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Projet Extra-Systole

Benjamin Durand Projet Extra-Systole



Last Updated: 12/4/2009

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Tuesday, April 08, 2008 

Paroles de Ciel :

La respiration du ciel

Au sol l'été qui dégénère

La couleur pourrissante des feuilles

Des feuilles mortes

 

Tousse comme une vague étrangère

Inclinant ce bouquet automnal

En un ballet frustre et buttant

Un bruit de mécanique

 

Le recensement est anonyme

Hêtrebouleauchênemégots

S'entassent, comme un mauvais mime

On singe le vent

 

Il n'y a ni grâce ni miel

L'orée approche du parterre

Qui sont ces danseurs en deuil

Que l'on déporte ?

 

Ces blessures de chlorophylles chairs

S'entrechoquant, sachant le mal

Me rappellent des éléphants

Dressés pour le cirque

 

Du soir lève des monts qui dominent

Le silence des bancs

Et frissonne ce qui se devine

L'humus se révoltant

 

Alors dans le plat de la pleine lune

Déteignant sur cet amoncellement chaotique

Un filet sonore se tresse

Inaudible à l'ouïe terrienne

Comme des insurgés, les feuilles pourrissantes rugissent :

 

Nous n'avons qu'un seul maître, il s'appelle le vent !

 

La respiration du ciel

Au sol l'hiver qui sait se taire

Le poing noir des feuilles

Des feuilles mortes

 

Paroles de Révolution :

Du haut de son balcon, jonché de probes gens
un chat noir aux yeux rouges languissait de son maître.
Les miasmes de ce monde qui sombre par l'argent
contraint ce petit chat presqu'à disparaître.
il sent ses tripes pourrir, moisissures qui du coeur
au foie et à la rate le consume : agonie en froideur d'un peuple en métal de peur.
Par son maître, jadis, il fit bien des folies;
de son souffle chaud pestilentiel, car funeste
s'illuminent quelques souvenirs :
une plage jamais trouvée, une bastille incendiée
reste, cet octobre trop froid
l'angleterre à son jeune âge.

Un spasme supplémentaire,
son âme se libère.
je vois déjà des rapaces, des corbeaux et des vipères
s'admirer de cette relique comme trésor de guerre
et en plus se proclamant révolutionnaire.
Opprobre!
le porte malheur gouttelé de sang
se sent comme condamné à la porte du malheur,
j'entends qu'il miaule en moi "sublimez tous ces gens"
et si on suit ses pas...

Paroles de Saisons/hors saisons :

Grappe de lobe
Tendre fossette, pudeur exquise
Le dos nu d'une robe
L'échine coule, s'amenuise.
La poigne ferme
Savoure, dérobe
Le pampre de la belle mise.

Lèvres gercées
Veines pervenches et arrondies
Les mats noirs dressés
Face au souffle bleu-gris.
La chaude écharpe
Qu'est un baiser
Chatouille la nuque amie.

Durs tétons
Epaules blanches fraîchement promises
Le corsage fripon
L'air baille à la chemise.
Les doigts tels
De jeunes rayons
Calculent la peau conquise.

Tiède nombril
Gouttes de sueur, jaune bikini
Le cou à fleurs d'huile
Etendu qui supplie.
La bouche au ventre
Recueille habile
La perle en catimini.

Poitrines aigries
Morne vagin et jets de selles
Les rides qu'on prit trahies
Par les senteurs Chanel.
Enrage ma vieille
Au temps -rêverie-
Des "où ça puait la pucelle".

Paroles de Fantôme :

ce que le ciel nous a promis,
ici juste un peu de pluie,
c'est la mer qui nous éclabousse,
embruns salés que le vent pousse.
lorsque comme des automates,
nos doigts s'enlacent,
nos doigts s'embrassent,
c'est nos mains qui pourtant se ratent.

je suis un fantôme, longeant les murs.

ce banquet qui clope la vie,
claudicante coupe de vin.
de l'instant dont se rassasient,
ceux qui habitent entre leurs mains.
et moi qui suis absent de celles
qui terminent des bras ouverts,
grands vers une ombre, un appel,
c'est le Là qui me passe derrière.

je suis un fantôme, longeant les murs.

ce qu'une rose a consenti,
à déposer sur ma rétine,
présence, extase, puis vient l'oubli,
damned! sitôt que j'imagine
ce qu'une rose a consenti.
les pétales effleurant ma chair,
les pétales effleurant ma chair,
souviens-toi de cette larme de nuit.

je suis un fantôme, longeant les murs.

Lin
Lin Tru

 
Bonjour Benjamin,

Hier soir j'étais à ton concert au café du Havre et j'ai passé une bonne soirée. Tu, vous, le groupe, êtes très bon. J'ai trouvé à votre musique une grande variété mélodique et rythmique, de beaux emportements et une profonde respiration. Tes chansons sont belles aussi mais d'une beauté peu accessible à l'auditeur qui voit émerger de superbes accords de mots mais qui reste un peu dubitatif quant au sens. J'ai lu tes textes, j'en perçois mieux la grande beauté mais je me demande si la chanson ne requiert pas un peu plus de simplicité, un peu plus de concession à la clarté du sens. Ni Brassens bien sûr, ni même Ferré, ni Aragon dans les poèmes que d'autres ont chanté vont si loin dans l'ésotérisme. J'ai peur que ton public ne se lasse de chansons dont ils percevront rarement le propos.

Sur wat tv, il ya de nombreux chanteurs, compositeurs, groupes comme Systole projet. Tu pourrais aussi y avoir ta page.

Félicitations, en tout cas, pour ce que tu fais . Et bon courage.

Lin
 
Posted by Lin on Sunday, April 13, 2008 - 07:16
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