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Current mood:délivrée
"Des femmes, perfides sous leurs airs innocents, Te ravissent ton amant : rien ne les arrête ! Qu'as-tu donc à languir et à pleurer ? Ne les ménage pas ! Ton bien aimé aime le plaisir, Il est jeune et sensuel, C'est ainsi, naïve ! Que ne répliques-tu par de violents reproches Et des centaines de mots tendres, Pour le reconquérir ?"
Je suis seule à savoir l'enfer que j'ai dû traverser pour toi.
J'ai fait chute libre. Du paradis à l' Enfer en écoutant une simple phrase : « Je ne t'aime pas. » Descente instantanée, immédiate. Cette sentence était-elle irrévocable ? Non ! Un tel refus ne pouvait pas être si catégorique : Tu m'as souri un jour. Tu m'as adressé des mots doux. Je ne t'ai rien demandé ! J'étais naïve, douce, libre… et quelque peu fêlée. Tu m'as retrouvé ! C'est toi qui es venu me chercher ! Et quand nos regards se sont croisés, j'ai tout de suite su que j'étais captive. Vaincue ! Si heureusement vaincue !
Tes bras, ton regard, ton odeur… Une douce prison où je me sentais si légère, si grande, si puissante !... Ma plus grande illusion fut de croire que cet amour m'avait donné des ailes, que j'étais plus libre que jamais ! … La vérité est apparue tel un « crash » qu'on ne peut éviter . Et tu me dis : « Je ne t'aime pas. » Anéantie.Nul autre mot ne peut exprimer mon désarroi. Mais j'ai tenu tête à cette douleur. Je t'ai souri et balbutié : « Tant pis ». Je n'ai pas pu faire autrement que sourire face à ta dure et froide honnêteté.
Sans le savoir, à cet instant précis, j'ai semé en toi un subtil poison aigre-doux : le doute.
« La vraie vengeance est celle que l'on accomplit en toute innocence… Sans le vouloir ! »
On s'est dit « Au revoir » et on est partis chacun de son côté, sans se retourner. Mon sourire, je me suis déterminée à le garder : « Reste encore le soleil. Reste encore des doux souvenirs… » … Exposée au soleil, immergée dans mes souvenirs, et encore radieuse par l'amour que j'osais encore éprouver, j'ai voulu te dire « merci ». Merci de ta franchise… Pour la première fois je n'avais pas aimé un connard, un lâche. Ce qui me touchait, me blessait même chez toi c'est que tu ne semblais pas beaucoup t'aimer. Tu ne te sentais pas aimé non plus. Pas étonnant que tu ne puisses pas m'aimer !!! J'ai voulu te prouver le contraire. J'ai mélangé la tristesse de ne plus t'avoir à la fougue de l'amour que j'avais pour toi, et en une soirée tu as compris mon message…
Tu étais surpris, étonné, heureux, aimé…
Que j'ai aimé voir pour la première et unique fois tes yeux d'enfant !
Une seule faille dans ce merveilleux tableau : Cette autre. L'Inattendue qui était avec toi. Paradoxalement, je n'ai jamais été aussi lumineuse !
C'est incroyable comme nous puisons de ces forces inexplicables quand nous sommes amoureux…
Je sais que tu sais que sa présence était de trop : Trop pour moi mais trop pour toi aussi. Trop pour pas grand-chose… Tu m'as vu et tu t'en es voulu. Ce n'était pas de ta faute, mais tu regrettais le mal que tu me faisais, au point de vouloir me jeter dans les bras de cet ami que tu jalousais secrètement…
Tu te serais senti moins… Con ? Tu aurais pu me trouver un peu salope au moins, n'est-ce pas ? Je ne t'ai pas donné gain de cause, pas vrai ?
Un ami que nous avions en commun, témoin de cette épreuve, me dit : « Tu es forte ! Un sacré bout de femme !...il est très touché, tu sais ? »
Je le savais. Et je jubilais, je souffrais, j'étais ivre, fière, folle à m'en rendre sourde… Mais pas aveugle !!!Et je voulais tout voir !!! Je tenais à être là, jusqu'au bout, tel un vautour sur un cadavre, je ne voulais pas rater un seul morceau de ce banquet !!!
Tu ne va pas me croire, mais je ne voulais rien de plus que ce que j'ai eu cette soirée-là : -Que tu reçoives cet échantillon de bonheur et d'amour que tu aurais pu avoir étant avec moi. -Ton regard ému. -Un « Merci ».
C'était MA vengeance à moi : Te montrer ce que tu perdais. C'était mon « Adieu ».
« La meilleure vengeance est un plat qu'on prépare minutieusement que l'on sert au moment voulu. »
« Adieu », t'ai-je dit en me léchant les bouts des doigts ! … Mais la graine du doute que j'avais planté en toi au printemps, arrosée par cette dernière soirée, a donné ses fruits en automne. Ce qui devrait être « à Dieu » s'est transformé en « je ne peux me résoudre à te laisser à quelqu'un d'autre »… Ta peur de ne pas être à la hauteur de mon désir était latente : « Mais qu'attends-tu de moi ? » Ma réponse était limpide : « Si tu m'aimes ici et maintenant, juste vis-le ! »
Jubilation ultime. Partie incroyable ! J'ai gagné !!! … Dès le premier instant que nos corps se sont touchés, tu t'es transformé en statue de sable. Et toutes ces épreuves passées m'avaient rendue avide de toi. C'était peine perdue d'avance. Encore…
Plus j'essayais de te toucher, plus tu te liquéfiais, tu glissais entre mes doigts… Et quand le dernier grain de toi est tombé,ce fut le vide,l'abandon,le rejet !!! Ni père, ni mère, ni frère, ni ami, ni ennemi ne m'avait fait éprouver cela :
L'Errance dans le Néant.
Mais le pire ! Mes larmes ne coulaient pas, mais giclaient par mes tempes, mon sourire toujours affiché cachait mes dents serrées et mes poings fermés, je les serrais jusqu'au sang : J'essayais de te retenir encore !
Me regardant face à un miroir,ton attitude me paraissait évidente : « Comment ne pas fuir devant un tel monstre de possessivité ??? »
Mais tu es revenu ! Avec cette même expression que je connaissais déjà. Un « déjà-vu » ? Ma hantise était bien de retour… Mon regard te suppliait : « Non ! Ne fais rien ! Ne dis rien… »
Tu as été clément, je crois…( Ou pas ? Je ne sais pas...) : « Tu sais pourquoi je suis venu. Fais-le ! »
Mais je n'ai pas su affronter les monstres qui me faisaient peur, moi : « Je sais ce que je ressens. Je ne peux pas…Et ce n'est pas ce que je veux, non plus… Je ne peux pas. »
Mais je savais que c'était fini.
Nous sommes restés là, debout, immobiles, face à face à se regarder sans se parler… Plus longtemps qu'on ne s'était aimé. Oui, plus longtemps… Je voyais bien que tu étais désolé. Et moi alors !...
Qui allait tirer le premier ? Qui de nous deux était le plus lâche ? … Il a serré ses lèvres charnues, soupiré, baissé et relevé ses yeux bleus et ténébreux vers moi. Et puis il a avancé dans ma direction, touché affectueusement mon épaule gauche… J'ai fermé les yeux lâchement pendant qu'il m'acheva signant le point final de notre histoire avec un gentil baisé sur ma tempe droite. Pétrifiée, j'ai senti son corps partir et son odeur me caresser le nez une dernière fois avant que la porte ne claque.
Et puis plus rien.
Silence absolu.Pas une odeur, pas une larme. Mais mon corps n'avait jamais été aussi inondé, ma cervelle en putréfaction cherchait toujours à comprendre, et le cri de mon âme n'avait jamais été aussi strident. … J'aurais préféré ne plus jamais te revoir. Mais tu étais partout. Tu es resté dans les parages. Tu surveillais ma douleur. Tu voyais mon regard triste caché sous mon rire hystérique. A force de TE voir, je ne ME voyais plus… Et c'est comme ça que j'ai fini par disparaitre.
Un temps... Pendant un bon moment, je n'ai pas su qui j'étais, ni où j'étais, ni comment faire… Jusqu'à ce que j'apprenne à vivre sans toi.
Jusqu' à ce que j'apprenne à vivre « que » avec moi.
1:05 AM
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