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ARRIÈRE SALLE DE L'ATELIER DE TEXTURE

POÉSIES, PROSES , EXPOSITION DE MORCEAUX ÉCRITS

BABEL,

AVEC MES REMERCIEMENTS A JULOS BEAUCARNE, MUADHIB, CATHERINE JAVALOYES, ET CEUX ET CELLES QUI ONT ENCOURAGE MON ECRIRE — mon verbe, où va ta chair ? — - NE PAS HESITER A LAISSER UNE TRACE, A REPONDRE, REAGIR.

NOTA : LES SUITES SE LISENT EN TROUVANT LE DEBUT...EN BAS DE PAGE, SOUVENT



babel

le babel


Last Updated: 10/24/2009

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Monday, November 02, 2009 20:36

Accusé Réception du temps qui passe....



Mon père quand il est arrivé à mon âge

Était entouré de langes et de babillages

Les garçonnets sont devenus grands-pères

Et les fillettes sont toutes des grands-mères

Qui gardent dans leurs souvenirs les mystères

Du père quand il en était à mon âge

Il avait le dos cabossé par deux guerres

À quoi rêvait-il quand il avait mon âge ?

.. ..

Et me manque dans les miroirs

Comme mon reflet, mon histoire

Ma peau de vous, mon visage…

.. ..

Ma mère comprit que jamais elle n’aurait jamais

Les premiers jours, les derniers soirs de mon âge

La tête sur son oreiller, les rêves déprogrammés

Elle a laissé d’autres finir son ouvrage.

Eux gardent, dans des souvenirs, les mystères

Des parfums épars dans le col de la mère

De toutes ces échardes si bien diffamées

Dans les rêves morts qu’avait tissés ma mère

.. ..

Et me manque dans les miroirs

Comme mon reflet, mon histoire

Ma peau de vous, mon visage

.. ..

Mon autre père, quand il a reçu mon âge

Partait tôt le matin, chargé de courage

Ombre de silence, doux bonheur sur terre

Qu’il recherchait partout, fuyant chaque guerre

Taiseux sur le passé, les yeux sur la page

D’un journal étalé, et passe l’orage

Il avait, dans les yeux, tout un savoir-faire

De ce qu’il aurait fait rien qu’avec mon âge

.. ..

Et me manque dans les miroirs

Comme mon reflet, mon histoire

Ma peau de vous, mon visage

.. ..

Mon autre mère, n’a jamais eu d’âge

Elle n’aurait pas trouvé ça très très sage

Quand elle brûlait d’un éclair de colère,

Quand elle forçait ses sentiments à se taire

Avec la morale pour vocabulaire

Et comme des manques dans le langage,

Pour dire un « je t’aime », loin des maquillages

Du devoir d’être fort, quels que soient nos âges

.. ..

Et me manque dans les miroirs

Comme mon reflet, mon histoire

Ma peau de vous, mon visage

De quand vous aviez mon âge…
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Cath

 
Comme une chanson, émouvante et nostalgique, mais pleine de vie aussi... pour leur rendre hommage, et leur donner un visage.

 
Posted by Cath on Monday, November 02, 2009 - 21:35
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zanzibar
HZelder HZelder

 
je n'ai pas de mots ni même de voix, juste merci.

 
Posted by zanzibar on Monday, November 02, 2009 - 22:05
[Reply to this
Vincent Havret

 
hôo...
 
Posted by Vincent Havret on Monday, November 02, 2009 - 23:52
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murielle
Murielle Verdun

 

Quand notre père avait atteint mon âge, je n’étais pas encore née.

Quand ma mère a atteint mon âge, elle tomba irrémédiablement malade :-(

Qu’elle  en décida de me donner naissance, nos survies se sont entremêlées à entendre nos aînés tandis que notre mère agonisait :-(

En moi, raisonne au-delà des barbelés de la misère et de son exploitation les cris d’amour de mon père quand il venait visiter la dernière fillette dans une famille de substitution seulement attirée par le salaire qui en découlait.

Amputer de ses parents la dernière « gosse » n’en finit pas de chercher son identité, cette quête la privant de devenir mère et grand-mère même à grands coups de médecine.

Le hasard où l’inconscient de la dernière née la fit tomber malade au même âge et à la même date que notre défunte mère peut-être par le poids de la culpabilité longtemps ressenti de l’envol de notre mère. Le cancer a pris possession de la mouffette.

Heureusement, les langues de ses aînés (es) se sont déliées lui soufflant la force de l’amour de sa mère et de combattre le cancer.

Esse-ce pour ça que maman à tant insisté pour que mon prénom s’écrive avec « deux ailes » ? Afin qu’un jour je puisse prendre mon envol…

 

Cet amour inconditionnel et immortel que nos portons à nos défunts parents prend racine dans l’amour qu’ils nous ont donné à profusion dans leurs larmes refoulées pour nous épargner.

babel, en nous nos âmes d’enfants ne sont jamais dissipées.

murielle dt

[Volontairement, j’ai repris le mot familier « gosse » employé par maman dans ses lettres à notre père quand elle parlait de nous « sa tribu ». C’est par le biais d’une lettre que j’ai appris la date exacte où maman est tombée malade]

 


 
Posted by murielle on Tuesday, November 03, 2009 - 02:09
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hervé pizon

 
oui...

 
Posted by hervé pizon on Tuesday, November 03, 2009 - 07:31
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Mina

 
Très beau et émouvant ce déroulement de la vie de nos parents... Merci Babel
 
Posted by Mina on Tuesday, November 03, 2009 - 08:45
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Le scribouilleur...©
Philippe Scribouilleur

 
Je suis un nostalgique, je me pose ces questions... merci...
 
Posted by Le scribouilleur...© on Tuesday, November 03, 2009 - 10:31
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Christian

 
des traces, du tracé... "tout ce savoir faire", là - et c'est vraiment admirable que ce savoir penser, évoquer de résonances ... - de si prenant fil déroulé-enroulé...   

 
Posted by Christian on Wednesday, November 04, 2009 - 12:58
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