Gender: Male
Age: 27
City: Mwanza
Signup Date: 2/16/2007
|
|
|
|
Sunday, October 07, 2007
 |
+ de photos Retour à Mwanza. Le coeur gros mais la tête pleine. Pleine de souvenirs magiques, d'émotions intenses, de moments inoubliables et de rencontres extraordinaires. Trois semaines de bonheur.
 Partie 1 : Le Grand Lac
Tout a commencé par l'arrivée de mes deux vaillants compagnons de route, mon fréro, François, et Marie, une de ses potes de promo – ils viennent d'être diplômés kinés – ils sortent de l'oeuf quoi… Et là, tout s'est enchaîné. Notre périple a commencé par la visite de deux îles du lac Victoria, Rubondo et Ukerewe…
A Rubondo National Park, petite île paradisiaque, notre banda (bungalow), située au bord d'une plage au large de laquelle s'ébattaient des hippopotames, a été le point de départ de safaris à pied dans une forêt où se cachent singes, sitatungas (une espèce d'antilope) et éléphants, et d'un safari en bateau à la rencontre d'une multitude d'oiseaux et de quelques crocodiles gigantesques. C'est aussi à bord de ce frêle esquif que nous avons été les cibles d'une charge subaquatique menée par nos voisins hippopotamesques. Non content de nous malmener sur l'eau, ils ont également hantés nos dîners, pris sur la plage par des nuits d'encre où chaque bruit semble provenir de leur mâchoire fantastique.
 Après ces premières émotions fortes, plongée dans la Tanzanie "humaine" sur l'île d'Ukerewe, que je ne présente plus. A vélo, je les ai amenés dans mes coins préférés. L'accueil incroyable de ses habitants n'a pas changé. Dans un des villages traversés, nous avons été invités pour le riz et les patates douces (François les préfèrent sautées), tandis que près de la capitale Nansio, des gamins rayonnants nous ont accompagnés un bout de chemin… Nous avons dormi chez l'habitant, pour tout dire chez l'extraordinaire Mama Agnes, qui nous accueillis par des "karibu !" de joie, alors même que nous arrivions de nuit et sans avoir prévenu !
Puis le ferry nous a ramenés chez moi et après une (trop) courte visite de Mwanza, nous sommes partis pour la région la plus visitée de Tanzanie : l'immense écosystème du Serengeti National Park et de la Ngorongoro Conservation Area.
Partie 2 : Sur la terre des lions
 Après avoir voyagé "à la tanzanienne", dans des bus dont la peinture multicolore semble la seule chose dont on a pris soin depuis vingt ans – l'un d'entre eux n'avait même pas de tableau de bord – et qui roulent pleins à craquer sur des pistes défoncées, se retrouver dans un 4x4 avec chauffeur donnait une impression mitigée de confort et d'éloignement, comme si on passait du statut d'acteur à celui d'observateur.
Malgré un chauffeur aussi incompétent que borné – Mwanza a bien besoin d'une agence de tourisme de qualité –, le Serengeti-Ngorongoro nous a offert comme à son habitude son cortège d'animaux, du mignon petit daman jusqu'à l'éléphant, en passant par une multitude de zèbres, de girafes, d'antilopes, de babouins et d'oiseaux multicolores. Tout ça dans des paysages à couper le souffle ; douces collines parsemées d'acacias ou plaines infinies, jaunies par trois mois de saison sèche, au Serengeti ; caldeira géante – immense cratère – contenant plaine, lac, rivière et forêt au Ngorongoro. Les grands moments ont été un guépard et ses deux petits, une lionne se prélassant sur un rocher dominant la plaine où broutaient des gazelles de Thomson, et une féroce bataille d'hippopotames !
 Même dans un lieu si hautement touristique, nous sommes restés atypiques et routards dans notre façon d'aborder le safari – nuits sous ma tente, popote au camping gaz de Marie – la plupart des safaristes dorment dans des lodges et les autres font du camping "de luxe" avec grande tente et cuisinier. L'avantage de camper, c'est que c'est frissons garanti ! Nous avons eu des visiteurs chaque nuit. Du haut de son rocher à quarante mètre de nous, une lionne nous a observé monter la tente à notre premier camp, et des buffles sont venus brouter à proximité. Puis nous avons eu une (des ?) hyène se "baladant" entre les tentes, et les cinquante mètres qui séparaient la tente de la cuisine sont devenus une immensité noire où l'on ne s'aventurait plus seul ! Enfin, des éléphants – dont un énorme qui m'a surpris à la sortie de la douche – sont venus boire dans la réserve d'eau du camping du Ngorongoro ! Ne souhaitant pas revivre le coup du lion qui gratte à l'auvent comme en 2004, nous laissions allumée une lampe à pétrole devant la tente, mais avec une flamme de trois centimètres, je doute que ça aurait arrêté une charge de buffle ou un lion affamé… Bref, les nuits ont été peu reposantes pour certains…
 En sortant du Ngorongoro Crater, le chauffeur nous a laissé dans le village massai de Nainokanoka, et a commencé ce qui s'est révélé être la plus belle aventure de ce voyage…
Partie 3 : Un pied dans un autre monde
 C'est en effet à pied, accompagnés de notre guide Laizer, que nous avons parcouru pendant trois jours le mythique pays massai. Partis de Nainokanoka en milieu de journée, la marche nous a amené dans des paysages grandioses de hauts plateaux, ondulant, jaunes et secs, et bordés de volcans auxquels s'accrochaient les nuages bas. Nous avons bien sûr croisé des massais, vêtus de leurs shukas rouges, violettes, ou bleues roi pour les femmes, leur bâton ou leur lance de guerrier à la main, leurs oreilles trouées, portant de grands bijoux de perles blanches mis en valeur par leur peau foncée, et nous tâchions de les saluer dans leur langue – "hapari ya sopai" pour les hommes plus agés, "ero sopai" pour les plus jeunes, "yeyo takwenya" pour les femmes – ce qui les faisait parfois éclater de rire… Les gamins laissaient parfois les vaches qu'ils gardaient, ou sortaient des "bomas", petits groupes de maisons rondes de terre et de paille construites autour d'un enclos à bétail circulaire fait de branchages, et accouraient à notre approche pour mieux nous observer.
 Les massais sont un peuple de bergers nomades et vivent en harmonie avec les animaux sauvages qu'ils ne chassent pas. Aussi nous avons pu marcher à quelques dizaines de mètres de zèbres sans qu'ils ne soient effarouchés – une expérience bien plus intense et authentique que l'observation depuis un 4x4 ! Nous étions dans l'Afrique, nous sentions l'Afrique, nous la respirions et la vivions. Nous avions repassé la barrière, nous étions à nouveau acteurs…
Après une nuit passée près du village de Bulati, le deuxième jour nous a amené, à travers des forêts d'altitude couvertes de fantomatiques lichens, jusqu'à Empakaai, large cratère au lac salé habité d'innombrables flamands roses. Depuis le bord du cratère et alors que nous contemplions cette merveille de la nature dans la lumière du soir, nous avons assisté muets d'admiration au départ de dizaines de groupes de ces mêmes flamands, volant en cercles pour prendre progressivement de l'altitude et chacun de leur passage accompagné d'un bruit d'ailes surnaturel. La nuit passée à Empakaai fut d'une douceur inoubliable...
 La silhouette fumante de l'Oldoinyo Lengai, volcan conique au sommet duquel habite le dieu des massais, nous a accompagnée tout au long de notre descente depuis Empakaai, tel un gardien veillant sur notre marche. Empruntant un chemin ignoré de la plupart des agences de tourisme, nous avons descendu le gigantesque mur du Grand Rift Africain, cette immense fracture de la croûte terrestre qui court de l'Ethiopie au Mozambique et dont la formation est intimement liée à l'histoire de l'Homme. En perdant de l'altitude, les paysages devenaient de plus en plus secs, jusqu'à laisser la place à une mer de poussière si fine qu'elle se soulevait en nuage sous nos pas. C'est au milieu de ce désert aux couleurs ternes que nous sommes arrivés à la fin de notre marche, au petit village d'Engaruka Juu. Jour de marché oblige, des dizaines de massais, pour beaucoup des femmes, y étaient réunis, et, telle l'arrivée de navigateurs sur une terre inconnue, notre irruption a stoppé net les bavardages et les marchandages. Pendant un instant, le temps sembla comme suspendu, et, fixés par d'innombrables paires d'yeux surpris, nous fûmes frappés d'émerveillement par cet extraordinaire île de couleurs et d'authenticité.
Une dernière journée en pays massai et nous avons pris un bus bringuebalant pour rejoindre la "civilisation" et la petite ville de Mto Wa Mbu.
Partie 4 : Paisible Afrique
 De Mto Wa Mbu, nous sommes reparti en safari dans les parcs du Lac Manyara et du Tarangire. Leur relativement faible fréquentation nous a permis de faire des safaris plus intimistes. Nous avons pris le temps de nous imprégner de l'atmosphère des lieux, de contempler les superbes paysages offerts par le lac et le rift à Manyara et par les baobabs et les marais à Tarangire. Nous attendions que les animaux viennent à nous et non l'inverse, nous avons observé le rythme de la nature et la vie de ses habitants, par de longs arrêts, ici pour des impalas dans la chaude lumière du petit matin, là pour des babouins occupés à s'épouiller,… Au lac Manyara, un bébé éléphant apprenait à se servir de sa trompe et jouait au foot avec une pierre, tandis qu'à Tarangire, la rivière, rare point d'eau en cette saison sèche, attirait successivement éléphants, cobes defassa, zèbres, phacochères et bubales de Coke.
Dans le cadre d'un "Cultural Tourism Program", dont les profits reviennent à la communauté, nous avons également fait du vélo au pied du rift, au milieu de bananeraies, et jusqu'au bord du lac Manyara, en passant au milieu d'un troupeau de zèbres. A Tarangire, nous avons fait un safari de nuit et un safari à pied, tout deux malheureusement assez décevants pour ce qui est des animaux.
Et pour notre dernière nuit de safari, une fois n'est pas coutume, nous nous sommes offert un super lodge ; notre "maison", perchée sur une falaise, dominait la plaine immense, à l'horizon de laquelle se détachaient nos prochaines destinations, les deux plus hauts pics de Tanzanie, les Monts Kilimandjaro et Meru…
Partie 5 : Au pied du Meru
Arusha, capitale du tourisme en Tanzanie, était étonnamment vide de Blancs, et, à l'exception du centre où se concentrent les agences de safari et les boutiques de souvenirs que nous avons visitées à la recherche désespérée de bijoux que François avait dû voir en rêve, nous n'avons pas été trop embarrassés par les rabatteurs et autres arnaqueurs.
Nous avons fait deux excursions depuis Arusha, une sur les pentes basses du Mont Meru, haut volcan conique qui domine la ville, où nous avons observé des singes guérézas et appris à transformer des grains de café, récoltés dans les nombreuses plantations de la région, en un apparemment succulent breuvage ; une autre au lac de cratère Duluti, d'où la vue sur le Meru était tout simplement à couper le souffle.
 Le lac Duluti marquait pour moi la fin de cette fabuleuse aventure, et il me fallait rentrer à Mwanza, une fois n'est pas coutume, pour travailler… Pour notre dernier soir ensemble, nous avons retrouvé Marie, une française que je connaissais de mon premier séjour en Tanzanie et qui travaille dans l'aviation charter. A peine lui ai-je dit que je m'apprêtais à rentrer en bus qu'elle a attrapé son téléphone et m'a dégoté en quelques minutes un vol gratuit pour Mwanza le lendemain matin !!! Elle m'a fourni une belle chemise blanche, et je me suis fait passer, avec la complicité du véritable pilote, pour le copilote ! Après d'émouvants au revoir à François et Marie au terminal du bus qui allait les amener à Moshi, au pied du Kilimandjaro, et d'où ils allaient tenter d'atteindre le toit de l'Afrique, j'ai donc survolé les régions et les parcs que nous avions traversé pendant ces dernières semaines ; le Grand Rift et le cratère du Ngorongoro étaient particulièrement impressionnants. Nous avons atterri à plusieurs reprises pour charger ou décharger les riches touristes qui payaient pour moi, et dans le nord du Serengeti, nous avons dû survoler la piste une première fois pour faire fuir les gnous qui y broutaient… Finalement, la vue sur le lac Victoria annonçait la véritable fin du voyage…
PS : Depuis que je suis rentré à Mwanza, j'ai bien sûr suivi les aventures de mes deux routards en herbe, et j'ai eu la joie d'apprendre qu'ils avaient réussi à atteindre Uhuru Peak, le sommet du Kilimandjaro et ses 5895 m. A l'heure où j'écris ces lignes, et après quelques péripéties à l'aéroport de Nairobi, ils viennent d'atterrir à Toulouse-Blagnac dans cette contrée lointaine appelée Ufaransa, et qui vient de renvoyer les Néo-zélandais sur leur île…
06:12
Powered by  | | English | | Albanian | | Arabic | | Bulgarian | | Catalan | | Chinese | | Croatian | | Czech | | Danish | | Dutch | | Estonian | | Filipino | | Finnish | | French | | Galician | | German | | Greek | | Hebrew | | Hindi | | Hungarian | | Indonesian | | Italian | | Japanese | | Korean | | Latvian | | Lithuanian | | Maltese | | Norwegian | | Polish | | Portuguese | | Romanian | | Russian | | Serbian | | Slovak | | Slovenian | | Spanish | | Swedish | | Thai | | Turkish | | Ukrainian | | Vietnamese |
|
|
|