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Tout comme j'ai rarement accroché au rap (tout en ayant eu Sidney HIP HOP comme chroniqueur il y a bien longtemps), j'arrive exceptionnellement à goûter le slam (tout en organisant régulièrement des émissions à ce propos). Ce que je vois sur le web et la dernière réunion à laquelle j'ai assistée, me laissent perplexe. Cette façon de déclamer me rappelle les gamins qui récitaient leurs tables de multiplication en chantonnant autrefois, alors qu'ils n'y comprenaient rien. Ou ses animateurs des débuts de la FM qui avaient tous la la même élocution, y compris dans la vie privée: "Ah que saluche, comment "zallez vouche". J'attends simplement, appremment cela n'a pas l'air simple, qu'on me raconte des histoires inattendues ou qu'on me procure des sensations. On se contente de me raconter sa vie, dans ce qu'elle a de plus sombre, ou d'évoquer la vie et la société dans ce qu'elles ont de plus chiant. On se contente de croire, quelle folie! que la poésie se borne à faire des textes qui riment et avec des pieds qui ne se bousculent pas trop au portillon. C'est imaginer aborder la guitare avec une seule main. Je revendique le droit à la parole et une libre expression pour tous, mais au service de tous et pas pour un thérapie personnelle qui consiste à évacuer ses propres aigreurs. Il y a peu, je demandais à un artiste, très beau sensible et talentueux: pourquoi dites-vous "on" et pas "je" dans ce que vous venez de nous dire?. Le slam français, encore une pâle copie d'une importation yankee, deviendra un mouvement artisitique et social digne d'intérêt lorsque ceux qui le pratiquent assumeront et connaitront leur glorieux passé poétique. A l'image d'Abdal Malik qui vénère Brel. Il y a peu, encore, je balançais du Verlaine à un jeune artiste: putain de slam, qu'il a répondu. Assumer, c'est le mot clef. Mais comment le faire, masqué, planqué, la plupart du temps derrière un pseudo à la con pour faire genre, comme disait ma grand-mère. Prendre la parole, à tout âge, pour affirmer ses sentiments et sa volonté devant tous, est un droit (je n'écris pas "devait être" puisque au fronton des mairies est gravé "liberté, égalité, fraternité") c'est aussi une responsabilité. Le slam? un truc encore mou du cul, et qui se donne des codes, des figures imposées comme dans le patinage artistique. Gueulez, putain! Vous commencez à vous noyer, à vous complaire dans le politiquement correct. Soyez séduisants aussi. Et ça passe par une vérité. La vôtre. Mention spéciale à Arthur Ribo. Deux fois dans l'émission en un mois. Si la révolution est en marche, elle passera par lui. Charmant, cultivé, un honnête homme.
4:12 PM
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