MySpace
myspace music


Rémi Bertrand



Last Updated: 9/24/2009

Send Message
Instant Message
Email to a Friend
Subscribe

Status: Single
City: Charleroi, Mons
Country: BE
Signup Date: 2/6/2007
Tuesday, October 24, 2006 
Pas le jour des élections. Pourtant, c'est chouette, le jour des élections. Et dans notre royaume on ne peut pas se plaindre : six ans que je suis en âge de voter et je n'ai déjà plus assez d'une seule main pour compter le nombre de dimanches matins consacrés à mon mot à dire (enfin, à mes croix à faire, faut pas exagérer). Pour un jour de grasse mat', on se lève plutôt de bonne heure : c'est qu'il y a une infime excitation dans l'air, avant la grande explication dans l'urne. Ambiance ou atmosphère ? Délétère ou lourde, de feu ou de travail, au fil des heures qui s'annoncent, ce sera une affaire de parti.

Ce 8 octobre n'échappe pas à la règle. La convocation électorale me conduit, comme des centaines de voisins, dans les locaux d'une école de Marcinelle pour décider du sort de la Commune de Charleroi et de la Province du Hainaut. Une fois encore, je m'étonne, je m'insurge. Les binettes sont là. A moins de dix mètres de l'entrée du bâtiment, les affiches de la majorité sortante lancent des sourires feints et avides, pour les électeurs indécis qui feront leur choix au dernier instant, optant pour la dernière binette aperçue (« Et une voix de plus, une ! » ricane celle-ci, en se frottant des mains pas assez blanches pour les montrer sur l'affiche). Au moment où j'entre dans le bureau de vote, un homme en sort, une bouteille de Jupiler au bec, et rejoint un bistrot à quelques pas. Il est 9h40. On dirait que je suis le seul à m'indigner. Voter, les Carolos savent pour quoi.

La journée passe. Un dimanche après-midi reposant et, à peu de choses près, ordinaire. En ville, je croise un enfant qui demande à sa mère : « Comment on fait pour voter ? » Tête de liste, mon petit, ou alors plusieurs candidats mais du même parti. Il n'a pas l'air convaincu.

Le week-end touche à sa fin. Mais il y a encore cette fameuse soirée électorale à la télévision. Je la regarde, partiellement. C'est du direct, la vie en train d'être vécue, la vraie démocratie quoi, pas du chiqué ; entre le plateau principal et le « Studio 6 », les envoyés spéciaux balaient la Wallonie, aux sièges des différents partis, les élus sortants s'expriment, sont « sereins », n'attendent plus les résultats que de « quelques bureaux », sont « satisfaits », crient chacun victoire dans un brouhaha insensé. Parmi les « toutes dernières tendances », François de Brigode évoque un « effet Laurette Onkelinx » à Schaerbeek, et, entre une « erreur d'impression » sur les bulletins à Huy et les aléas du vote électronique à Bruxelles, s'inquiète des taches noires qui parsèment la carte du pays. La soirée connaît ses coups de théâtre, avec la téméraire Isabelle Durant qui passe au-dessus d'un accord préélectoral, et le clou du spectacle avec une future star de YouTube et des remix dignes de la « danse du coup de boule ». Avant d'éteindre mon poste, j'écoute le dernier bilan wallon. Pas de « défaite cuisante » pour le PS qui néanmoins choisit l'ouverture, le MR est content de son résultat et du non-score des rouges (et même à Liège, où le PS cartonne, ce sont les « grands accords exceptionnels »), Ecolo déçoit dans la capitale mais fait des percées locales, le CDH est le parti qui monte, le FN n'a heureusement pas fait les ravages annoncés (mais récupère, dans certaines villes comme la mienne, une partie de l'électorat socialiste). Bref, tout le monde il a gagné.
Alors, le plus beau jour de ma ville, quand arriveras-tu ? J'y ai cru, pourtant. Au lendemain des élections, l'Hôtel de ville carolo a ouvert ses ailes de coq aux poussins galeux, proclamant le renouveau... dans la continuité. C'était sans compter sur la Justice qui poursuivait son travail depuis les affaires de La Carolo dévoilées par Olivier Chastel un an plus tôt. Quelques jours après la reconduction de son mandat de bourgmestre, Jacques Van Gompel reçoit enfin la réponse à sa question lancée dans les larmes : « A qui le tour ? » Séisme à Charleroi. Poussé par l'intouchable (jusqu'à quand ?) Van Cau, le collège échevinal, sous le choc (les pauvres), démissionne. Je sens que le jour tant attendu est possible, que l'on va pouvoir secouer le nid une bonne fois pour toutes. Mais voilà, c'était une blague ; on ne démissionne plus, coucou, nous revoilà, les échevins reviennent au grand complet et transmettent leur pensée amicale au pauvre Jacques qui n'a rien fait de mal (d'ailleurs, c'est pour ça qu'il est en prison).

Le plus beau jour de ma ville, ce n'est pas encore pour demain.