En ce moment dans mon livre dans le chapitre « promenade au couteau » on voit un mec qui marche dans une forêt mais alors là complètement délabrée, la scène est vraiment glauque parce que ça pue la mort à plein nez là-dedans et en plus on voit comme ça disséminés un peu partout des poules, des cadavres de poulets, plein de viande partout, des dindons, des limaces, tout pourrit lentement là dans cette forêt complètement délabrée et ça se passe en hiver, sous la pluie. Le mec marche et on se rend rapidement compte qu'il a un couteau en main, il marche en gueulant et chantant, et là c'est hyper destroy glauque parce que qu'est-ce qui se passe ? Attention c'est extra glauque parce que le mec chante en gueulant et on se rend compte qu'en fait pour rigoler il s'est mis dans la tête de se bouffer la cuisse. Il marche, il chante et il gueule parmi toute cette viande de dindes et dindons et avec son couteau ce qu'il fait c'est qu'il se découpe des morceaux de cuisse. Là évidemment dans le livre ça fait une toute belle danse, une danse vraiment contemporaine et expérimentale, mentale expérimentale, et ce qui est beau c'est qu'il fait vraiment très gris et très humide (la scène se passe en hiver, en Belgique) et on se rend rapidement compte que toute cette humidité est en fait électriquement connectée à un dispositif technologique complexe, une machinerie sonore très élaborée qui transpose tout bonnement cette scène en musique de guitare électrique expérimentale hyper-contemporaine. A ce moment-là boum changement de chapitre puisqu'on voit en plan panoramique le mec sortir de la forêt complètement délabrée, il sort de la forêt et sur quoi il tombe ? Hé bien comme par hasard il tombe sur un cimetière, la scène se passe toujours sous une pluie fine, sur un cimetière dans lequel, comme par hasard, une équipe de cinéma est occupée à tourner un film à caractère pornographique. Là le mec arrive en plein au moment où dans le film porno en question l'héroïne de l'histoire exécute une fellation parmi les tombes à une bande de gardiens du cimetière en uniforme, tous vieux et laids et alcooliques. Et évidemment ce qui devait arriver arriva puisqu les vieux alcooliques gardiens du cimetière n'arrivent pas à bander, ce qui fait beaucoup rire le mec à la cuisse bouffée en question. Alors ça, cette scène-là dans l'histoire est vraiment belle parce qu'on continue toujours à entendre la musique à la guitare électrique hyper-expérimentale pendant que, au même moment, toute l'équipe technique du film tourne lentement la tête en direction du rigolo de service. Là évidemment ça se corse vu que les gardiens perdent complètement leurs moyens et prennent la décision de remonter leur slip, et ce qui se passe c'est que, de façon tout à fait imprévisible, t'as l'actrice porno qui s'écrie, en voyant ledit mec : André !, et le mec qui s'écrie : Ramla ! Ils tombent dans les bras l'un de l'autre, toujours sous la pluie avec en arrière-plan la musique électrique hyper-expérimentale directement fournie par l'humidité du moment. La scène dure des plombes, ils s'embrassent, se caressent, et c'est vraiment très poétique puisqu'ils se passent mutuellement le couteau pour couper dans l'autre, le tout toujours au milieu des tombes et sous les yeux de l'équipe du film. Ils se coupent et s'embrassent comme ça pendant quand même pas mal de pages dans le livre, leur sang se mélange à la pluie, l'équipe du film regarde ça d'un air interrogateur et ce qui se passe c'est qu'on se rend compte que les gardiens du cimetière par contre n'ont vraiment pas l'air de digérer le coup. On les voit s'éloigner de la scène, l'air penauds, et aller se servir un coup dans leur cabanon de service. Là ce qui se passe c'est qu'on entend pas ce qu'ils se disent puisqu'ils ont fermé la porte, mais à les voir par la fenêtre on voit bien qu'ils sont occupés à préparer un sale coup puisqu'ils rigolent et se tapent dans les mains. Hop ils ressortent du cabanon, les deux continuent encore et encore à s'embrasser, à se charcuter et à baiser, et là ce qui se passe c'est que les gardiens du cimetière prennent des pelles et se mettent à déterrer des cadavres du cimetière en rigolant. L'équipe du film voit ça et décide de filmer toute cette scène, et là arrive ce qui devait arriver puisque soudain qu'est-ce qui se passe ? Hé bien les gardiens frustrés se mettent à lancer les cadavres déterrés sur André et Ramla, toujours en plein occupés à se triturer. Là encore une fois c'est très beau puisque la musique à la guitare électrique qui résulte de l'humidité de cette scène-là est vraiment réussie, on entend vraiment l'effet de ces corps morts qui tombent sur les corps charcutés des deux amants de service, et du coup ce qui est rigolo c'est que les gardiens du cimetière, en entendant cette musique et en voyant que l'équipe du film filme la scène, se mettent à danser une danse vraiment hyper contemporaine pendant qu'ils jettent les cadavres sur les deux protagonistes. Tout ça est vraiment poétique, l'humidité de la pluie fine enveloppe le tout et se transforme en musique à la guitare électrique, et pendant ce long temps-là de perfection chorégraphique, musicale et sexuello-affective, on se rend compte petit à petit qu'un point noir apparaît à l'horizon. Le point noir grossit, les gardiens dansent et jettent des cadavres, les protagonistes n'en finissent pas de s'étreindre et de mélanger leur sang, l'équipe du film filme la scène, et ce dont on se rend compte progressivement, au fur et à mesure que l'histoire avance et que la tache grossit, c'est qu'il s'agit en fait tout bonnement d'une gigantesque caravane de réfugiés du tiers-monde. La caravane de réfugiés finit par arriver en haut de la colline sur laquelle se trouvent le cimetière et la forêt, il pleut, la musique est plus intense que jamais puisque le nombre de corps sous la pluie est vraiment gigantesque, et là c'est vraiment fête pour tous ces réfugiés du tiers-monde, c'est vraiment fête parce que juste au moment où ils passent devant la joyeuse scène trasho-expérimentale qui est occupée à se dérouler dans le cimetière, hé bien juste à ce moment-là ils se rendent compte que la forêt délabrée située juste derrière est bondée de poules, de poulets, de dindes et de dindons fraîchement décédés et donc tout à fait propres à la consommation ! Du coup évidemment on entend par au-dessus du bruit expérimental des guitares des cris de joie de tous ces gens affamés, les enfants se mettent à courir, les femmes aussi, les hommes aussi, tout le monde se met à courir vers les animaux morts pour les plumer et les vider. Evidemment toute cette scène est très belle, ces deux plans superposés où l'on voit en arrière-plan de la scène du cimetière toute cette foule affamée allumer des feux et y cuire la viande découverte, le tout toujours sous la pluie et les sacs poubelles. Sacs poubelles en effet puisque ce dont on se rend compte c'est que tous ces gens transportaient en fait avec eux des toutes grosses quantités d'ordures ménagères ramassées dans la ville d'en bas, et qu'ils étaient au départ venus dans la forêt pour les dépecer et voir ce qu'il y avait de bon à tirer là-dedans. La pluie finit par arrêter de tomber, le soleil perce quelques temps puis va se coucher, et là c'est le temps bien mérité du festin, vraiment un grand festin qui dure toute la soirée et toute la nuit, tout le monde mange beaucoup, l'équipe du film, les protagonistes et les gardiens danseurs sont bien sûr conviés aussi à la fête et quand tout le monde s'est bien rempli la panse c'est le temps des spectacles, toute une série de spectacles sont joués comme ça toute la nuit, des spectacles vraiment dôles, vraiment très humoristiques. Les gens du tiers monde ont eu une super idée en effet, puisque les spectacles qu'ils imaginent sont des spectacles de marionnettes mais avec des cadavres. Du coup c'est vraiment rigolo de voir ça, ces réfugiés tenir devant eux des cadavres d'européens ratatinés et imiter leurs voix en se foutant de leurs tronches. Et voilà, le chapitre se termine comme ça sur un super lever de jour le lendemain matin, avec la foule des réfugiés endormis et repus parmi les cadavres et parmi les plumes des poulets qu'ils ont mangé, tandis qu'un peu plus loin les gardiens du cimetière, complètement défoncés, remplissent les trous du cimetière qu'ils avaient ouverts la veille avec tous les déchets que la foule des réfugiés avait décidé de ne pas utiliser. Quant aux deux protagonistes destroy sex suicidaires, hé bien tout se termine bien pour eux puisqu'ils finissent l'histoire morts et enterrés dans un sac poubelle.