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September 13, 2009 - Sunday
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Avant leur mix en duo à la
soirée Megarave du 19 septembre, Miss Tiffy et the Snipper nous ont
accordé quelques instants. Qui sont-ils, qu’est-ce qui motive leur
association Urban Poison, que se passe-t-il sur la scène Hardcore de
l’est de la France en 2009 ? Où l’on découvre des artistes
aussi passionnés que lucides… Car si leurs qualités de DJ sont
reconnues par un public croissant, Fanny et Greg veulent s’investir
toujours plus dans la construction d’une scène de l’est qui, au début
des années 2000, fut le volcan des soirées Hardcore françaises.
Fanny
(Miss Tiffy) et Greg (The Snipper), vous êtes très actifs avec votre
association Urban Poison, dans les Vosges. Pouvez-vous présenter
l’association ? Urban Poison est une
association loi 1901 qui a pour objectifs de promouvoir notre musique
via des événements de plus en plus importants afin de prouver à tous
les détracteurs de la musique électronique, que celle-ci n'est pas
qu'un rassemblement de jeunes toxicomanes et de délinquants, mais
plutôt un regroupement de jeunes passionnés autour d'une même culture.
Notre ambition est la production musicale afin d'exporter notre son et
notre culture artistique le plus loin possible. Pour le futur, du
très bon arrive pour 2010, vous en saurez plus certainement très
bientôt mais pour le moment nous préférons rester discrets. Comment chacun de vous en est arrivé là, depuis la première soirée où vous êtes allés ? Fanny : Comment
suis-je arrivée là ? Mon premier contact avec la musique électronique
c'était en 1999, à la Techno Parade ! (Hallucinant ! Je viens de me
rendre compte que 10 ans après je vais mixer pour cette occasion ! Trop
bien ! Comme quoi le destin !). Ca été tout de suite le coup de coeur
donc j'ai enchainé les soirées dans notre région (car à cette époque on
était gâtés, des soirées tous les weekends) et j'ai rapidement compris
que j'avais un penchant pour le Hardcore (petit clin d'oeil aux Manga
Core, Récidive, Terror Machine, Halloween, Anxiogène - merci à eux. En
2001 j'ai fait la rencontre de Jason aka Pi-h et on décida avec
d'autres potes mordus par le Hardcore de créer l'association Urban
Poison. Voilà la machine était lancée et elle ne s'est toujours pas
arrêtée ! Après plusieurs années d'organisation chaque Dj affirme sa
personnalité aussi bien dans l'organisation que dans son style de
musique. Jason aka Pi-h le perfectionniste, gère le forum et la
création des flyers, The Snipper l'optimiste et le motivateur de la
troupe, recherche les salles et les plans, Nebuck le révolté et le plus
expérimenté dans la composition, gère notre site internet et No Limit
l'autodidacte gère la création des teasers et trailers. Moi
j'interviens plutôt au moment de l'organisation de nos soirées et
j'apporte aussi une petite pointe de féminité au sein de notre "noyau dur". Voilà chacun a sa place et son rôle.
Donc en 8 ans nous avons orchestré en moyenne 4 à 5 concerts par an. Il
y a eu des hauts et des bas mais nous n'avons jamais baissé les bras.
Et dans un futur proche j'espère, on a tous la même envie c'est de
créer notre label... à suivre... Et en ce qui me concerne tout a
commencé vraiment en 2002, je décidai de me lancer dans le mix (merci à
Jason pour ses conseils et sa patience, je tenais à le préciser...). En
2003, mon premier mix en public (inoubliable moment....mais en
réfléchissant il y a en beaucoup d'autres....). Après les bookings se
sont enchainés, essentiellement dans l'est de la France. 2005
sortie du "Project Est" sous le label Altern-hate. Un track avec Tieum
(intitulé "Remich" ) ainsi qu'un track avec Bartoch (intitulé "Crystal
Motion"). Ca été une superbe expérience. 2008 sortie de PKGCD 43, un mix Gabber / Indus. Greg : Pour
ma part tout commence au printemps 2001. Quelques-uns de mes amis
fréquentaient déjà les grosses raves qui se faisaient en Lorraine
(Pulsamix, Hardcore Symphonie, etc ...). J'étais Dj résident dans une
petite boîte vosgienne donc pas réellement l'occasion d'assister à
l'une de ces fêtes qui m'était totalement inconnues. Mais l'envie
d'aller découvrir ce nouveau phénomène ne manquait pas, suite aux
récits des soirées que mes amis me faisaient. Au bout d'un moment j'ai
craqué et je suis allé voir par moi même. Je me rappel encore, c'etait
une "Oniroblast" organisée par les Endokrin en extérieur, avec un sound
system de 40KW, un mur de son énorme avec un plateau d'artistes comme
Al Core et justement quelques membres d’Urban Poison à deux pas de chez
moi. Je n'avais jamais vu ça et j'ai tout simplement scotché, j'ai pris
une claque monumentale. Ensuite j'ai jonglé pendant une année
entre ma passion que je vivais déjà en discothèque et une nouvelle, la
teuf, qui très vite me convertira totalement à ce style de soirée. Mes
débuts en tant que Dj dans ce nouveau milieu se sont fait dans un
premier temps avec un petit crew vosgien, Korpulence. L'aventure avec
eux a duré environ deux ans. C'est ainsi que j'ai découvert une de mes
autres passions, l'organisation de soirées. Ma rencontre avec
Urban Poison se fit ensuite car à l'époque Pi-h (Jason), Miss Tiffy,
Nebuck et Minch (un des deux artistes de The Mastery) faisaient déjà
pas mal de bruit dans le Nord-Est et j'en étais tout simplement fan ce
qui m'a naturellement amené à les inviter à jouer dans une petite
soirée. Suite à ça je suis rentré en 2003 chez Urban Poison en
tant que vice-président de l'association. Depuis, avec mes compères,
cela fait six ans qu'on oeuvre sans relâche et avec une motivation
toujours grandissante pour le mouvement Hardcore vosgien dans un
premier temps, et ensuite lorrain, en organisant de multiples soirées
plus ou moins importantes. Côté
artistique personnel maintenant : Quels sont les DJ (ou les lives) qui
vous ont le plus impressionné depuis toutes ces années ? Plus
largement, quelles sont vos influences musicales, en remontant à
l'époque d'avant votre rencontre avec le Hardcore ? Fanny : Mes
influences ? C'est difficile de répondre à cette question car je peux
aussi bien écouter des choses complètement barrées du style CocoRosie,
Björk... et ensuite passer à du Birdy Nam Nam ou Grand Corps Malade...
des styles musicaux qui n'ont rien à voir ensemble. Sinon plus jeune
j'écoutais aussi beaucoup de Ragga / Reggae / Rap. Donc je n'ai pas
vraiment d'influence bien définie, c'est tout un ensemble. Et
maintenant il y a tellement de styles musicaux différents qu'il est
difficile de se renfermer dans un seul et même registre. Au
niveau de l'inspiration de la construction de mes mix c'est mon
inspiration du moment. Après c'est sûr il y a des artistes qui figurent
régulièrement dans mes tracklistings comme Tymon, Broken Rules, Triax,
Genesis Projection... car ils me font plus vibrer que d'autres mais au
final c'est le mélange de mes goûts et de mon humeur qui va nourrir mon
mix. Le DJ le plus impressionnant restera pour moi The Producer. Greg : Mon
parcours musical est assez large. Avant même que je me lance dans le
deejaying, mon père faisait de la disco mobile (il animait des
mariages, bals de villages etc...). Dès mon plus jeune âge j'étais déjà
dans le bain. Dès que je le pouvais, je l'accompagnais. Je me suis
toujours dit que je serais DJ. J'ai toujours été assez généraliste
niveau musical. Mais des les débuts de la techno des années 90, j'ai
tout de suite accroché tout en restant assez ouvert à d'autres styles
musicaux comme le Hard-Rock, le Metal, la Variété Française et
Internationale, le Hip-Hop et j'en passe (voici quelques uns des
artistes que j'écoutais avant d'arriver au Hardcore : AC/DC, Nirvana,
Red Hot Chili Peppers, Deep Purple, Iron Maiden, Thiéfaine, U2, Blink
182, Dr Dre, Snoop Dogg, The Prodigy, Embargo, Faithless, etc, etc...).
Ensuite comme beaucoup de monde, je me suis acheté quelques compiles
Thunderdome que j'écoutais en boucle dans ma voiture. Ma vrai rencontre
avec le Hardcore se fera seulement après quelques années de résidence
dans plusieurs discothèques vosgiennes. Les Dj sets ou Lives
en soirées qui m'ont le plus impressionné ? Le live d'Hellfish à la
Deeday 2002 au Zenith de Nancy sur la scène extérieure. Quasiment tous
les sets de The Producer et de Radium que j'ai pu écouter. Le set de
Nosferatu aux 15 ans de la Thunderdome en décembre 2007, le concert des Birdy NamNam au NJP 2008, Le concert de Prodigy aux Eurockéennes de Belfort de cette année pour ne citer que ceux là.
Je n'ai pas tellement de modèles en mix. Peut être un peu à mes débuts
dans le Hardcore, Jason m'a appris quelques ficelles. Depuis j'essaie
d'améliorer constamment ma technique de mix. Mon inspiration varie
fréquemment. Je joue des mix plus au moins agressifs dans la sélection
de disques et dans la technique selon mon humeur. C'est pour cela que
je ne me restreins pas qu'à un seul style de Hardcore (Indus, Gabber,
Darkcore sont quelques uns des styles que j'affectionne et que j'adore
jouer). Au
début des années 2000, l'Est de la France était considéré par le reste
du pays comme l'Eldorado du Hardcore, puisqu'il y avait souvent de
grosses soirées. Qu'en est-il de la scène de l'est aujourd'hui ? Est-ce
toujours la terre promise du Hardcore français ?
Nous dirions même plus, il y a quelques années le Nord-Est était
considéré comme la capitale du Hardcore. En effet le début des années
2000 a été très riche en termes de grosses soirées pour nous et nous
avions un public de vrais passionnés. La bonne époque ! Nous ne pouvons
plus dire ceci maintenant mais nous tenons tout de même une bonne place
dans le pays car il y a toujours pas mal d'activités au niveau Hardcore
mais à plus petite échelle. Les grosses soirées se font assez rares
maintenant, cela est certainement la cause d'une diminution assez
brusque en 2005-2006 de la fréquentation de ces soirées ce qui a fait
plus ou moins fuir les gros organisateurs. Nous remarquons tous de
même, une nette amélioration depuis aout 2008 sur nos soirées et avons
le sentiment que la saison hivernale 2009-2010 va être riche en
rebondissements. Il ne nous reste plus qu'a rééduquer le public
Hardcore lorrain. Depuis plusieurs mois on ressent une forte solidarité
entre les associations ainsi que de plus en plus de projets en
coorganisation.(c'est très encourageant). Pour quelles raisons la fréquentation des soirées a beaucoup baissé dans votre région en 2005-2006 ? Fanny : Il
y a eu une période où beaucoup de personnes pensaient pouvoir organiser
des soirées (sans avoir d’expérience) juste dans le but de se faire du
bénéfice, du coup beaucoup de petites soirées étaient organisées un peu
partout dans l'est de la France, ce qui à divisé le public et a
augmenté la rivalité entre les différents organisateurs (différentes
associations). Mais avec du recul (2, 3 ans après) on entend plus
parler des ces mêmes associations. Les lois françaises sont aussi en
partie la cause (un amalgame est fait entre soirées organisées et
soirée illégales...tout le monde dans le même sac !). Il y a aussi
beaucoup de restrictions donc de plus en plus de difficultés à
organiser des soirées légales. De ce fait beaucoup d'organisateurs se
sont dirigés vers des soirées illégales (gratuites) et le public a
suivi aussi. Greg : Cela
dépend de quelles soirées on parle. A notre niveau, je pense qu'à cette
période il y a eu une migration des teufeurs vers les soirées
gratuites... Mais il y a encore régulièrement des soirées Audiogenic
qui marchent toujours très bien dans notre région, bravo à eux d'ailleurs pour leur activisme. Vous
êtes deux DJ expérimentés, dont les parcours respectifs vous ont amené
au Hardcore. Vous jouez beaucoup de tracks hollandais, plutôt
industriels. Que pensez-vous de la vague hollandaise qui s'est répandue
en France, autant du côté des DJ que du côté du public ? Fanny : J'ai
toujours eu une influence Gabber Indus donc je peux être que satisfaite
de l'engouement de ce style de musique en France. Et là je ne parle pas
que de la Hollande, mais je fais référence aussi de l'Italie pour
Traxtorm, des US pour Industrial Strength. Pourquoi cette vague
hollandaise ? Depuis des années les grosses soirées hardcore sont à
l'affiche tous les weekends en Hollande. C'est une culture grandissante
qui a dépassé les frontières. Greg : Si
tu parles de l'enjouement que les français ont pour les soirées
hollandaises, je dirais que c'est très positif pour le mouvement techno
français tant que ses acteurs ne perdront pas de vue qu'ici il se fait
de très bonnes soirées également, certes pour le moment à moins fort
budget qu'en Hollande mais tout de même de très bonne qualité. Il ne
faut pas oublier qu'ici en France, des dizaines d'organisations
s'activent depuis des années à proposer des événements tout a fait
respectables et qui ne demandent qu'à pouvoir évoluer afin de pouvoir
offrir de vrais gros events made in France. Mais ceci est possible
seulement si le public Hardcore suit ces organisateurs en participants
régulièrement aux soirées présentées. Quel
est votre regard sur ces fameuses soirées hollandaises, ces évènements
parfois gigantesques, en tous cas toujours spectaculaires par leur
ambiance ? Fanny :
Ah les soirées hollandaises, quel bonheur ! On y va une à deux fois par
an et à chaque fois on s'en prend plein des oreilles et les yeux. Et
c'est durant ces soirées qu'on peut entendre les nouveautés (au niveau
des sons) et la tendance musicale des prochains mois. Le seul point
négatif, trop monde car je suis un peu claustro ! Greg : Pour
ma part, j'y vais assez régulièrement depuis deux ans environ et bien
sûr je suis impressionné a chaque fois. Ce n'est pour l'instant pas
comparable avec nos soirées mais qui sait peut être que dans le futur
nous pourrons en faire autant... Dans tout les cas des événements comme
la Megarave French Edition pourraient bien être un bon commencement.
C'est à espérer... Est-ce
que vous travaillez à la production de tracks en ce moment ? Allez-vous
développer un label Urban Poison, alors même que sortir du vinyl
devient de plus en plus risqué ? Fanny : Beaucoup
de mix, un peu de prod (sur mon dernier CD mixé sur Urban Poison il y a
mon dernier track, du genre Indus). Sinon je consacre beaucoup de temps
à la construction de mes mix. Il faut que ça soit progressif et
cohérent. L’idée de créer un label est bien dans nos pensées. Certes le
support vinyle est de plus en plus en péril, c'est sûr que maintenant
il faut penser à s'orienter vers le numérique mais la création d'un
label ne se rattache pas seulement à la production. C'est tout un
concept (une entreprise) à développer (production, soirée, promo,
merchandising...) donc je pense que c'est encore réalisable. Greg : Je
rejoins ce que Fanny vient de dire. Beaucoup de mix et un petit peu de
production également. Quoique c'est assez calme pour la prod depuis un
petit moment faute de temps, il est très difficile pour moi de cumuler
taff, mix, organisation de soirées et production. Mais il va falloir
que je m'active un peu plus car j'ai tout de même plusieurs projets
prometteurs en court avec Nebuck et No Limit qu'il serait bien de
terminer. Ça fait déjà quelques années que l'on pense à créer
un label Urban Poison sans réellement avoir l'occase de concrétiser ce
projet mais il reste d'actualité et verra certainement le jour dans le
futur. Comme dit Fanny, je pense qu'il ne faut pas se limiter à la
production de vinyles mais diversifier les activités et les supports du
label. Pour ce qui est de la baisse du marché du vinyle, ce sujet
m'affecte vraiment car je suis un fervent défenseur de ce support. Est-ce
que vous avez des contacts avec des organisateurs allemands ou suisses
pour la réalisation de co-productions en France ou dans leurs pays ?
Comptez-vous sur ces pays dont vous êtes proches pour vous développer
en tant qu'organisateurs et artistes ? Fanny et Greg : Nous
avons peu de contact avec nos pays voisins, je pense que la priorité
est de développer le mouvement en France (il y a tant à faire). Aussi
bien sur le plan de la co-production que la co-organisation. Après
c'est sur qu'un projet hors de nos frontières serait plus
qu'intéressant mais ce n'est pas notre priorité. Pouvez-vous
donner votre point de vue sur les artistes hollandais qui jouent à la
soirée Megarave France ? Plus largement, qu'attendez-vous de cette
soirée ? Fanny :
Rien à dire sur ces artistes, c'est un beau plateau qui sort du commun.
Des artistes qu'on ne voit jamais ou très rarement en France. Ca fait
vraiment plaisir de jouer à leurs cotés. Greg : Mon
point de vu sur les artistes qui jouent à cette soirée ? Vince, RTC,
AK47, Speedloader et Iom Factory, je n'ai jamais eu l'occasion
d'assister à l'une de leurs représentations et d'après ce que je peut
entendre ou lire sur leurs prestations cela me donne qu'envie de les
voir et entendre jouer. DNA Dj Team et Radium j'adore leur technique de
mix et leur style donc je suis heureux de pouvoir jouer à leurs cotés à
cette soirée. J'attends simplement de profiter pleinement de cette
soirée, de m'éclater, de me faire plaisir derrière les platines et par
la même occasion qu'on fasse plaisir aux public qui sera présent. (Dites-vous
bien que ce sont ces deux zoziaux pleins d'amour qui vous en mettront
plein la tête le 19 septembre ! Ne pas se fier aux apparences !) Vous pouvez dire un petit mot au public qui viendra vous écouter à la Megarave France ? Fanny : Une
complicité avec The Snipper, un vrai battle sans se concerter avant
(j'adore)... Et pour conclure un petit jeu de mot : merci Party Uniq
c'est un Mega"rêve". Greg : Un
petit mot pour le public ? N'ayez pas peur, vous allez juste vous en
prendre plein la gueule ha ha ! Quelques mots pour qualifier notre
prestation : nervosité, dynamisme, finesse et brutalité à la fois… Propos recueillis par Speedloader _________________ www.megaravefrance.com
6:51 PM
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