A lire les réactions positives à l'oral de Ségolène Royal hier soir sur TF1, c'est à se demander si j'ai vu la même émission que les journalistes.
Une chose m'a particulièrement frappé : il semble qu'à de nombreuses questions d'ordres différents, la candidate du PS réponde selon un même schéma, selon une structure unique visant à résorber tout problème. 3 expressions sont revenues sans cesse durant la soirée :
- "c'est insupportable" (théâtralisation du constat)
- le "pacte" (forme que doit prendre l'action politique quelle que soit la situation)
- "gagnant-gagnant" (effet escompté de la politique de Mme Royal)
Au-delà de la lassitude produite par la récurrence ad nauseam de ces trois formules, c'est une conception de la politique qui s'est dessinée hier. Pour dire autrement ces trois temps de la politique : révolte feinte, confiance instauré mais sans objet puisque le "pacte" prend la place du projet à mettre en oeuvre, et démagogie d'un effet "win-win" comme disent les économistes censé masquer le fait qu'il faudra des efforts et des sacrifices du côté des citoyens (régimes spéciaux, augmentation des impôts, flexibilité, etc.).
Je n'ai aucun mépris pour les pactes. Les épicuriens nous ont appris que le pacte (foedera) avec la nature, loin d'aliener les sociétés humaines, dessine une sphère de possibles.
J'ai peur qu'avec Ségolène Royal, les pactes tournent à vide, et que de la sphère, il ne demeure que l'amer sensation de tourner en rond...
O.L.