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Stefan Filey : Un gars qui n'a rien à envier aux américains...
Première Partie
Stefan Filey c'est "Un gars qui n'a rien à envier aux américains", comme le dit Joon (Rimshot Crew). Il puise son inspiration dans la musique afro-américaine. On voit d'ailleurs clairement cet héritage artistique sur son premier album "Soul Influence". Serait-il de retour ? C'est simple pour le savoir, il suffit de lire...
Avant tout, peux-tu nous raconter brièvement ton parcours?
J'ai commencé le chant à l'église avec mon frère à l'âge de 6 ans. Je suis vraiment imprégné de la culture afro-américaine, à travers le gospel, le negro-spiritual. Par rapport à ça, j'ai essayé de me développer artistiquement avec mon frère, en créant le groupe Sweetness. On a commencé à faire des concerts qui ne rentraient que dans le cadre de l'église, puis des festivals. Après, on a suivi notre chemin, on a fait énormément de concerts, la première partie de Michael Jackson, les premières parties d'Obispo lors de sa tournée française. Mais malheureusement au niveau discographique ça n'a pas suivi, les maisons de disques ne comprenaient pas vraiment nos attentes. Mais on a pu s'accomplir en tant qu'artistes en faisant beaucoup de scène.
Mais pourquoi vous êtes vous séparés ?
Comme vous le savez, un groupe ça a une durée de vie limitée. Chaque personne a envie de se connaître artistiquement, on a donc décidé d'arrêter. Piero Battery qui a créé sa structure et sort les compilations Gospel Act. Mon frère sort bientôt son album. Et moi j'ai suivi mon chemin.
Lorsque vous vous êtes séparés, vous saviez déjà ce que vous vouliez faire ?
Non pas du tout, on était un peu en saturation. Moi, je suis parti de zéro pour faire cet album en 2002, Soul Influence. Je pensais vraiment pas à un projet solo. Et quand le groupe a arrêté j'ai décidé de faire des morceaux, de me lâcher et de sortir cet album.
Ce fut difficile de sortir l'album ? On a voulu t'imposer un style, te formater ?
Pas du tout, j'ai rencontré Voix Publik, qui a produit Kayna Samet entre autre et Matt à l'époque. Et j'ai vraiment eu libre cours au niveau de la créativité, au niveau de mes aspirations et par rapport à ça j'ai vraiment lâché. Il y a un côté naturel dans cet album. J'ai pas du tout pensé au formatage radio.
Et tu n'avais pas peur de sortir l'album ? Que ça ne marche pas ?
L'album est sorti seulement dans l'optique de me faire connaître, de faire du live, de faire un petit peu de buzz. C'était un album sans prétention. On parle beaucoup de nu soul en France, mais avant il faut faire de la soul. Il faut connaître les bases. Les américains sont déjà à ce stade là, en France on est un peu en retard. Pour moi c'était le passage obligé, de faire les choses comme ça, de rendre hommage à l'héritage. Et si j'étais allé à la nu soul directement j'aurais manqué une étape. Et il y a beaucoup de gens qui voient le résultat et qui manquent l'essentiel, l'héritage, la profondeur et ça passe par connaître cette tradition. C'est pour ça que cet album est un peu old school. Et il n'y a aucune programmation, tout est joué au live.
Tu prépares un nouvel album ?
Oui, je prépare un nouvel album. J'ai fait plusieurs morceaux, où je produis. Je suis instrumentiste pianiste, donc je produis les morceaux moi même. J'en fais un maximum et j'irai démarcher quand je me sentirai prêt.
Tu as bientôt fini ?
On va dire que j'ai les trois quart des morceaux. Mais au niveau de démarchage j'ai pas trop forcé auprès des maisons de disque. Je préfère faire les choses de manière naturelle et après on verra. J'ai des connexions à l'étranger, pour l'instant je suis plus focalisé sur cette connexion et c'est peut être pour ça que je calcule pas trop ici.
Il y avait une rumeur à un moment sur le forum, sur tes collaborations à l'étranger, comme quoi tu étais en contact avec Kanye West, c'est vrai ?
C'est vrai que je suis en connexion avec des américains, mais je peux pas vraiment en dire plus pour le moment (rire).
Tu prévois des collaborations pour ton album ?
Pour l'instant je sais pas. Vu que je fais seul cet album, j'ai pas trop pensé à ça pour l'instant.
Dans les morceaux que tu as fait, y a-t-il un changement par rapport au premier album ?
Oui, au niveau de l'instrumentation c'est proche, mais c'est au niveau de l'approche rythmique. Les métriques et les rythmiques sont plus proches du hip-hop, ce qui fait que c'est un peu plus moderne. Mais pour moi ça reste de la soul, en français bien sûr.
Sur la maquette il y a une reprise de Téléphone, "Un autre monde". Pourquoi avoir choisi ce titre ?
Le reproche que je fais au mouvement nu soul, c'est que c'est trop axé sur le style et parfois ça manque de composition, de chanson, de mélodies. Je voulais faire un exercice de style avec une chanson française, à savoir "Un autre monde", la faire à la sauce hip-hop / soul. Je trouvais que c'était un bon exercice, montrer qu'une belle chanson reste une belle chanson, je trouve que c'est une belle chanson au niveau mélodique, il y a beaucoup d'espace. Elle me fait vraiment penser à la musique anglo-saxonne. Et vu que moi, je ne suis pas vraiment chanson française, quand je dis ça c'est que je me sens plus proche de la musique afro-américaine ou anglo-saxonne. Je trouvais que c'était la chanson la plus adaptée pour lui donner un style soul.
Tu parles beaucoup de musique afro-américaine, c'est tes parents qui t'ont initié à ce style ?
Mes parents, mes cousins et les membres de ma famille m'ont fait découvrir ce style. Après, c'est de la recherche personnelle. De la même manière j'ai appris le piano en autodidacte, et c'était aussi de la recherche personnelle. J'avais vraiment envie d'avancer, alors j'ai étudié. C'est un plaisir de travailler aussi bien des mélodies, des phrasés... Ce sont des choses qui me passionnent. Il faut vraiment toute une vie pour se sentir épanoui.
Quels sont les artistes qui t'ont le plus influencé ?
Je dirais que toute la soul, tout ce qui se faisait chez Motown, chez Stax. J'ai écouté beaucoup de chanteurs mais j'écoute beaucoup d'instrumentistes.
ll n'y en a pas un qui ressort plus que les autres ?
Je suis un fan de Marvin Gaye. J'écoute autant de saxophonistes comme Coltrane, de trompettistes comme Miles Davis, que de chanteurs. Mais je suis pas un pro chanteurs. Je trouve toute l'inspiration dans la soul, la période Blue Note, des années 50 aussi, pour trouver mon propre style.
alisha-world - jeudi 2 février 2006
2:08 AM
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