse décourager, surtout dans une période où tout le monde vit tellement difficilement et a tendance à sacrifier ce qui ne semble pas vital (mais qui l'est car le cerveau aussi a besoin de nourriture) : les livres.
Bref... je me demande si nous ne devrions pas sacrifier à l'esthétique et n'imprimer que des formats poche finalement... mais ce serait dommage et si ça se trouve ce serait aussi difficile... quoique les frais d'envoi, qui nous ruinent également - merci la poste qui ne fait pas de tarifs dégressifs pour les envois ne dépassant pas les 200 par mois - seraient nettement moins élevés pour des ouvrages de poche.
Nous avons aussi les commandes des libraires (et là par contre c'est bien, nous en avons de plus en plus) mais, car il faut un 'mais', en général ces derniers ne prévoient pas que nous imprimons à la demande et ils commandent à la dernière minute, notamment pour les salons et festivals, et donc nous ne pouvons pas toujours anticiper leurs commandes, ce qui nous ramène à "mini-quantités" car "mini-moyens" suivi de "réimpressions qui prennent du temps".
Bref... que va-t-on faire : on va espacer le nombre des publications en espérant que ça laissera à davantage de gens le temps de pré-commander les ouvrages, on va attendre sans se décourager et on va voir si les choses vont mieux. "Yes we can!" comme dirait le nouveau Président des Etats-Unis, car à nous aussi, voir qu'il est élu nous a redonné espoir, et au moins, envie de continuer le combat !
Merci d'avoir pris le temps de lire cette longue (mais nécessaire je crois) explication, et bon courage à vous tous, car nous savons que c'est difficile la vie de plus en plus depuis quelques années. A bientôt !