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Current mood:  giggly
Aujourd'hui, petit mémo d'actualité…
C'est une période riche en événements, ces temps-ci… Les facs recommencent à être en grève, et Fillon a conseillers à ses députés "d'attacher leurs ceintures et de rester solidaires". On s'attend presque à un raz de marée avec des instructions pareilles, espérons que nous serons à la hauteur.
Ingrid Bétancourt serai apparemment encore en vie, et Chavez essaie de nouer le dialogue avec les FARC pour sa liberté.
Sarko est parti rencontrer Bush. Allez, je vous met un bout de l'article, rien que pour l'histoire:
« Nicolas Sarkozy a entamé, mardi 6 novembre, à Washington 24 heures d'une visite officielle qui devrait avoir tout de la câlinothérapie. "On sera des amis et des alliés loyaux", a promis d'emblée celui qui entend incarner une "France nouvelle" et tourner la page des divisions nées de la guerre en Irak en 2003. "Je viens à Washington avec un message très simple (...) je veux reconquérir le c--ur de l'Amérique", et ce "de façon durable", a affirmé le président français devant George W. Bush lors d'un dîner à la Maison blanche. "Je suis venu vous dire qu'on peut être l'ami de l'Amérique et gagner les élections en France. Ce n'est pas un miracle, c'est une réalité".
"Le peuple français n'oubliera jamais"
Intervenant plus tôt devant le French american business council, qui réunit des hommes d'affaires français et américains, le président français a multiplié les déclarations d'amour à l'égard des Etats-Unis. "J'ai jamais compris pourquoi il fallait se fâcher avec les Etats-Unis", a-t-il lancé. "C'est vos parents (...) qui sont venus nous aider" lors des deux conflits mondiaux. "Je suis venu vous dire que le peuple français n'oubliera jamais. Jamais". Et "chaque fois qu'il y a un soldat américain, où que ce soit dans le monde, qui meurt, je ne peux pas m'empêcher de penser à ce que les Américains ont fait pour nous", a ajouté le président français. Le "désaccord" de 2003 sur l'Irak "ne doit pas remettre en cause l'amitié, l'alliance et la solidarité entre nous". D'ailleurs, l'époque du "French bashing" et des tensions "est révolu", a-t-il assuré peu après devant des représentants de la communauté française réunis à l'ambassade de France. (Nouvel Obs, mercredi 7 novembre 2007) »
Beurk….
Sinon, il semblerait que l'affaire de l'arche de zoé était connue de la France depuis fin août, et que du coup ça sent un peu le traquenard, toute cette affaire. D'autant que d'autres enjeux sont à prendre en considération, lisez plutôt, c'est édifiant :
« «Parler d'un génocide au Darfour, c'était offrir un terreau à l'Arche de Zoé : Nicolas Sarkozy est allé au Tchad parce que l'Arche de Zoé plombait sa propre opération " militaro humanitaire " explique Antoine Glaser, directeur de la rédaction de la lettre du Continent, qui révèle sur son site l'existence d'un courrier du secrétariat d'Etat aux droits de l'homme à Rachida Dati dénonçant « l'illégalité de l'opération de l'arche de Zoé». Ce courrier est en ligne sur Africa intelligence (lire "la preuve de Rama Yade")
Antoine Glaser dirige la Lettre du continent - l'une des publications du groupe Indigo, éditeur d'Intelligence online et de la Lettre A et il est, entre autres, l'auteur de Ces messieurs Afrique (1992 et 1997) et Comment la France a perdu l'Afrique (en 2003) avec Stephen Smith.
Vous venez de révéler à vos abonnés que le ministère français de la justice a effectivement été alerté, début août de l'illégalité, et de l'imminence de l'opération l'arche de Zoé. Vous en avez une preuve?
C'est une lettre de Brigitte Collet [directrice de cabinet de Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme] qui s'adresse au directeur de cabinet de Rachida Dati en lui expliquant, en deux paragraphes extrêmement précis, qu'il va y avoir de trois cent à mille enfants qui vont être sortis illégalement du Tchad. C'est étonnant qu'à la suite de cette lettre il n'y ait eu aucune intervention. Bien sûr, les autorités tchadiennes sont maîtres de décider quelles sont les ONG qui doivent opérer ou pas chez elles. C'est étonnant qu'en France, il n'y ait pas eu de suites judiciaires. Puisque des démarches avaient été engagées auprès du procureur. Cette lettre montre bien les dysfonctionnements survenus en France et sur le terrain dans l'affaire de l'Arche de Zoé".
Pourquoi l'Etat n'a pas empêché l'opération? On sous-estime la situation sur le terrain et la perte d'influence et le manque de moyens de la France en Afrique. A l'ambassade de France, il doit y avoir une dizaine de personnes. Sur le terrain, l'on voit bien que les militaires ne parlent pas aux diplomates et vice-versa. Ce genre de problème peut arriver, parce que chacun reste sur son pré carré. Mais il y avait la possibilité de faire, ici, des pressions sur cette association. Ne serait-ce que de convoquer Eric Breteau qui s'apprêtait à commettre un acte illégal.
Que pensez-vous des questions posées par Rony Brauman sur la responsabilité de l'Etat, et la surdramatisation de la situation au Darfour? Depuis plusieurs mois, une partie des French doctors sont sur cette ligne des néoconservateurs américains et des évangélistes américains qui ont soutenu les rébellions du Sud Soudan, consistant à dire qu'on était en présence d'un génocide au Darfour et d'une inaction de l'Etat. Le candidat Sarkozy avait dit qu'il fallait intervenir immédiatement. L'arche de Zoé, ce sont deux personnes, qui semblent sortis d'une secte qui entendent ça, mobilisent quatre personnes et partent en mission au Tchad se sentant investis d'une mission. Lors d'un colloque qui s'était tenu à la Mutualité, Bernard Kouchner n'avait qu'une motivation: ne pas laisser tomber le Darfour, il s'y déroule un génocide. Certains parlaient même de Shoah. La réalité, c'est que s'il y a eu des crimes de commis, s'il y a eu effectivement 200.000 personnes qui ont été tuées, on est plutôt dans un phase descendante. Même si le président Omar El Béchir veut garder le pouvoir et utiliser le Darfour dans les négociations futures au Sud Soudan pour des enjeux pétroliers, personne ne croit qu'il y a un processus d'extermination de toutes les populations noires du Darfour. C'est une situation géopolitique extrêmement compliquée avec des antagonismes séculaires. La simplifier en disant qu'il y a un génocide et qu'il faut parachuter toute les ONG du monde, c'est un terreau favorable aux opérations du type Arche de Zoé.
Les enjeux politico-militaires ont joué un rôle? Ces enjeux sont importants du coté de Paris, puisque Bernard Kouchner a persuadé Nicolas Sarkozy qu'il fallait qu'il s'investisse personnellement sur le dossier du Darfour pour peser dans le monde. Le Darfour intéresse les Etats-Unis, qui exploitent deux cent mille barils de pétrole dans le Sud du Tchad. Les Chinois exploitent 500.000 barils dans le Sud Soudan. Vous avez des enjeux pétroliers importants. C'est un pays qui est à la charnière du monde arabe et du monde africain. C'est aussi la charnière du monde anglo-saxon où les Français ont été obligés de baisser pavillon devant les Anglais du temps de la colonisation. C'est un pays clé. Stratégique. L'investissement de Nicolas Sarkozy ce n'est pas seulement d'aller chercher trois journalistes et quatre hôtesses de l'air espagnoles. C'est aussi parce que cette affaire de l'Arche de Zoé est en train de lui plomber sa propre opération militaro humanitaire, qui va se déployer ces prochaines semaines à la frontière du Tchad. C'est une opération européenne mais portée par la France. Trois mille soldats, mille cinq cent soldats français. Le quartier général sera au Mont Valérien. C'est une opération importante pour Nicolas Sarkozy, destinée à sécuriser les camps de réfugiés, à la frontière du pré carré français, du Tchad et de Centrafrique, avant l'arrivée de l'appareillage lourd des Nations Unies, qui va se déployer, début 2008, avec 26.000 hommes. Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy veulent faire une opération pour montrer que la France s'intéresse à nouveau à l'Afrique et draine ses partenaires européens. Seul problème, dramatique, c'est que les Allemands ont refusé d'y aller, et le cabinet de Bernard Kouchner a le plus grand mal à monter cette force européenne.
Le Soudan fait partie de l'axe du mal… Cette opération va se dérouler en territoire tchadien et centrafricain. Mais l'idée derrière tout ça est de neutraliser à terme le pouvoir d'Omar El Béchir. Sur ce plan, la France joue un double jeu. Au dernier sommet de Cannes, Jacques Chirac avait invité lui même Omar El béchir. Total est actuellement en train de récupérer un immense gisement de pétrole qui fera aussi 500.000 barils jours au Sud Soudan. Donc les intérêts économiques de la France sont plutôt au Soudan qu'au Tchad. Si l'on suit la politique américaine, le méchant c'est Omar El Béchir. Soit on se met avec les Chinois avec Omar El Béchir. Soit avec les Américains, contre lui."
Propos recueillis par Karl Laske, Nouvel Obs, mercredi 7 novembre 2007 »
Allez, une ptite info marrante, entre deux. Vous savez que Pasqua est en procès pour financement présumé illégal de sa campagne lors des européennes de 1999 de son parti, le RPF. Alors figurez vous que monsieur refuse de parler lors de son audition au tribunal correctionnel de Paris, estimant qu'en se qualité d'ex-ministre, il ne devrait s'exprimer qu'a la cour de justice de la République. Rien que ça, monsieur est bon prince! « D'un léger signe de tête et avec un petit sourire, l'ancien ministre a refusé de parler » Dernière nouvelle marquante de la journée, l'irresponsabilité pénale est en passe d'être abrogée : « Le gouvernement a transmis au Conseil d'Etat son avant-projet de loi attendu sur l'irresponsabilité pénale des malades mentaux, a rapporté mercredi 7 novembre, un texte qui entend désormais interdire tout non-lieu dans les affaires de crimes perpétrés par des malades mentaux, conformément à ce que demandait Nicolas Sarkozy. Selon Le Monde daté de jeudi, le texte prévoit à la place une nouvelle procédure aboutissant à un "arrêt de culpabilité civile » (Nouvel Obs, mercredi 7 novembre 2007)
C'est un coup dur porté au secteur de la psychiatrie et de l'aide apportée au personnes souffrant de maladies mentales. Qui sait, cela peut aussi nous arriver un jour... nul n'est à l'abri de la folie.
Quant à l'article portant sur la consommation et sa critique (celui du dernier post), je lui ai trouvé un répondant, exprimant une nouvelle manière de récupérer les intello-bobo en questionnement que nous sommes. En voici quelques passages, résumant l'essentiel (oui, je sais, aujourd'hui j'ai un peu la flemme de synthétiser, mais en même temps, je préfère aussi donner les info brutes, et que chacun en fasse ce qu'il veulent) :
« Après l'innovation à tous les étages de l'entreprise (cycle des années 1990), voici peut-être venu le temps où les portes de l'entreprise volent en éclats pour convier les clients dans la cuisine de la conception de nouvelles initiatives. Bienvenue à une économie Ikea où c'est nous qui faisons le boulot ! Toutes les études le confirment : le client final devient de plus en plus expert marketing ; il s'implique dans sa relation avec les émetteurs d'offres que sont les marques, n'hésite plus à contester quand il estime que cette relation est insatisfaisante, se met à résister (cf. l'attrait à l'égard du hard discount ou du gratuit...), voire boycotte (cf. la propagation virale sur Internet). Côté entreprises, la gestion des ressources humaines devient de plus en plus problématique du fait d'une démotivation croissante. D'autre part, les marchés sont de plus en plus poreux, rendant les marques potentiellement concurrentes les unes des autres. Ce phénomène trouve son pendant au travers de la transparence grandissante des frontières entre l'entreprise et les clients.
Référendum permanent
Pour garantir le succès, désormais, impliquons collaborateurs et clients pour en faire des auteurs, concepteurs et ambassadeurs des offres dont ils seront, demain, consommateurs. Et entrons de plain-pied dans la nouvelle économie de l'imagination collective. 2006 a vu émerger le Web 2.0 ; l'innovation a son réseau, il est désormais mondial. Et surtout il est copiloté par vous et nous. En une sorte de marketing démocratique par référendum permanent. Cette plate-forme d'échanges, d'interactivité, de créativité et de conception s'inscrit dans un mouvement qui voit les citoyens, les consommateurs et les usagers prendre une part active dans leurs échanges avec les pouvoirs, les marques ou les médias. Ce phénomène, Jeff Howe du magazine Wired l'a nommé le «crowdsourcing », principe qui fait appel à la sagesse de la foule (wisdom of crowd) pour inventer. Le meilleur exemple de crowdsourcing est Innocentive , un site initié par Elli Lilly où des chercheurs de tous bords (différents pays, différentes entreprises, différentes expertises...) peuvent contribuer - et être rémunérés pour cela - à identifier ensemble des solutions à des problèmes soumis on line... par d'autres entreprises.
Pas un jour sans une nouvelle initiative de conception collective. Quel regard critique pourrait-on y porter au travers de quelques cas concrets ? Pour que le résultat d'une démarche de conception collective soit meilleur que si elle n'existait pas, et afin que le bazar collectif créatif n'explose pas en vol, il faut respecter cinq conditions : 1/ la confiance mutuelle (un client qui doute de la sincérité de la démarche ne s'impliquera pas) ; 2/ un problème clairement identifié, qu'une communauté créative serait plus à même de solutionner qu'un chercheur isolé ; 3/ un modérateur agitateur (souvent un consultant, gardien du temple et de l'exigence mutuelle) ; 4/ un cruise control fin pour piloter le processus. Et, enfin ; 5/ un mode de rémunération cohérent avec l'enjeu (ainsi, récemment, YouTube s'est résigné à payer les gens qui lui envoient des vidéos). Quand la communauté créative est pilotée sans arrière-pensées, quand elle invite les collaborateurs, les clients et les citoyens à mettre la main à la pâte en leur expliquant clairement les véritables enjeux et les règles du jeu, alors, oui, le résultat pourra être probant. Et renforcera, n'ayons pas peur des mots, la fierté d'avoir acheté un bien ou un service vraiment particuliers, puisque ces créatifs d'un nouveau genre auront contribué à le concevoir.
Un nouveau système nerveux est en train de se créer qui changera la façon dont nous percevons le monde. Mais aussi la façon dont le monde change. Ses conséquences sont à la fois difficiles à connaître et impossibles à estimer. Beaucoup de rêveurs créatifs vont arriver, vont-ils réussir à apprendre à jouer avec d'autres ?
De BRICE AUKENTHALER Associé d'Experts Consulting, management de l'innovation, enseignant et auteur de «L'imagination collective » (éd. Liaisons, 2007). (Libération, mercredi 7 novembre 2007)
Voili, voilou, je trouvais les infos de la journée bien denses, et je me suis dit que ça valait la peine de s'y arrêter un peu (y'a d'autres infos, pour sûr, mais bon, ça prendrait trop de temps de toutes les aborder, et ça reviendrait à réécrire un journal, ce que d'autres font très bien)… Bien sûr, que cela ne vous empêche pas de lire le journal…
Ah, et j'ai aussi trouvé un site d'info intéressant comme tout : http://contrejournal.blogs.liberation.fr/
Je vous conseille vivement sa lecture…
Bonne journée à tous, et que le bon vent vous mène…
16:35
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