MySpace
myspace music


Kent Cokenstock



Last Updated: 11/26/2009

Send Message
Instant Message
Email to a Friend
Subscribe

Status: Single
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 7/5/2007

My Subscriptions
October 6, 2009 - Tuesday 
Mardi 14 avril

Nouvelle journée avec Ludo. Nous démarrons avec CONGAS ET MARACAS, sur une idée d'arrangements que j'ai eue très récemment pour emmener le titre sur un sentier qu'il n'a pas encore pris. C'est peut-être, sans doute, une des chansons que j'ai le plus jouée, un des rares titres de Starshoot' n'ayant pas eu droit au purgatoire.

Claquements de doigts, un texte en prose introduit le propos. Texte qui m'a été inspiré par un bar havrais où Jérôme Soligny m'emmena un soir. Fred est à la basse, Ludo à la guitare électrique, moi au chant. La première prise est la bonne. C'est Bertrand qui le dit derrière la vitre de la cabine de contrôle. Je demande quand même à faire une autre prise. À l’écoute des deux enregistrements, je dois avouer que Bertrand a raison : la première prise est la bonne malgré ou plutôt grâce aux imprévus qui la jalonnent et qui sont autant de rebondissements inattendus et enrichissants.

 

crédits : Marie Planeille


Barbara Carlotti arrive pour chanter TOUS LES MÔMES en duo. Élégante, décalée, charmante comme de coutume. Nous avons déjà beaucoup répété la chanson ensemble, mais comme Barbara est fort consciencieuse, on en remet une bonne couche en compagnie de Ludo avant de commencer les prises. Car la chanson se fera à deux voix et une guitare, c'est tout. C'est tout et c'est beau, c'est en boîte à la deuxième prise. Nos voix se marient bien, la chanson sonne comme une berceuse.

J'aimerais boire un thé tranquillement en compagnie de Barbara, en grignotant des macarons pour prolonger ce bon moment, mais il est plus judicieux que je profite de la présence de Ludo, qui ne sera plus là demain, pour avancer encore sur d'autres titres avant le soir.

         Nous nous mettons sur PAROLES D’HOMME, prévu en duo avec Agnès Jaoui. Fred nous donne une rapide directive avant de nous abandonner pour se rendre sur le champ au Crazy Horse rejoindre Découflé. Ils travaillent à la nouvelle revue. Nous enregistrons le playback selon ses conseils. Le résultat est plutôt pauvre. Il a dû oublier un détail essentiel dans le string en strass d'une fille du Crazy. Tandis qu'avec Bertrand, je réécoute en maugréant le maigre instrumental, Ludo, déjà prêt à partir, le blouson sur le dos, trouve une idée et s'en retourne nous la jouer sans plus attendre. On l'enregistre immédiatement. Une seule prise, improvisée de bout en bout, mythique. Merci Ludo.

La journée s'achève. Je laisse Bertrand à ses occupations. J'aurais bien fini au restaurant aujourd'hui afin de casser la mécanique du quotidien. Mais les personnes autour de moi étant occupées, je me contenterai d'un débriefing à la terrasse du bar à côté, en compagnie de Benoît. Nous discutons du déroulement des séances, de mes doutes, de mes affres. Je me lasse rapidement d'être le sujet de la discussion. Alors nous parlons d'autre chose, du dernier livre que je lis, DEMAIN LES POSTHUMAINS de Jean-Michel Besnier. Livre bouleversant bien des idées reçues sur la notion d'humanité.


MERCREDI 15 AVRIL

Excellente matinée. On met rapidement en boîte MÉTROPOLITAIN puis RESTE ENCORE. Pause sandwich au soleil sur un banc des Buttes-Chaumont en compagnie de Jil Caplan et Marie Planeille qui photographie les séances.



crédits : Marie Planeille


Arthur H est avec nous cet après-midi pour BETSY PARTY. Contrairement au duo avec Barbara, ici, pas de longue répétition préparatoire pour des harmonies vocales en dentelle. Tout doit passer dans l'énergie spontanée, comme si Arthur me rejoignait sur scène à l'improviste. Et ça se déroule ainsi. Le morceau dégage une joie contagieuse et la voix d'Arthur est exactement ce qu'il fallait pour lui apporter un nouvel attrait.

Comme avec Barbara, fi des politesses, nous nous devons d'enchaîner les chansons, quand bien même le rythme soutenu de travail me laisse penser désormais que nous aurons le temps de tout faire. Au revoir Arthur et Betsy, bonjour J'AIME UN PAYS. Le piège de la chanson incontournable. Depuis des mois, j'argue du fait que le disque n'est pas un Best of commun, compilant des tubes, mais un panorama de ce que j'ai été, de ce que je suis intimement à la lumière d'aujourd'hui. Sinon autant mettre bout à bout les versions originales. Mes partenaires « commerciaux » me demandent quand même de tenter le coup avec J'AIME UN PAYS. C’est un peu mon Gérard Depardieu, nécessaire à l’affiche. Mais, dès les premières prises, on se rend vite compte qu'il y a une incompatibilité rythmique entre Fred et moi, que nous n'avons pas décelée en concert, privilégiant le joyeux bordel à la rigueur musicale. En gros, je pense le morceau en binaire et lui en ternaire. Je joue européen et lui américain. L'écoute impartiale du studio ne pardonne pas cette mésentente. Nous n'arriverons pas à l'enregistrer ensemble. Comme il est tard, nous remettons l'ouvrage à demain. Je suis contrarié par ce contretemps et le problème soulevé. Ce soir encore, j'aurais aimé que l'équipe dîne ensemble pour nous voir autrement qu'en bêtes de somme. Mais tout le monde a des obligations. J'arrache un apéro de justesse qui me rend plus mélancolique qu'autre chose. La maison vide, le frigo qui maigrit faute d'avoir le temps de faire les courses n'arrangent pas mon humeur. Bien que je commence à accuser la fatigue du travail soutenu, j'ai du mal à aller me coucher et me laisse trimballer dans les méandres de l'Internet à la recherche de rien jusqu'à l'exaspération.


JEUDI 16 AVRIL

En arrivant je demande à écouter de suite J'AIME UN PAYS. C'est nul. Je rejoue complètement le titre, seul, guitare et voix séparées, pour assurer une base. Fred ajoutera une mandoline plus tard. Pour l'instant nous finissons les derniers morceaux joués à deux. UN PEU DE PRÉVERT est plié en deux prises. La deuxième est la bonne, nous ne touchons à rien. Joie et soulagement. J'appréhendais de chanter et jouer la chanson en direct à cause des parties guitare successives, pas toujours facile à enchaîner. Médiator, arpèges, médiator… C'est ça, le studio : les bonnes et les mauvaises surprises sont rarement là où on les attend.

LES VRAIES GENS, par exemple. Chanson facile à interpréter. Pour s'amuser on y colle une des boîtes à rythmes de Lilicub. Commence alors une série de prises de tête sur le mélange des sons de la boîte avec les guitares, puis des guitares entre elles. Adieu la spontanéité, mauvais signe.



crédits : Marie Planeille


Fred attaque ses overdubs. Chamberlain nostalgique pour LES ÉLÉPHANTS et PAROLES D'HOMME, plus du piano pour cette dernière ; orgue Hammond crève-cœur sur MOIS DE MAI ; mandoline sur J'AIME UN PAYS qui me semble bien nu.

Lorsqu'on travaille dans le minimalisme, si une chanson paraît nue, ce n'est pas par manque d'arrangement, c'est parce qu'on n'a pas su capter l'émotion.  La journée a démarré dans l’agacement et finit dans le doute, au bord du cafard à cause de cette chanson. Le disque est bientôt bouclé, est-il bon ? Pourquoi est-ce que je m'évertue à vouloir sortir encore un album après tant d'années ? J'ai l'impression aujourd'hui que ce métier m'apporte plus de déconvenues que de joies. Ce n'est pas la première fois. J'ai déjà ressenti cela durant la réalisation de CYCLONE, mais je savais, à l'époque, que c'était passager, lié à un contexte foireux, plus personnel que général. Aujourd'hui je sais qu'en général, on ne suit pas la carrière d'un chanteur. La plupart des gens attendent de lui qu'il les ramène où ils l’ont connu. Le plus souvent, son évolution, ses remises en question, son âge même, sont des entraves à l'intérêt qu'ils lui portent. Et puis aujourd'hui, surtout, le contexte foireux est général. Pas besoin d'un dessin, plutôt d'un whisky.

Message d'Agnès (Jaoui) qui ne pourra pas venir chanter durant ces séances. Cela se fera donc en juillet. Message de Calo (gero), débordé, qui me promet de nous voir avant mon départ pour Berlin. J'ai écrit un texte pour son album, il m'a écrit une musique pour le mien. C'est tellement simple parfois de faire des chansons.


VENDREDI 17 AVRIL

Fred Pallem n'est plus avec nous, il est parti vaquer à d'autres occupations musicales.

J'enregistre la guitare et une voix pour JE SUIS UN KILOMÈTRE. En juillet, Dominique A chantera avec moi et rajoutera quelques overdubs de son cru. Je lui laisse arranger la chanson car il m'a inspiré en grande partie l'aspect minimaliste de PANORAMA. Une manière de clin d'œil.

J'enregistre ensuite la guitare et la voix définitives de JUSTE QUELQU'UN DE BIEN destiné à Suzanne Vega dont je suis sans nouvelles. Gerry Leonard m'a fait une très belle guitare pour le titre. J'espère que Suzanne aura le temps de faire sa voix avant qu’on ait fini.

Le rythme de la journée est assez soutenu. Je finis la séance en chantant LES ÉLÉPHANTS.

Je crois que je n'ai pas été aussi fatigué après des journées de studio depuis le dernier album de Starshooter. À l’époque j'étais victime de l'exigence sans faille de Mick Glossop aux manettes qui repoussait sans cesse les limites de nos capacités. Aujourd'hui c'est le nombre de chansons enregistrées en si peu de jours et la double casquette d'artiste-producteur qui m'éreintent. Heureusement ce soir, nous dînons en groupe dans un drôle de restaurant chinois végétarien, tout près de chez Barbara Carlotti qui d'ailleurs se joint à notre table. Je finis tard la soirée au bar d'à côté en bonne compagnie. L'enthousiasme de Jil (Caplan) pour le projet et les margharitas ont raison de ma fatigue et de mes doutes.


SAMEDI 18 AVRIL

Réveil évidemment difficile suite aux tardives agapes de la veille. Il pleut tristement.

Je fais des voix témoins sur PAROLES D'HOMME pour Agnès. La chanson baigne dans une belle ambiance mélancolique. Je m'embrouille un peu, beaucoup, sur une harmonie plus compliquée que prévu. La fatigue nerveuse me joue des tours.

Thierry Romanens nous rend visite avec un ami. On leur fait écouter CASH, bien évidemment. On profite de leur présence pour rajouter des claps à BETSY PARTY. Thierry parti, je fais la voix de AU REVOIR ADIEU. Je n'avais pas remarqué à quel point le titre sonnait rockabilly. J'enchaîne avec UNE VILLE À AIMER, un peu dans le même esprit, mais je m'épuise et abandonne en cours de route. On passe aux guitares électriques de LÉO SONG où, là aussi l'asthénie me joue des tours. Il faut pourtant finir.

Bertrand commence les mises à plat des chansons. Je finis la voix de UNE VILLE À AIMER. On écoute les titres du premier jour. PAPILLON DE NUIT me laisse sceptique. Une chanson guitare-voix doit faire dresser les poils des bras sinon c'est raté. On se dit qu'on l'essaiera à nouveau en juillet. Nous passons avec anxiété à l'écoute de À QUOI RÊVONS-NOUS ? Va-t-elle nous faire le même effet ? Non, la magie est bien là, il se passe vraiment quelque chose durant la chanson. Je suis soulagé.



©Jil Caplan


Voilà, c'est terminé, je n'ai plus rien à faire. Il est 22h. Je range les guitares dans leurs caisses, elles ont bien travaillé. Nous aussi. Il est tard, j'ai faim, j'ai envie de me retrouver dans les rues d'une ville à aimer. Je rejoins Jil et Jean-Chri à une terrasse de café dans le Marais jusqu'à ce que la fatigue me somme de rentrer, maintenant, tout de suite, avant que ça ne soit trop douloureux.


LUNDI 27 AVRIL

Déjeuner avec Jil Caplan avant de nous rendre chez Calo pour enregistrer une voix témoin sur la démo de la chanson PANORAMA. Sa mélodie est belle et simple et forte. Je sens aussi que Calo se retient dans les arrangements pour bien rester dans l'esprit de l'album. Si la chanson se démarque trop, cela sera néfaste à l’unité de l'album.

Je traverse à pied Paris pour me rendre chez Agnès. Elle me reçoit dans son grand appartement tortueux, au joyeux bordel ambiant. Nous parlons de choses et d'autres en buvant du thé avant d'écouter la mise à plat de PAROLES D'HOMME. Nous esquissons un début de travail, mais deux enfants tout mouillés, surgissant de la salle de bain, interrompent notre travail. Nous nous donnons rendez-vous à mon retour de Berlin pour une répétition plus sérieuse.


à suivre...

amanda

 
salut kent,
j'adore ta chanson "panorama".
amanda
 
Posted by amanda on October 6, 2009 - Tuesday - 5:09 PM
[Reply to this
Janine

 
j'ai hâte de découvrir tout l'album
Lundi prochain !!!
 
Posted by Janine on October 7, 2009 - Wednesday - 6:01 PM
[Reply to this
Polo

 
Moi je suis triste de ne pas avoir chanté une chanson avec toi...
Ouiiiiiiiiiiiin !


 
Posted by Polo on October 8, 2009 - Thursday - 11:05 AM
[Reply to this