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Les tribulations d'une moufette...

Chouyo



Last Updated: 12/4/2007

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Age: 29
City: Paris
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 4/24/2007
Tuesday, July 31, 2007 

        Reveil sous la pluie qui tombe drue et par une temperature a faire oublier que nous sommes en plein ete (3000m d'altitude, cela change). Plusieurs epaisseurs plus tard, je cours a la gare routiere trouver des billets de bus, mais las ! il n'y a plus de place... Finalement, nous ne repartirons que le lendemain et directement pour Lanzhou : les grottes de Bingling Si nous attendront un prochain voyage. Nous tentons de nous rechauffer dans un restaurant tibetain deja essaye la veille : si la nourriture y est tres bonne (des boulettes de viande de yak crues a l'oignon et aux herbes, du yaourt au lait de yakette (un yak femelle, je trouve que yakette c'est bien, mais si quelqu'un connait la veritable appellation...) et surtout la pizza tibetaine ! en fait, une crepe frite fourree de viande de yak, delicieux), les gens y sont assez etranges. D'une part, les traductions en chinois et en anglais sur le menu sont assez fantasques et nous ne parlons pas tibetain : parfois les plats apportes sont absolument contraires a ce que nous voulions et c'est parfois derangeant, vus les prix. Ainsi, impossible de trouver du pain tibetain, pourtant propose sur la carte et assez celebre ailleurs qu'a Xiahe... D'autre part... mais je vous en dirai plus tout a l'heure. Le petit-dejeuner est en tout cas l'occasion de deguster un the agremete de jujubes, de fleurs et surtout de morceaux gigantesques de sucre candi (environ 3cm cube le morceau de sucre).

        Il pleut toujours a grandes eaux, nous nous refugions donc dans notre hotel pour bavarder avec quelques francophones, dont nous reorientons completement le voyage : finalement, apres avoir ecoute nos envolees lyriques, deux Francais supplementaires iront decouvrir le Xinjiang... Notre chambre est basique : 2,5m sur 2,5m pour trois lits (en me penchant un peu, je suis sure que je peux piquer du chocolat a Anne), une porte qui ne ferme pas (sauf a raison d'un grand coup de pied, super discret...), pas de volets a la fenetre qui donne sur la cour interieur (toujours aussi discret), au sous-sol mais heureusement une couette et des couvertures douillettes nous protegeant contre les temperatures tibetaines. Les achats de la journee ? Outre les bottes traditionnelles que je me vois deja porter a Paris en hiver, des gants !!! Pour autant, je suis tres heureuse de me retrouver a 3000m d'altitude, de respirer a grandes goulees et de retrouver ce froid piquant des matins d'hiver de Briancon. Je ne pensais pas que cela m'avait manque et pourtant, les souvenirs reviennent a 20 000 km de la...


        Ultime sortie de la journee : la visite du monastere tibetain le plus actif hors de Lahsa, le Labrang ou Labuleng Si. Si la visite guidee obligatoire par un moine est evidemment decevante, on commence a s'y habituer, les batiments en eux-memes sont tres interessants : guidee par l'odeur des bougies au beurre de yak (moi, j'aime bien : cela eclaire et cela donne envie de manger en meme temps !!!), je decouvre des salles de priere dans la penombre, aux coussins et tapisseries colorees, aux statues dorees et, de place en place, des "bibliotheques" de rouleaux de prieres. Un rythme different, ici, une ambiance plus sereine meme si la visite est faite au pas de course et au coude-a-coude avec d'autres groupes.



        Repas dans une gargote tibetaine, apres avoir gronde vertement, devant les moulins a priere du monastere, un gamin tentant de nous faire les poches (tiens, premiere fois...). Et la, autour d'un repas fort decevant, de nouveau, cette impression etrange : des regards lourds, devoir repeter au moins dix fois la meme chose alors que l'on voit tres bien qu'anglais et chinois sont compris (ce n'est donc pas un probleme de langue), toute la famille travaillant dans le restaurant se regroupe autour de nous, une des serveuses regarde dans mon sac... Bizarre, vraiment bizarre. Sans pour autant se sentir consideree comme un portefeuille ambulant. Plus l'impression qu'ici les gens sont tres tres tres lents a comprendre et a agir, sont tres "innocents". Prise de conscience soudaine que nombre de visages ont des traits qui s'apparentent fortement... La consanguinite traditionnelle des montagnes ajoutee a celle, toute aussi traditionnelle, des tribus et renforcee enfin par la resistance identitaire a la colonisation Han ou bien par l'ostracisme des colons Han envers les Tibetains. Impression finalement tres derangeante par les questions qu'elle laisse en suspens.


Oh, une invasion de moines !