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L'ÂGE D'HOMME... MAINTENANT OU JAMAIS !



Last Updated: 10/11/2007

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Friday, June 29, 2007 
« A 30 piges, on fait quoi ? On pensait qu'on allait mourir, on se réveille un sale matin en réalisant que le flipper a tilté, qu'il nous offre 30 années supplémentaires… »

par Nicolas Rey

Si vraiment vous voulez savoir, au début, j'avais pris la ferme décision de tout faire foirer. Au dernier moment. Une sorte de petit cri reptilien dans la faune des grosses productions. Un léger attentat. Rien de grave. Aucun blessé. Ce n'était pas contre l'attaché de presse, je dois avouer que ce type possède le don de proposer au journaliste un univers qui lui plaît, qui le bouscule, bref, qui le fait vivre un tout petit peu entre deux projections. Le vrai problème, le truc que je voulais faire exploser, c'était le « dossier de presse ». Ce « putain d'enfoiré » de dossier presse. Huit ans à me taper des dossiers de presse pour le Figaro Magazine. Huit ans à les repomper l'air de rien lorsqu'ils étaient bien rédigés. Huit ans à les maudire lorsqu'ils étaient mal écrits... Bref, je me retrouve à la projection de L'ÂGE D'HOMME, début juin, convaincu de deux choses :

1 - Ils sont complètement fous de me proposer un truc pareil puisque je vais refuser.
2 - Si par miracle, le film me plaît, je vais leur demander tellement de fric, qu'ils ne pourront, en urgence, que trouver quelqu'un d'autre.

Alors ? Alors plantage total. A tous les niveaux.
Et pour tout dire, je n'avais franchement pas prévu ce cas de figure : j'ai aimé le film. Sa maturité, son humour, son maintien, son port de tête jusqu'à la fin.
L'ÂGE D'HOMME est un film « casse gueule » au possible. A 30 piges, on fait quoi ? On pensait qu'on allait mourir, on avait prévu tout jusque là, mais non, on se réveille un sale matin en réalisant que le flipper a tilté, qu'il nous offre 30 années supplémentaires, au minimum. Que faire ? Une famille à construire ? Un gosse ? Un rêve ? Un projet ? Un emprunt ? Une carte à l'UMP ? Et ses vergetures ?
Alors, à 30 piges, on fait quoi ? On arrête ? On commence ? On devient réalisateur ? On a peur de tout et de son contraire. Peur de s'engager, peur de ne pas s'engager, peur d'être père, peur de ne jamais le devenir. On pense à cette phrase de Woody Allen : « La vie est un restaurant petit, moche et cher. En plus, c'est trop court. »
Le film se balade sur ces questions et il sonne juste, toujours à deux doigts du plan de trop, il se rétablit, funambule né avec une cuillère en talent dans la bouche, il revient par le sourire ou l'émotion, il rejaillit par la grâce d'un type sûr de vouloir faire un enfant à une lesbienne, certain d'en être le père, il se solidifie avec le jeu d'Aïssa Maïga, incroyable comédienne, déjà aperçue dans JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS, un fille de rêve et bien réelle, une fille qui donne envie de se prendre la vie en pleine face, quelque soit le prix des rêves que l'on se doit d'abandonner.

Enfin, le réalisateur, Raphaël Fejtö a osé faire du cinéma. A savoir, aucune obligation de résultat d'être drôle toutes les sept secondes, à savoir, pas le moindre Michaël Youn pour imiter Jim Carrey.
Fejtö a commencé comme comédien dans AU REVOIR LES ENFANTS. Son pote de classe s'appelait Romain Duris. Duris n'avait jamais fait de cinéma. Raphaël, déjà réalisateur dans sa caboche d'ado, savait déjà que c'était Romain l'acteur.

L'AGE D'HOMME est un film inclassable. Un film que l'on peut considérer comme un hommage à Brassens et à ses passantes.
Un film qui répond enfin à la question suivante : « Clément Sibony a-t-il résisté à la coke depuis DEJA MORT ? » Réponse, oui : « Il vit en couple et va s'acheter un frigo. »

L'ÂGE D'HOMME est un film qui nous balance le poème suivant : Romain Duris. Duris est plus qu'un grand comédien, c'est une suite interrompue de gestes réussis. Il est drôle, fragile, énervé, perdu, volontaire, burlesque et flippé d'un rien comme on l'est tous. C'est Belmondo dans L'HOMME DE RIO sauf qu'il n'a pas besoin de partir au Brésil, c'est un Harvey Keitel des années 70 qui saurait danser.

Cette année, dans un livre sublime, l'écrivain Jean-Marc Parisis a écrit : « En temps de paix, la douleur d'amour est la seule peine considérable. Celle que l'on ne soupçonnait pas, qui vous étonne, vous perd, vous épouvante par son pouvoir de déportation, d'avancement, de transcendance. On s'y sent si vivant, mais si loin de ses bases. »

Merci pour ce film, digne, l'air de rien, du couple et de ses grands voyages.
Lauralou

 
Un très beau texte...
Film sublime...
Sans parler des acteurs, excellents!!
Tout est dit...
...Bravo!!
 
Posted by Lauralou on Sunday, September 30, 2007 - 5:40 PM
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