Lundi 25 mai 2009. Nous avons rejoint Fred (le batteur des ex Ol'Dogs) à la pizzéria de la dilligence, à Ensisheim, à quelques pas du Caf'conc, et nous devisons, devant pizzas et flammenkuche, de Loïc Pontieux.... La serveuse, vêtue de manière plus indécente que la nudité, au langage imagé et fleuri (Mâme Mad Dog dirait vulgaire), nous distrait bien quelques secondes, mais bon, on est venu pour la masterclass de l'un des meilleurs batteurs français. Nous ne nous laissons pas distraire...
On arrive au Caf'Conc vers 20H10, le temps de causer un peu avec Yannick, le maître des lieux (de la possible venue de Purpendicular), on s'installe dans ..... Oh p....n, une salle microscopique dotée d'une scène encore plus menue, sur laquelle trône une splendide batterie Yamaha

Avec sa chance habituelle, Fanny déniche deux places juste devant la scène. Fred, qui a traîné, à appeler son épouse, devra se replier un peu plus loin....
Loïc arrive, se présente, puis passe derrière les fûts, pour nous asséner plusieurs morceaux (dont entre autres 4 tirés de son futur album solo, et un de l'album "La Foule", enregistré avec Christophe Cravero)

entrecoupés de discours. Loïc a émaillé son discours de beaucoup d'humour. Il a parlé de ses débuts, avec son père, à l'âge de 13 ans, des artistes avec lesquels il a joué (Jonasz, Lockwood, Nougaro, Bruel, Clerc, etc...), du matos qu'il utilise, de la façon dont il travaille (s'échauffe jamais, et ne joue jamais chez lui, où selon ses dires les seules baguettes qu'on trouve sont celles qui servent à manger chinois), dont il compose.... A une question d'un spectateur, il avoue avoir été très influencé par la famille Ciccarelli et d'autres batteurs de la région niçoise (dont il est originaire).
A un moment, parlant de la crise actuelle qui oblige les artistes à s'entourer d'un nombre réduit de musiciens et techniciens, il explique qu'en tournéeavec Julie Zenatti il a ainsi du, pour compenser l'absence de plusieurs personnes (dont un rappeur) inclure des samples qu'il déclenchait avec une programation sur des notes de batterie électronique... A ce moment du discours il demande à l'assistance : "Tout le monde sait ce qu'est un sample ?". Tout le monde dit oui, ou fait un signe de tête entendu... Quand soudain, Loïc pointe Fanny (qui a le malheur d'être juste devant lui, et qui avait à ce moment là le regard de celle qui aimerait ne pas être là) et lui demande de nous expliquer ce qu'est un sample. Baffouillante, Fanny pique un fard, sous les commentaires amusés de Pontieux "Ben oui, vous me regardiez avec de gros yeux, là, j'ai bien deviné que vous ne saviez pas ce qu'est un sample" et d'expliquer la chose.....
Bref, on a passé là deux heures de pur bonheur (Fred en a profité pour demander à Loïc de faire une démonstration de son conseil aux débutants : jouer une trentième à la noire)....
A la sortie, nous devisons avec Lui, Fred tout intéressé par les conseils du "Maître"...

Mâme Mad Dog (Fanny), Loïc et Fred
Fanny fut si impressionnée et ravie qu'on décide rapidement, elle et moi, de retourner le voir le lendemain, à MUNDOLSHEIM (8 kilomètres de STRASBOURG).... On le lui dit, il nous en remercie... Et nous prenons la route
Le lendemain soir, parceque j'ai un peu traîné (Fanny aimerait toujours être sur place des heures à l'avance) nous n'aurons à attendre devant les portes du centre culturel (ça change du Caf'Conc) que quatre à cinq très courtes minutes. Une dizaine de personnes devant nous. Fanny avait appelé le responsable pour réserver... Dommage, la caisse sans réservations défile plus vite, on aurait été mieux placés. Mais bon, pas trop de prob, nous avons une bonne place tout de même, au premier rang, à droite.
Là, la scène est grande, énorme, et la batterie de loïc trône, royale, sous un éclairage à dominantes rouges. Fanny apperçoit Maze, responsable de "La Baguetterie" à Strasbourg, déjà vu la veille à ENSISHEIM, à qui elle demande si des fois y aurait pas moyen d'avoir à la fin du concert une baguette du "maître"... Ayant recueilli une réponse positive, elle revient s'asseoir, ravie.
Un peu moins de 300 personnes sont entrées, parmi lesquelles beaucoup d'enfants (des écoles de musique)... A ma droite s'asseoit l'un d'eux, fan inconditionnel de Pontieux (dont il a suivi un stage, à Saales) et de Phil Collins. Avec le papa on parle Deep Purple (mon tee-shirt me trahit), Pink Floyd, et autres groupes des seventies...
Loïc arrive enfin, et nous livre un show de même durée que la veille (malgré les pleurs d'un bébé et deux ou trois gamins qui faisaient les zouaves dans la salle pendant qu'il causait), avec quelques différences.
Fanny et moi somme plus expressifs que la veille, puisqu'entre ces deux masterclass nous avons causé avec l'artiste. Beaucoup d'humour encore et bien sûr Fanny redevient la cible de la question : "Qu'est-ce qu'un sample ?" mais comme j'annonce à l'artiste que Fanny a emmené une antisèche (ce qui est vrai, elle a écrit les définitions sur petit bout de papier), il répondra lui-même. Il cloturera son propos par un jeu de mots (il y en a eu plein lors de cette soirée) : "Sampler et sans reproches".
Au cours des questions-réponses on apprend qu'il aime peu la vilaine fermière (pour des raisons de contrats) et Michel Sardou (dont il ne prononcera jamais le nom, nous le faisant deviner, et dont il dira qu'il chante mal, qu'il a un gros bidon, etc...)....
Je ne serai pas en reste de jeux de mots mais Loïc a du métier (un vrai showman) et réplique du tac au tac. Exemple : à un moment, vers la fin du concert, Loïc demande s'il y a des batteurs dans la salle. Beaucoup de doigts se lèvent, bien sûr !!! Dont celui de mon jeune voisin.... Je pousse alors la voix pour dire "Moi, comme batteur, j'utilise un Kenwood" (ce qui est faux d'ailleurs, j'ai un Kitchenaid) et aussitôt Pontieux réplique "c'est ma femme qui a un Kenwood à la maison, et elle me fait de bons gateaux avec" en se tenant le ventre. Une spectatrice (qui avait essayé vainement de prendre la défense de Sardou auparavant) lui assène un "ça vous a fait grossir" auquel je réplique aussitôt par "Comme Sardou !!!". Rires de Loïc qui nous concède le point, là....
Il fera les meêms démos que la veille, jouant deux fois "Jet Lag" (composé par Dave Weckl) qu'il considère comme un "exercice de style"....
Il nous a joué entre autre "Ti punch" :
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=7Z8-QyM9Ul8et à la demande expresse de Fanny (il dira d'ailleurs avant de le jouer "A la demande d'une seule personne") il nous interprète le magnifique "La Foule" (voici ce titre, avec Cravero
http://www.youtube.com/watch?v=KvsP5HSNqtI&feature=related )
Côté discours je dois ajouter qu'il a fait l'apologie de deux articles. L'un, qui existe déjà : les "ear monitors" (qu'il met, avant chaque morceaux, et ote pour nous parler)
http://www.sonomag.com/archives/article,Go,dossiers,5-in-ears-monitors-top,Id,2445.html et l'autre, en cours de production, est un appareil inventé et créé par Maze (de la baguetterie de Strasbourg) qui permet de serrer toutes les vis d'accordage en même temps, ce qui fait descendre les peaux uniformément et fera gagner du temps lors des réglages. En attente de fabricant et de distributeur cet article a déjà eu l'aval de (et est très attendu par) 15 boutiques de vente de batteries.....
Bonne soirée, qui finit avec une baguette et de la bière :
Fanny se fait remettre une des baguettes (dont on voit qu'elle a bien souffert, la pauvre) qu'il lui dédicacera, puis séance photos

Fanny, Loïc et moi
Loïc, Fanny, et le jeune fan...
Après le show, on cherche le responsable de l'école de musique (on lui demande les conditions de location de la salle) et nous offre gentiment à boire (je bois donc à la santé de cette école une bonne bière blanche !!)...
Qu'ajouter ? Ce fut une très bonne soirée... On a bien envie d'aller à Saales (67) cet été, lors des concerts publics !!!! Loïc y sera !!!