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Doris

Laura Pagano


Last Updated: 7/2/2009

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Gender: Female
Status: Single
Age: 22
Sign: Aquarius

State: Rhône-Alpes
Country: FR
Signup Date: 7/19/2007
Saturday, December 29, 2007 
Chapitre 13 : Regarde…

3h30…Retour de soirée, moi et J. assis ou du moins affalé sur un banc, clope au bec, en plein bad… ce qui donne :
-    Tu crois franchement qu'ils se rendent compte ces cons à quel point ils sont cons ?
-    Bein non sinon ils arrêterait d'être con
-    Ah bon ?
-    Bein oui
-    J'en ai marre
-    Moi aussi j'en ai marre
-    …
-    …

Grosse déprime en vue, mais on est là, à se faire porter par le vent, par la fougue de la grande ville, nous les inconditionnelles contradicteurs et chieurs, oui on peut le dire.

On s'est arrêté de boire, de fumer, de danser, et on s'est assis ce soir là sous les gouttes de pluies, dans une rue calme et déserte mais vu l'heure pas étonnant. Des silences, des plaintes, des silence encore et puis des coups de gueule puis, des rires, des sourires et des espoirs. Mais voilà le retour de la sombritude des êtres si darkness que nous sommes. En sa présence d'anglophone majestueux et so chic, voyez, je ne peux m'empêché de faire l'anglo-saxonne.

Pitoyable, enfin revenons à nos cafards. Cette discussion d'ivrogne sobre n'avait ni queue, ni queue, c'est pour dire comme ça volait haut. Oui mais non je ne suis pas d'accord c'était profond, même peut être trop, car on est rentré chez nous encore plus déprimé, et sans avoir aucune des réponses que l'on cherchait si intensément. Mais, on avait au moins découvert qu'on portait en nous la même fragilité, le même amour pour cette vie ingrate et belle.
Et pourtant, lui je ne comprend pas, il pourrait être encore plus fort, parce que sa force c'est son intelligence. Je ne parle pas de toutes les choses qu'il connaît, qu'il a lu, qu'il a écouté… Non lui il a une richesse, une intelligence de la vie. Peut être que c'est une encyclopédie sur patte, mais c'est aussi quelqu'un qui a le savoir de la vie. En faite, lui, il sait vivre. Ce savoir là ne s'acquiert pas à l'école, il est inné, c'est en lui et cela le fait briller de gentillesse et de générosité. Peut être ne serait t'il pas d'accord avec ceci, mais ça serait sa modestie alors qui s 'exprimerait. Un être charmant ce Lozerois, Lozerien ?
Qu'importe, il était pourtant si triste ce soir là, si désabusé, tellement crevé de cette vie et de ces bouteilles vides encombrant son chemin.

J'aurais tellement aimé avoir son immense vocabulaire pour pouvoir lui prendre la main, lui sourire et le supplier de sourire à son tour. Mais non, je suis resté la inerte et titubante sous l'alcool, la gorge en feu à force de me retenir de pleurer et les yeux rouges de colère.

Colère contre moi, contre lui, contre l'autre, contre eux tous, qui restent comme moi ce soir là, inerte, incapable d'aucun gestes vers les autres. Contre tous ceux qui contribuent chaque jour à dégrader la vie de ceux qui s'acharne pour la conserver belle. Mais merde putain, pourquoi ne l'ai je pas secoué, pourquoi ai je tant bu, je ne suis même pas capable d'aider les gens à qui je tient. Je suis si fatigué d'être crevé et de ne pas être capable de faire quelque chose. Quelque chose de bien.

Après un silence qui était lourd de signification on s'est salué, il à pris le trottoir de gauche et moi celui de droite. Il se mit alors à pleuvoir plus fort, un amerloque chantait dans mon ipod des chansons déprimantes et je me mis à penser à tous ses mots.
Tous les mots qu'il m'avait dis, toutes les choses qu'il avait fait pour moi. Je réalisais qu'ils étaient peu à avoir contribué à ce que aujourd'hui j'ai encore envie de sourire et de rire. Toutes les ballades à point d'heure, plus particulièrement une me revint en tête. C'était, après un texto désopilant (Note De La Rédaction : « Je t'emmerde gros tas de graisse ») qui mit fin à une relation de 4 ans avec l'homme que j'aimais plus que moi même, plus que toi, plus que mon chien... J'avais décidé d'en finir avec la vie, mais je le ferai chez moi, dans ma baignoire et en écoutant Nirvana, pas dans la rue comme ça à 5h du mat'. Donc, en chemin avec ce grand monsieur qui me raccompagnait, pour être sur qu'il ne m'arrive rien, et puis aussi car il habitait tout près de chez moi, nous discutions. A bout de souffle dans les pentes de la Croix Rousse on à parler, j'ai pleurer, on a ris, on était trempé car ce soir la aussi il pleuvait. 1h plus tard enfin arrivé chez moi je me laissait tombé dans mon lit. Je n'avais plus la force de mettre ''Smells like teen spirit'', c'était peut être l'envie qui me manquait, je n'en sais foutre rien et quel importance ?

Les mots me manque pour dire comme je lui suis reconnaissante. Il ne le sait sans doute pas, mais il a changé beaucoup de choses en moi, avec quelques mots, voyez ainsi le pouvoir et la force des mots, c'est sans aucun putain de doutes les armes les plus aiguisés pour trancher à vif dans un problème.

En me rappelant ce qu'il avait fait pour moi, je fus triste et dépité comment avais je pus le laisser partir sans bronché. Ce soir j'avais baiser avec de la vodka, du vin et de la déspé, mais baiser avec fureur la détresse d'un ami en avais je été capable ? foutre non ! Je suis vraiment qu'une connasse alcoolique, j'aurai du m'assuré qu'il allait bien !

Je lui envoyais alors un texto pour me déculpabiliser un peu, mais ce la ne fonctionna guère : « Je me rappellerais de cette discussion longtemps, même si les amitiés de l'école n'ont pas de valeur pour toi, sache que si tu as besoin de quoi que ce soit, je serai là. C'est pas une promesse en l'air, promis ! J. Tu es merveilleux, ne l'oublie pas s'il te plais, et n'efface pas ce message tout de suite relis demain quand tu sera clean, tu es précieux n'en doute pas. Moi je sais que tu trouveras ce que tu cherches, la vie serait trop injuste sinon, dors bien. »

Il ne m'a pas répondu, j'ai failli déboulé chez lui pour lui dire en face que si ça allait pas, il fallait qu'il m'en parle.

Je m'en suis voulu, alors j'ai fait le ménage pour oublier, oublier que je m'étais mis ce soir dans le même panier que ces cons et que tout proche de moi, il y avait quelqu'un de rare que j'avais laissé filé se dénigrant, se rabaissant, ne connaissant pas sa propre valeur :
« Tu vois moi ma vie c'est une fuite, je ne connaît que ça la fuite ! Pffff »
Quand je pense à ses grognasses qui se la pète à longueur de journée et lui ce petit oiseau frêle et rieur qui coupe la branche sur laquelle il est allongé entrain de lire un essai philosophique. Mais pour aller ou ?

Où veux tu allé ? Arête toi, regarde comme c'est beau, regarde comme tu es beau, ne dis pas du mal de toi, c'est moi qui vais pleuré. J'aimerais être toi et pouvoir t'expliquer par A + B que tu te trompes et que tu n'es pas là par hasard, t'as une grande destiné. Mais vois tu comme j'en suis incapable, j'ai pas tout tes mots, ne m'en veut pas, mais fais ce que je dis !

Joss, fais ce que tu me dis de faire, vas y, c'est juste devant toi, regarde…

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