La Compagnie du 'Chat dans le Four' présente 'Barbe-bleue, espoirs des femmes' de Déa Loher au Théâtre de la Jonquière - PARIS du 28 au 31 janvier 2009
Plus d'info sur le site http://www.chatdanslefour.com/
Et si Barbe-Bleue vivait à notre époque ?
“Le premier palier : mille fois il est arrivé chez lui de cette façon. En montant l'escalier jusqu'à son appartement. S'il l'avait ramenée chez lui, juste après les glaces, les premières, les secondes à la limite, ramenée chez lui. Ca te dirait un thé un café une saucisse. Le premier palier. Au lieu de ce jeu. Elle ne serait pas morte maintenant. Pas un jeu. Ne serait pas morte maintenant. Monte l'escalier. Amoureux tu arriverais chez toi maintenant. Amoureuse et ma femme. (...) Elle a dit qu'elle allait mourir pour moi. Comment dois-je comprendre cela. D'amour. Vous êtes donc responsable de sa mort. Moi un assassin.“ (extrait de Barbe-Bleue, p.22)
Henri Barbe-Bleue habite Munich. Il est un banal vendeur de chaussures pour dames. Et pourtant. Il tue. Il tue des femmes. Dans le conte de Charles Perrault, Barbe-Bleue tue ses femmes pour leur curiosité. Chez Dea Loher, il les tue parce qu’elles cherchent un amour « au-delà de toute mesure » qu'il ne peut et ne veut leur donner. Qui ou quoi va cette fois, stopper l'élan meurtrier de Barbe- Bleue ?
La beauté de cette pièce tient autant à la singulière structure d’emboîtement des scènes et des espaces-temps qu’à l’écriture fine et musicale qui en fait une sorte de rêve initiatique.
Absurde, Barbe-Bleue, espoir des femmes tord le cou au romantisme. Le prince charmant, la virginité, l’amour éternel, la fidélité, le mariage, le sacrifice, l’héroïsme : rien ne marche dans ce conte résolument moderne qui nous évoque une détresse amoureuse et identitaire toute contemporaine.
Tout s’embrouille dans une sorte de course-poursuite a crescendo dont le but ultime serait la quête de son identité face à l'Autre.
L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.