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François Bayrou



Last Updated: 4/24/2007

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Gender: Male
Status: Married
Age: 58
Sign: Gemini

City: Bordères
State: Pyrénées-Atlantiques
Country: FR
Signup Date: 2/17/2007

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Sunday, April 15, 2007 
"Le champ culturel est confronté à 4 enjeux majeurs:

-

La transmission des savoirs

composant notre patrimoine littéraire et artistique est un fondamental. Selon François Bayrou "La pire des fractures est la fracture culturelle". Aussi réaffirme-t-il aujourd'hui la même priorité qu'à son arrivée au ministère de l'Éducation Nationale en 1993, celle donnée à l'éducation artistique et culturelle à l'école*.

- Toute réforme profonde de la politique culturelle tient à la place que l'on fera à

l'enseignement artistique

dans le cadre de l'enseignement général.

-

Le spectacle vivant

souffre d'une diffusion insuffisante. Alors que le nombre de spectacles produits s'est fortement accru depuis une dizaine d'années, le public ne s'est pas renouvelé et élargi en conséquence : la transmission et le partage de la culture, c'est œuvrer aussi à sensibiliser et à accueillir toutes sortes de publics, de penser à des lieux qui ne soient pas tant figés dans des labels mais ouverts sur la cité et aux artistes, porteurs de projets innovants qui encouragent le croisement des disciplines et des genres, adaptés aux nouvelles technologies. C'est s'attacher aussi à ce qu'à l'ère du numérique où de nouveaux vecteurs de la culture (Internet, télévision mobile personnelle...) sont désormais disponibles, on développe une offre culturelle de qualité qui ne dépende pas de groupes monopolistiques mais repose sur la complémentarité service public-service privé.

- L'art est héritage, il est également mouvement aussi faut il aujourd'hui repréciser

la place de l'artiste

dans la société, accompagner la création et soutenir la diversité culturelle, questions essentielles soulevées de façon cruciale par la crise des intermittents – non résolue aujourd'hui – et la loi sur les droits d'auteurs.

- Nous pouvons régler la question de l'emploi culturel notamment à travers une loi d'orientation du spectacle vivant proposant une véritable architecture de l'emploi artistique, par définition très diversifié, et garantissant un régime équitable et vertueux de l'intermittence . Le soutien aux créateurs dans leur diversité est une impérieuse nécessité.

Tout cela pose bien entendu la question des financements de la culture aujourd'hui en crise, et de l'organisation des territoires, aujourd'hui en panne. L'attention des médias s'est récemment portée sur le patrimoine et sur le recul de la francophonie dans le monde. Nous connaissons l'état de nos finances publiques, mais la culture est un investissement pour l'avenir afin de garantir les crédits nécessaires au rayonnement culturel de notre pays. Son budget, qui atteint péniblement les 1% de celui de l'État, doit faire l'objet d'une programmation pluriannuelle. Il faut aussi trouver les moyens de renouveler les financements de la culture dans un équilibre subtil entre la liberté de création et la pluralité des financements, publics et privés, et continuer à encourager le mécénat.

Il faut enfin sortir de cette "paralysie"

et de cette instabilité que vivent les artistes, les professionnels et responsables associatifs de ce secteur. Aujourd'hui, la décentralisation n'optimise pas les financements publics : la stratification politico-administrative, au lieu d'amplifier une dynamique, la fige. La décentralisation culturelle, chantier inachevé du gouvernement, doit être organisée pour être réussie : qui fait quoi, comment et avec qui. Dans le même temps, l'État a toujours sa partition à jouer, mais un État modernisé, un ministère de mission qui renoue avec l'esprit insufflé par un Malraux et un Vilar et non de simple gestion, qui garantisse les grands équilibres, fédère, impulse dans le respect du rôle de chacun et mette en cohérence tout ce qui concourt, patrimoine comme création, à rendre la culture vivante et accessible sans démagogie ni marchandisation.

A côté de cette dimension locale de l'action culturelle qui doit viser en premier lieu à réduire les inégalités géographiques Paris-Province, entre régions, entre l'urbain et le rural (aujourd'hui un département sur 2 ne dispose pas de scène nationale alors que d'autres en dispose de 4 ou 5 ) entre les centres-villes et les cités (la crise des banlieues est aussi une fracture culturelle), il faut aussi inscrire nos politiques culturelles dans une dimension européenne, encourager la libre circulation des œuvres et des artistes, harmoniser les statuts sociaux et fiscaux des professionnels du secteur qui ne nous ont pas attendu pour construire l'Europe de la culture.


La culture n'est pas le simple chapitre d'un programme politique, elle est la composante d'un projet pour une nation : de l'enfant à l'école au citoyen dans la cité, François Bayrou veut tout mettre en œuvre pour que la culture soit le lien et le bien communs."

*(cf. protocole d'accord relatif à l'Education artistique de novembre 1993)

Voir son discours prononcé lors du colloque culture du 17 février 2007