« Question : qu’est-ce qui singularise l’Echoes de Christophe Leloil de la
cohorte de disques post ou hard bop reçus par dizaine à la revue ? Sans
doute une intention et un questionnement de musicien quant à sa propre place au
sein de la jazzosphère. Soit la pleine conscience de passer après Miles, Tom
Harrell, Woody Shaw, Clifford Brown et de vouloir, sans bouleverser les formes,
faire exister une pensée compositionnelle et instrumentale,
ici non négligeable. Bref penser et agir ;
ne pas bêtement ânonner des schémas entendus mille fois et dont a été perdue
depuis longtemps la signification même. C’est ce que tente et réussit magnifiquement Leloil ici car le jazz du
trompettiste est un jazz qui sait
rebondir, varier les climats, abonder de traits fertiles. C’est un jazz qui sait surprendre, bouger, se
déconstruire pour mieux se reconstruire ; un jazz où le chorus est une
chose sérieuse et à ne pas prendre à la légère ; un espace temps où la
sensibilité peut s’exprimer sans barrage ni interdit.
Christophe Leloil est aussi un remarquable directeur de casting qui sait magnifiquement s’y prendre
pour faire briller ses partenaires
(Raphaël Imbert en pyromane dolphyen, Carine Bonnefoy en pianiste ô combien
généreuse, Cedrick Bec et ses toms rebondissants, Thomas Savy et ses
clarinettes boisées, Simon Tailleu sa contrebasse relais).
Et puis un disque où
une composition telle que Roulette Russe
ferait presque office de bonus track au Kind
of Blue de qui vous savez, ne peu décemment être un mauvais disque. Celui-ci
est un régal. »
Luc Bouquet Impro
Jazz (Avril 2009)