L'heure actuelle est aux collectifs de tous poils :
collectifs de soutiens à diverses causes humanitaires, collectifs de co-propriétés, collectifs syndicaux et collectifs artistiques, ...
Comme beaucoup d'entre nous, en survolant les grandes lignes, regardent rapidement surtout la première et la dernière de chaque paragraphe, ce n'est pas un hasard si j'ai nommés les différents types de collectifs dans cet ordre-là, explication :
- j'ai un certain respect pour les collectifs dont le but est de servir une cause noble, tout comme j'en ai pour notre bon vieux Jésus Cuistre qui rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les futurs inscrits à la COTOREP, et quoi qu'en disent les mauvaises langues, se bourrait la gueule avec ses potes, bouffait comme quatre et baisait tout ce qui bougeait
- j'aime les collectifs artistiques autant que j'aime les sports collectifs du genre football, rugby, baskett et handball avec tous les 'putain, enculé pourquoi tu l'as pas rattrappée la balle!', les 'à cause de ce gogol on s'est fait marquer un but con', et autres mots de la tremps de 'connard', 'abruti', 'oh l'bouffon', et encore chants de guerriers victorieux à la fin du match où ça meugle dans tous les sens 'et on lui pèlera le jon, à la une à la une...', je trouve que ça rentre assez souvent dans le même genre de démarche artistique.
- quant aux autres collectifs de tous poils (dans la main, pubiens et consors), aussi bien ceux de copropriété, que les collectifs syndicaux ou tout autre colectif que j'ai certainement oublié malgré leur grande importance à mes yeux, comme il me semble l'avoir déjà dit à propos de la Gueule du Monde, j'en ai absolument tout à me contrefoutre.
Prenons maintenant le sujet dans le sens inverse :
- les collectifs sans grande originalité, tels ceux qui se laissent docilement créer par une poignée d'abrutis se constituant en troupeaux de moutons d'entreprises diverses, petites, moyennes et grandes, ont pour but de dénoncer ils ne savent pas encore trop quoi, mais en tout cas il faut le dénoncer, avouons donc que cela reste relativement innofensif, donc pas trop dérangeant, d'autant que pour tout un chacun qui n'a pas grand chose à faire de ses journées, à observer, ça peut parfois prendre un aspect quelque peu comique. Et puis ça occupe les gens alors grand bien leur fasse.
- les collectifs d'artistes, quand à eux, souvent pluridisciplinaires et toujours en lien avec les artistes du milieu musical et/ou du milieu théâtral, sont pour ainsi dire, toujours (ou presque) créés par 1 groupe ou 1 artiste (exceptionnellement 2, et j'avoue que je mets le presque entre parenthèses pour la forme car, autant j'ai eu l'occasion de constater le 'toujours', autant je n'en ai pas le souvenir pour le 'presque' !), et ce dans le but de 's'entraider', parce que 'quand on est plus nombreux on est plus fort, il est plus facile de se faire entendre'. Je trouve cela absolument suberbe car, ces notions sont fortes de sens : le but de 's'entraider' implique les personnes concernées (en un seul mot) à penser : 'entraidons-nous, entraidez-vous', or fréquente se trouve être l'opportunité de comprendre le sens caché pour les braves à l'initiative de cette belle action qui n'est autre que 'entraidez-nous, entraidez-moi'.
En outre, pour être plus fort en étant plus nombreux, il est facile d'observer la proximité de cette démarche avec celle de 'LA! GREVE! TOUS ENSEMBLE TOUS ENSEMBLE' (bien sûr en ayant commencé par oublier pourquoi on faisait grève), la commune démagogie avec des phrases que l'on ne connait que trop, comme 'ENSEMBLE TOUT DEVIENT POSSIBLE', et enfin, s'il est plus important, pour se faire entendre, d'être plus de quatre (Brassens disait une bande de cons) en faisant plus de bruit, que d'avoir des choses intéressantes à dire, cela en dit long sur le fond du discours. Et puis surtout, l'expérience à l'appui montre qu'on ne peut être mieux servi que par soi-même... ou par d'autres ne camouflant pas qu'ils ont à gagner à nous servir!
Pour finir avec ce paragraphe, Desproges disait que l'intelligence d'une cause se divisait en le nombre de personnes qui la défendaient, et que la frontière entre le signe des nazis et le poing tendu en avant dans les concerts de Francis Lalanne était minime, qu'il était con ce Desproges! (NDLA : note de l'admirateur)
- il faut toujours finir sur quelque chose de positif : les collectifs de soutiens aux différentes causes humanitaires, pour commencer, sont créés avec beaucoup d'énergie par des gens qui en ont pleinement à consacrer à ça, et non à se dépatouiller comme ils peuvent de leurs ennuis, donc des gens qui généralement ne sont pas directement intéressés par l'action de leur collectif, je donne l'exemple de SOL-EN-SI, celui de la CIMADE qui fait beaucoup parler d'elle en ce moment, et bien d'autres encore. J'ai plus de soupçons sur eux d'une réelle sincérité dans la démarche, et vous allez me dire, c'est marrant, on entend beaucoup moins souvent parler de brebis galeuse dans ces actions-là (puisque tout à l'heure je parlais de moutons, revenons-y), tout simplement parce que, bien que la possibilité de me tromper soit omni-présente, comme finalement les seuls intéressés directs par l'actions, sont les défendus et non les défendants, il semble beaucoup plus évident de faire marcher tout le monde dans le même sens, même si le résultat est de moins en moins garanti, grâce à un système qui musèle de plus en plus tout ce qui pourrait entrer en contradiction avec son mode de fonctionnement (comme les pittbulls) ... je constate en allant sur certains de leurs sites internet que leur action est toujours intense, et leur motivation ne dépérit pas.
Pour anticiper d'éventuelles remarques sur les citations de Desproges, j'ajoute qu'elles s'appliquent beaucoup plus aux catégories des collectifs artistiques, et même des collectifs syndicaux qu'à ceux de soutiens aux nobles causes, car je reste convaincu (pareil, en un seul mot) que lorsque l'on n'est pas directement touché par les idées que l'on défend, on a beaucoup plus de facilité à rester objectif, ce qui pourrait expliquer que le phénomène de division de l'intelligence décrit par Desproges puisse se substituer à celui de l'addition, dans le cas de certaines actions humanitaires.
En conclusion, mes respects à tous les pittbulls sus-cités, et merci de votre attention, bonne journée à tous.