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Current mood:  knighted
Soleil cherche futur, paru en 1982, ressemble un peu à Dernières Balises, d'abord par la
pochette aux enfants. Mais les couleurs sont plus chaudes. Enfin, Thiéfaine
envisage un futur, quant au soleil, ce n'est plus tout à fait le vieux soleil glacé du précédent album.
Le héros est toujours fatigué, mais il cherche à sortir du souterrain.
Seulement, il ne se paie pas d'illusions : les souvenirs qu'on laisse en
route, le temps qui passe, les idoles qui sont toutes fausses, le voilà coincé,
entre la nécessité de vivre et le désir de fuir. Dernières Balises ressemblait aux nausées de l'enfance, celui-ci se
rapprocherait plutôt de la naissance. Si
t'as peur de t'mouiller, retourne à ton fœtus. Les dingues et les paumés,
eux, enfermés dans leur errance (remarquablement illustrée par une musique
circulaire, close sur elle-même), s'arrachent
leur placenta. Hargne ou tristesse, turbos ou violons, rien de bien gai.
Mais l'amour ouvre de jolies perspectives, et Thiéfaine met plus de drôleries
dans ses expressions. Quant à la musique, où Claude est de plus en plus
présent, vibrante, obsédante, elle s'enrichit de gags sonores
réconfortants : chœurs coquins, match à la télé, pépiements et tyrolienne
au soleil.
Ce bel album remporte un énorme
succès. "Lorelei Sébasto Cha", tendre putain, hante les hit-parades
radiophoniques. En quatre mois, Soleil
cherche futur est disque d'or. Par dizaines de milliers, les vingt-vingt-cinq
ans découvrent Thiéfaine, dont ils achètent aussi les premiers albums
(actuellement ses meilleures ventes, après son double live, sont toujours Tout
corps vivant et Autorisation de
délirer). Thiéfaine revient à l'Olympia, cette fois pour une semaine.
Cependant, dès que le succès lui tombe dessus, il freine la machine. Au moment
où il réalise les rêves de son enfance, il envisage d'arrêter. Avoir de
l'argent ? Non merci. Lui, il pensait continuer à "zoner, et puis à
écrire et à chanter pour la beauté du geste". Là, il s'agit non seulement
de vivre de la chanson, mais de mener une carrière. Le trou dure deux ans,
mais, tout en décidant d'abandonner, Hubert continue à écrire. Alors...
Photo : © collection particulière Yannig :
18:22
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