Apres un rapide petit-dejeuner (pain tout chaud et moelleux) pendant la revue du personnel d'une sorte de fast-food, nous prenons a potron-minet (non, ce n'est pas le nom d'une gare routiere) un bus direction la mythique oasis de Turfan, Durfan, Turpan ou encore Tulufan. Oui, on peut choisir la maniere de le dire comme de l'ecrire ce qui n'est parfois pas tres pratique pour etre sur que l'on parle bien du meme endroit... Les paysages traverses nous laissent pantoises : d'un cote du bus, ce sont des prairies vertes, ou les moutons paissent et de grands arbres se decoupent sur les montagnes au loin. On pourrait presque voir Julie Andrews y chanter "The Sound of Music" (oui, on a tous nos references... j'assume...).

Et de l'autre cote, le cadre bien moins pastoral de montagnes de pierre aride et de lacs opaslescents ourles de sel (ouahh, je suis poete), quelques dunes et peut-etre Peter O'Toole dans "Lawrence d'Arabie"... Cela fait un certain temps que je n'ai pas vu de film, cela me manque !

La petite bourgade de Turfan a sans aucun doute conserve plus de charme dans son nom que dans la realite ; poussiereuse, la chaleur y est ecrasante. Vraiment ecrasante. On atteint aujourd'hui les 43 degres. Apres un petit tour dans le bazar endormi, nous traversons un village pour nous rendre au minaret Emin, un des plus beaux edifices du genre au Xinjiang. selon le guide. Un petit detour vers les vignes environnantes d'abord ! En effet, dans cette region aride (je crois que meme cet adjectif n'est pas assez fort : il a plus deux jours l'annee derniere, meme Briancon est battue !) apparaissent ponctuellement des oasis et celle de Turfan se caracterise par ses champs de vigne : un raisin blanc delicieux, sucre a souhait. Marchant sous les treilles, nous regalant de raisin et buvant de l'eau comme jamais (comme il fait soif, ici !), nous atteignons la mosquee et la visitons le plus lentement possible pour profiter de la fraicheur maintenue par les murs de torchis. Quelle sensation de calme...


Et personne ne nous prend en photo alors que les Occidentaux, et a fortiori les Occidentales voyageant seules, se font encore plus rares. Tiens, d'ailleurs, personne ne nous a bousculees aujourd'hui ou n'a crache par terre a grand renfort de raclements laryngo-tracheiens... Une certaine douceur de vivre avant de retourner dans les contrees orientales. Fetons cela avec des brochettes de mouton dans un marche en plein air !

