Accusé Réception du temps qui passe....
Mon père quand il est arrivé à mon âge
Était entouré de langes et de babillages
Les garçonnets sont devenus grands-pères
Et les fillettes sont toutes des grands-mères
Qui gardent dans leurs souvenirs les mystères
Du père quand il en était à mon âge
Il avait le dos cabossé par deux guerres
À quoi rêvait-il quand il avait mon âge ?
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Et me manque dans les miroirs
Comme mon reflet, mon histoire
Ma peau de vous, mon visage…
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Ma mère comprit que jamais elle n’aurait jamais
Les premiers jours, les derniers soirs de mon âge
La tête sur son oreiller, les rêves déprogrammés
Elle a laissé d’autres finir son ouvrage.
Eux gardent, dans des souvenirs, les mystères
Des parfums épars dans le col de la mère
De toutes ces échardes si bien diffamées
Dans les rêves morts qu’avait tissés ma mère
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Et me manque dans les miroirs
Comme mon reflet, mon histoire
Ma peau de vous, mon visage
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Mon autre père, quand il a reçu mon âge
Partait tôt le matin, chargé de courage
Ombre de silence, doux bonheur sur terre
Qu’il recherchait partout, fuyant chaque guerre
Taiseux sur le passé, les yeux sur la page
D’un journal étalé, et passe l’orage
Il avait, dans les yeux, tout un savoir-faire
De ce qu’il aurait fait rien qu’avec mon âge
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Et me manque dans les miroirs
Comme mon reflet, mon histoire
Ma peau de vous, mon visage
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Mon autre mère, n’a jamais eu d’âge
Elle n’aurait pas trouvé ça très très sage
Quand elle brûlait d’un éclair de colère,
Quand elle forçait ses sentiments à se taire
Avec la morale pour vocabulaire
Et comme des manques dans le langage,
Pour dire un « je t’aime », loin des maquillages
Du devoir d’être fort, quels que soient nos âges
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Et me manque dans les miroirs
Comme mon reflet, mon histoire
Ma peau de vous, mon visage
De quand vous aviez mon âge…