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Last Updated: 7/7/2009

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Tuesday, July 07, 2009 
L'attente était immense, le résultat fut au delà des espérances les plus folles. Pour leur unique représentation dans l'Hexagone, Damon Albarn avait opté pour les Nuits de Fourvière lyonnaises en raison du cadre, de l'organisation et de la qualité de la cantine. Cette reformation aurait pu tourner court, le batteur s'étant blessé après le deuxième concert d'Hyde Park. Que nenni, Blur est invincible. Retour sur une orgie auditive.

Rennes 9h10, Lyon 13h45, quand le fan a rendez vous avec l'histoire, rien ne peut l'ébranler. Ni une panne SNCF, ni la pluie diluvienne qui s'abat sur le cité rhodanienne. Le parapluie est de rigueur, le rosé aussi. L'été sera beau, l'été sera chaud. Dans les t-shirts, dans les maillots. Posté aux abords du théâtre, je regarde évoluer les 4500 privilégiés qui déferlent sagement. Je me sens jeune.
Ouverture des portes au moment où Claire Chazal prend le mic' cathodique. La foule se range dans l'arène, en cercles concentriques. Les coussins siglés Nuits de Fourvière sont gracieusement offerts aux spectateurs douillets. Ils auront une toute autre utilité un peu plus tard dans la soirée. « Il y a quatre places en fosse » : commentaire improbable d'une hôtesse d'accueil, que l'on sent dépassée. Placement à l'extrême gauche, dans les gradins. Vue imprenable sur les backstages, où Alex James s'étire quand Graham Coxon écrase une ultime cigarette.
21h35, début des débats, début des ébats. Le son gronde, la foule répond mollement. Le tracklisting est sensiblement le même qu'à Glastonbury. She's so high, délicate pop song, s'imbrique dans Girls and Boys qui se charge de frotter à vif une majorité de trentenaires blasés. Réactivité toute relative, foule trop tendue peut être par ce moment historique. Six ans sans Blur, c'est un peu comme six ans sans sexe. Le fan appréciera. Les titres célèbres défilent comme les chansons moins connues. Tracy Jacks, There's No Other Way, Jubilee, Badhead. Damon Albarn est un enfant fier de son joujou éternel. Une pause bière en bousculant la moitié de l'assistance et c'est Beetlebum qui résonne. Comme à la fac, je me place en haut de l'amphithéâtre, avec en cadeau Bonux une vue étoilée sur Lyon. Le bonheur est total, on sent que l'éternité, ce soir, nous tend les bras. Dès lors, mon esprit divague, ma mémoire se fait moins précise. Pardonnez moi pour les quelques imprécisions potentielles concernant le tracklisting. Out of time, puis Coffee and TV.
Tender, cet immense monument britpop se joue délicatement par un Damon Albarn envouté. Oh my babe. La voix n'est plus qu'une, celle d'une foule qui bascule dans la communion. 13 minutes de bonheur simple. J'aime être dithyrambique. Le fan n'aime pas être objectif.
L'ensemble s'articule autour des premiers albums, Think Tank semble délaissé, peut être à cause de Graham Coxon qui, à l'époque, avait découché. This is a low conclue le premier acte. Les deux suivants seront wock'n'woll et pop. Blur quitte l'arène, Graham s'en grille une, Damon arrache son Fred Perry. Avale quelque chose de liquide puis repart à l'assaut. Le triptyque Popscene, Advert, Song 2 est joué à deux cents à l'heure et donne lieu à un scène irréelle. Le public, jusque là sage, jouit et balance avec entrain les coussins recyclés, prêtés au préalable. Un puis deux puis...deux cents coussins volent, dans cette bataille improvisée. Albarn jubile, se roule par terre, slame. Alex James, archange méché, se vautre dans ce salon improvisé. Communion intense. Damon Albarn marque le rythme d'une batterie millimétrée. Song 2 résonne, explose, irradie. Pogo. Pliée en moins d'une minute. Blur disparaît. Puis revient. Cette fois ci pour marquer une dernière fois cette soirée au fer rouge. For Tomorrow suivi de The Universal pour conclure. Damon Albarn lève les yeux au ciel, la messe est dite.

Tant pis pour toi, lecteur, si, ce dimanche 5 juillet 2009, tu as opté pour Sliimy et Slipknot aux Eurocks. Ou Au foin de la rue. L'histoire de la musique moderne s'est écrite sans toi, quelque part sur une colline surplombant Lyon. God bless Blur.