Voici quelques chroniques sur notre dernier opus "Smooth As A Riot":
NOISE MAGASINE:
L’un des rares albums fusion « candiriesque » depuis le dernier bon Candiria (ça date) vient de Paris, ça surprend. De source sûre (Paris, comme le monde, c’est petit), on les sait amateurs, et fins connaisseurs de jazz (le tout aussi fin), de musiques du monde (fines), de hardcore, grind, thrash, rock, noise, et plus… de King Crimson, Gaza, Converge, Nostromo, John Zorn, évidemment de Candiria, Coalesce… Coup de bol, les quatre gars maitrisent leurs instruments ; pour un premier album, et pour qui peut passer du coq à l’âne sans broncher, c’est épatant.
Passées les premières secondes menteuse planquées dans un metalcore brut, les quatre minutes de « Da Riddle » donnent le ton : break furieux, rythmes improbables et riffs-qui-tuent pour chant beuglé, avec son « raw » de chez « raw ». La suite ? Du multigoût multicolore multidirectionnel.
« Doux comme une émeute » : sec comme un mammouth et soyeux comme du barbelé. C’est du multi-stylistique menant ses accélérations à un train d’enfer, ses accalmies dans les sombres recoins (là, on pense à Comity), ou avec visage apaisé (chant clair sur plans progressifs jazzy, voir arabisant).
Dacast a du feeling et de quoi nous péter entre les oreilles. Ecorché, guttural, ou mélodique, le chant sait gérer, cru. Derrière, on ne peut pas reprocher grand-chose : la basse claque et groove, sans sourciller, les riffs sont incisifs, excitants quand il
faut, la batterie blaste, casse accélère, sans trembler. Le plus épatant, la preuve qu’ils sont au moins aussi malins que décontractés, c’est que ça ne pue pas le remplissage. Les parties les plus calmes, douces ambiances voire gentilles mélodies rock, ont du sens, s’inscrivent parfaitement dans l’œuvre. Idem pour les douze minutes du septième et dernier titre, down-tempo avec saxo déluré. Bref, c’est inspiré.
On prend le risque d’être lourd, on insiste sur le son. Son manque de profondeur (pour les ambiances les plus étouffantes, c’est dommage) est la limite entre Dacast et reconnaissance. Quand ils auront un peu affirmé leur personnalité, quand la prod’ sera au niveau des compos, quand ils seront (peut-être) encore plus délurés et sûrs de leurs instruments, on ose imaginer le rendu.
Note: 8/10
METALORGIE:
Dacast, c'est une espèce de fourre-tout musical. Premier album, un nombre incalculable d'influences (Converge, Dilinger Escape Plan, Nostromo, Norma Jean, Candiria, King Crimson, ...) pouvant faire penser à leurs ainés de Psykup. La liste des groupes précédemment cités peut faire penser à une énumération de tout ce que Dacast a pu écouter, sans forcement laisser porter ses notes par ceux-ci. Pourtant, ici, chaque nom est présent dans chaque passage de chaque morceau de Smooth As A Riot.
Pas d'intro, Dacast fonce dans le tas avec ce qui pourrait présager aux premiers abords un metalcore violent mais trop commun. Pourtant il ne faut pas attendre la fin de la première minute pour se demander si le quatuor n'était pas sous acides, si la personne ayant mixé le tout ne s'est pas emmêlé les pinceaux ou la chaine de production a déconné. Car le fait est là, en même pas 4 minutes, Dacast effleure plusieurs styles, sans pour autant s'accrocher à l'un pour pouvoir être identifié comme en faisant partie. L'exemple parfait de la schizophrénie musicale qu'à Dacast reste Animality : intro barrée, violente à souhait, suivie d'un passage presque atmosphérique, rock tiré d'un vieux film policier ambiance années 50, et le groove revient avec un passage dansant, enchainé avec retour au metal presque extrème (avec un air de As Everything Is A Tragedy de Comity). Si vous n'etes pas convaincu, vous pouvez tester Burstin' Out ou An Ordinary Drill, aussi variés et complexes. Un peu de musique progressive transparait même aux alentours des 4 minutes 30 sur An Ordinary Drill. Et quand le groupe s'essaye à du postcore lent, sombre, on ne peut que saluer l'effort et se recroqueviller face à tant de noirceur.
Cependant, trêve d'éloges, Dacast n'est pas exempt de défauts, comme cette voix sur Da Throne (Part.1), à l'accent parfois incertain ou ce chant sur Da Throne (Part.1), tout droit sorti de L'ombre et la Proie des Autruches. Malgré tout, ce ne sont que quelques passages disséminés le long des 38 minutes de cet album, qui ne choquent pas loin de là. A l'écoute de Smooth As A Riot, il ne faut pas avoir peur pour ses oreilles, ne pas être allergique aux changements de rythmes toutes les 10 secondes, ni, comme le dit si bien le groupe, aux mélodies agressives...
Smooth As A Riot part dans tous les sens, comme un feu d'artifice mal réglé. Dacast tente de mixer tout ce que le groupe ingurgite, sans distinction musical particulière, et cela marche. On a du mal à ne pas penser à Psykup à l'écoute de Smooth As A Riot, mais finalement, après plusieurs écoutes, une véritable identité musicale se dégage, éloignant le groupe de la catégorie de Clone de l'autruchecore. A écouter, vous ne le regretterez pas...
Note: 15/20
VS-WEBZINE:
Hu, on peut dire qu'ils étaient pas des mieux partis ceux là...Se présentants comme groupe de "metal fusion" en 2008, ils étaient aussi bien partis dans la vie que les mioches à Jojo Fritzl. Mais mes fantasmes de pouvoir descendre un groupe de vieux ados adeptes de basse funky et de textes pronant la révolution en t-shirt Goéland et colliers à pics ne se réaliseront pas. Flûte alors. Parce que Dacast fusionne, oui, mais autrement que les grands ados restés bloqués sur Rage Against The Machine depuis 15 piges.
En effet, à l'écoute de ce "Smooth As A Riot", on ira vite ranger les franciliens du côté de la franche chaotique du hardcore. Mais plus groovy que cathartique, plus Candiria que Converge, vois-tu? On retrouvera effectivement les éléments qui ont fait le succès de la formation New Yorkaise, hardcore métallisé ouvert sur d'autres horizons plus jazzys ou hip hop. Pas de surprise de les trouver en influence revendiquée donc, mais j'arrête là les comparaisons avec Candiria, les parisiens sont à 1000 lieux d'être ainsi résumables.
Car la bande, loin d'être un ersatz de la bande à Carley Coma, m'aura également rappelé tour à tour le Dillinger Escape Plan époque "Irony Is A Dead Scene" pour ce chant multi-facettes de chez multi-facettes, qui, si il manquera d'un poil de puissance dans les growls (j'aime bien faire chier pour des détails), n'en reste pas moins assez épatant de maîtrise. Dans le créneau "on en a bouffé du Patton nous aussi", la galette pourra évoquer un Psykup à la folie plus spontanée, tandis que les passages les plus noirs et violents pourront consoler ceux qui ne se seront pas remis du split de Comity.
Seulement consoler, car la prod', trop "smooth" pour cette émeute justement, ne met pas vraiment en valeur ces passages plus étouffants. Sur les passages plus empreints de finesse jazzy ça pêchera aussi, partout en fait, ce sera le seul vrai point noir de ce disque. N'empêche que Dacast réussi le tour de force de réussir à ne pas sonner cliché dans chacune des facettes de sa musique, tu sens que les mecs tâtent TRES sévèrement leur sujet. Je dirais même LEURS sujets, puisqu'entre hardcore chaotique, jazz, death, prog, parties arabisantes et hip hop (tout en gardant un semblant de cohérence, quand même), les gaziers se sont vraiment fait plaisir en balançant toutes leurs influences dans leur musique.
Et au final on obtient un second EP sacrément intéressant dans un créneau chargé à la gueule, qui, s'il ne révolutionne pas le genre, laisse entrevoir des perspectives d'évolutions assez tentaculaires pour le groupe. C'est vrai que le terme de "fusion" se devait d'être employé, y'a pas d'autres mots, sorry daddy. Alors filez-leur plein de thunes, achetez-leur des wagons entiers de ce "Smooth As A Riot" qu'ils puissent débarquer avec un premier album doté d'une vraie production, siouplé!
Note: 8/10
METALIZE-IT:
La répartition des CDs à chroniquer au sein de notre zine se fait parfois sur base de la 1ère minute d’écoute d’un album. Ca sonne death, c’est pour moi ! Cela explique en partie pourquoi j’écoute actuellement Dacast, quatuor français complètement barré. Car si la première minute annonçait un death pur jus il n’aura pas fallu longtemps pour que ça parte en couille dans tous les sens, empruntant tantôt au jazz, au grind à la pop ainsi qu’à tous ces néocourants appelés postcore, mathcore, metalcore voire hip hop auxquels je n’entends pas grand chose. Désolé pour les connaisseurs des genres mais c’est donc l’avis d’un néophyte que vous aurez sur ce coup. Ce qui n’est peut-être pas plus mal finalement. Cephalic Carnage me fait triper, Dillinger Escape Plan ne me laisse pas totalement froid, la cause n’était donc pas vaine. Après plusieurs écoutes, Dacast a réellement suscité mon intérêt, fusion des styles incarnée, un changement de tons toutes les 10 secondes a au moins l’avantage de soulager vos nerfs en vous nourrissant de temps à autre de plans qui déchirent selon vos propres goûts. Deux titres de cet album très justement nommé "Smooth as a riot" permettent d’entrevoir la richesse musicale de Dacast, la piste 3 "Animality" et le dernier titre "An ordinary drill" pavé de 12 minutes de sons divers agencés de bien belle manière. Soulignons les parties de basse judicieusement mise en avant sur cette galette ainsi que les variations vocales bien maîtrisées. Pour les fans de Converge, Dillinger Escape Plan, Comity,....
W-FENEC:
Quand un groupe évoque Converge, Dillinger Escape Plan, King Crimson mais aussi Nostromo dans sa biographie, on se doute bien qu'on va pas avoir affaire à une galette tout à fait normale avec ce nouvel effort 7 titres de Dacast intitulé "Smooth as a Riot". Et ça ne manque pas ! De ces groupes, les Dacast ont gardé un peu de chaque pour en reproduire un melting-pot au final assez personnel et convaincant pour que ça en vaille la peine. Au menu de ce Smooth as a Riot : une base foncièrement métal et hardcore avec des incursions plus aérées, la fuite du formatage et une propension pour les structures diversifiées, des changements de rythmes soudains et des ambiances propices à la schizophrénie, une multiplicité des chants et des pétages de plombs en règle qui s'alternent avec un calme souvent troublant. Si sur les phases les plus violentes, les Dacast ne s'extirpent pas de la masse des groupes de metal hardcore chaotique, c'est clairement lorsqu'ils laissent parler les mélodies et leur ouverture d'esprit, qu'ils modèrent leurs ardeurs/pulsions effrénées pour laisser la place à des humeurs plus tempérées et développeuses d'atmosphères que l'on découvre un groupe qui développe son "truc" : fulgurances jazzy sur "Da riddle", apesanteur vénéneuse sur "Animality", passage à la frontière de la mélancolie et de l'apaisement temporaire sur "The throne part I", incrustations vocales "orientalisantes" sur "Al Ard", respirations pop/jazzy rendant le retour à la brutalité forcenée encore plus jouissive sur "Ordinary drill" avec une conclusion d'un morceau qui semble se muer en une lente agonie d'une flamme intérieur que les Dacast peine à apprivoiser et éteindre.
Sur Smooth as a Riot, les Dacast démontrent à qui veut l'entendre qu'ils savent ouvrir les portes qu'il faut en terme d'ouvertures musicales pour capter l'attention et en terme d'évolution, ça peut être carrément excellent car soyons sur qu'ils défonceront les moindres petites opportunités à grand coup de pompes. Si vous aimez la singularité d'un Psykup et les territoires musicaux dotés de décibels fracassés et concassés avec précision, Dacast est de ce tonneau tout en prenant un chemin qui lui est propre : majoritairement plus extrême et beaucoup moins enclins aux refrains scotchants. Vraiment très prometteur.
METAL FRANCE:
Dacast, c'est quatre garçons d'horizons musicaux variés qui décident en 2002 de former un groupe. Les compos se veulent riches et métissées par les différentes influences de chacun. C'est ainsi que Dacast sort son premier quatre titres sous le nom de « Undertown Experiment ». Quelques années plus tard, et quelques concerts plus tard, le groupe revient avec "Smooth As A Riot", un sept titres enregistrés en 2006 "à la maison".
Voyons donc ce que le maxi en question a dans le ventre.
Le paradoxe chez nous, c'est que d'un côté les auditeurs (et donc toi, cher lecteur) aiment bien les étiquettes, histoire de bien définir dans quelle direction va frapper le combo. Et de l'autre les groupes qui se donnent un mal fou à sortir des sentiers battus. Pas de quoi nous faciliter la tâche à nous, les chroniqueurs. Mais pourquoi parler de ça maintenant ? Et bien tout simplement, parce que Dacast, semble jouer tout au long des 35 minutes sur le paradoxe et les oppositions.
"Smooth As A Riot" ou "calme comme une émeute", titre évocateur jouant sur la même corde paradoxale que leur musique. Cette dernière plutôt sombre et complexe qui jongle avec malice et talent entre les passages hardcore et les accalmies.
Le CD s'ouvre sur deux brûlots forgés dans le métal le plus pesant et malsain. Une sorte d'enfant illégitime de Converge et Meshuggah qui hurle pour faire entendre sa voix ! Des riffs complexes sur une rythmique décalée s'entrechoquent derrière un chant puissant et d'une variété déconcertante. En effet, il se veut guttural ou écorché parfois même clair, avec des phrasés inventifs empruntant au hardcore, au grind et quelque fois au hip-hop ! Les instruments iront puiser leur inspiration dans le hardcore, le metal et même dans le jazz, jusqu'au tréfonds du death.
Qualifier Dacast de Mathcore serait réducteur. Certes l'harmonie dissonante entre le hardcore et la mélodie est palpable, tout comme la complexité des rythmes inhérente au genre. Mais Comme le prouve le titre "Throne Part II", le groupe peut envoyer le bois de façon efficace en prévoyant quelques bouffées d'air Jazzy pour l'auditeur décidément bien secoué à l'écoute du maxi.
Soulignons également les deux morceaux qui se démarquent nettement des sept autres, à savoir, "Throne Part I", un morceau calme qui progresse vers une rage maîtrisée et retenue. Puis le très riche "An Ordinary Drill" long et technique morceau qui clôture en beauté le CD.
Les influences fortes suscitées par le maxi, en plus de celles que j'ai pu évoquer, permettent de tenter de situer la richesse de ce « Smooth As A Riot » qui jouit d'une sincérité et d'une bonne exécution, que la diversité des styles entremêlés ne vient jamais perturber mais au contraire accentuer. Cependant, ces mêmes références peuvent encore se sentir trop pesante, ce qui est normal et pardonnable pour un jeune groupe. Jeune groupe, certes, mais qui offre d'excellents moments. Dacast, une prometteuse machine de guerre à suivre de très près. N'hésitez pas à vous procurer ce maxi qui est à ranger entre Meshuggah et Converge. D'excellents moments on vous dit !
IMM3MORIA:
DACAST, c'est avant tout quatre gars. Quatre mecs ayant des préférences musicales bien marquées et toutes différentes les unes des autres. DACAST c'est aussi la liberté de parole de chacun des gars, la musique de la formation se voulant un savant mélange des influences de chacun. DACAST c'est des concerts un peu partout mais aussi et surtout la démo quatre titres « Undertown Experiment », qui donnait déjà un –trop- bref aperçu de ce que voulais le combo.
Bref, à présent, DACAST est une formation ayant bourlingué et accumulé assez d'expérience pour nous offrir sur un plateau cet E.P sept titres : « Smooth as a Riot ». Calme comme une émeute, titre évocateur qui résume assez facilement le contraste offert par la musique des DACAST.
Compositions complexes aux structures alambiquées, faisant la part belle aux brèves envolées agressives et aux ambiances jazzy, les morceaux de « Smooth As A Riot » sont particulièrement travaillés. On pense en premier lieu à CONVERGE ou a DILLINGER ESCAPE PLAN dans cette minutie de composition, cette agression savamment dosée dans chaque morceau, le groupe faisant preuve d'une grande maitrise dans son travail.
Mais si la maitrise est le mot d'ordre de l'opus, les riffs eux, font nettement plus penser au travail de King Crimson ou a des morceaux plus jazz, les compos laissant même parfois une grande place à la basse, énormément mise en avant à maintes reprises. On remarquera également l'extraordinaire travail vocal oscillant tantôt entre des lignes vocales empruntant au hardcore, au black ou au death mais flirtant également avec du hip-hop ou du slam, sachant là encore doser parfaitement les hurlements et le chant plus calme, plus posé alors que la batterie fait un énorme travail polyrythmique, prenant régulièrement l'auditeur à contre-pied.
Au final, on se retrouve avec un E.P pleins de surprises, débordant d'inventivité et mettant DACAST sur la liste des groupes à surveiller de très près.
NAWAK POSSE:
Embarquement immédiat sur la planète DACAST: " Smooth As A Riot " commence et on est directement dans le bain brûlant d'un Métalcore fougueux qui veut s'accaparer des passages Math. On remarque vite la complexité qui fait de leurs morceaux des performances plus que des compositions à apprécier : on en perd en clarté, il n'y a pas de passages plus forts que les autres. En fait, c'est comme un repas super bourratif : essayez d'enchaîner une choucroute après un cassoulet, à moins d'y être
habitué, on sature. Pour résumer, " Smooth As A Riot " : de la technicité pure et dure avec des variations par milliers au sein du même morceau. Ces morceaux semblent d'ailleurs faire la jonction entre ceux de PSYKUP et ceux de NORMA JEAN.
Pour le reste, la voix est classique pour le genre : violente, grave et claquante, une valeur sûre pour ce qui est d'un style tellement agressif.
En gros, cet album n'est pas destiné à un large public car trop ingénieux et recherché, ce qui fait aussi de lui une espèce de bête singulière et rare qui mérite qu'on s'attarde dessus.
Ca peut faire pompeux et chroniqueur en manque d'idées mais : " ce groupe est à voir en live " non seulement parce que sur Cd, c'est bridé et on a du mal à ressentir toute la violence issue de leurs compositions mais aussi parce que ça doit être très dur de jouer des morceaux si finement construits sans se planter...
METALSHIP:
Nerveux. C'est le premier mot qui vient à l'esprit quand l'album prend fin. Nerveux. Rarement une telle nervosité aura été atteinte dans un album de Metal. Mais attention, le mot est précis, nerveux ne veut pas dire agressif ou violent, non, nerveux dans le sens agité, un peu fou, agressif aussi bien sur, et sous tension... tremblant presque. Et ce qui est fort, c'est que même dans les passages jazzy, dans les passages acoustiques à voix claire et plus posés, une tension est maintenue. Cette nervosité est soignée. Que ce soit par un petit bruit stressant au fond, par des rythmiques un peu démembrée, ou simplement par la prod, Smoot As A Riot est atteint d'une rage. Si c'était un humain, les yeux lui sortiraient des orbites, la bave coulerait entre ses dents serrées, les veines dépasseraient de sa tempe, ses membres trembleraient, et il serait probablement dans la cellule d'un hôpital psychiatrique. Avec ses crises de folie et ses moments de calme. Parfois il mord tout ce qui est autour de lui, donne des coups de pieds et hurle, parfois il tombe au sol épuisé, mais toujours agité et tremblant.
Illogique. C'est le second mot qui vient à l'esprit quand l'album prend fin. Illogique parce que le Hardcore suit le Death en empruntant un pont Black sous lequel coule une rivière bruitiste, avant d'embrayer sur un chemin de traverse acoustique et un autre plus Jazzy. Et tout dans le même feeling, le même esprit et la même personnalité. Si il vous plait. Tout s'entrecroise et se suit sans aucune logique, quand le groupe ralentit le tempo c'est pour stresser l'auditeur, quand un riff est entamé c'est pour le faire headbanger mais il s'arrête juste après comme pour nous faire chier, un morceau de moins de 2 minutes suit et précède d'autres de plus de 7 minutes, et l'auditeur se retrouve souvent à terre, ne sachant pas quelle attitude adopter face à ces fréquents changements de situation. Mais ne réfléchissez pas tant que ça, laissez vous porter par la musique, si vous avez envie d'headbanger sur les passages jazz ou de vous allonger dans le plus pur Metal de l'album, faites, l'album est illogique, vos réactions aux écoutes le seront aussi. Mais ce sera toujours dans le plaisir.
Pour être plus terre à terre, le chant alterne entre Death, voix claire et hardcore hurlé, les guitares sont souvent assez aigues et partent dans tous les sens et les rythmiques sont désarticulée. La production est clean, R.A.S. de ce coté la.
Smooth As A Riot est donc, à défaut d'être un OVNI, car plusieurs groupes jouent déjà dans le répertoire, un album de qualité servi par un groupe talentueux, intelligent, fou, nerveux, ouvert et technique. Complexe, mais efficace.
Note: 8.5/10
FANNZIC:
Premier album pour DACAST, groupe français de… euh… métal, mais pas seulement. Depuis sa formation en 2002, le groupe a déjà eu l’occasion de faire parler de lui en sortant une démo 4 titres intitulée « Undertown Experiment », qui comme son nom l’indique, était déjà en partie audacieuse. Les concerts se sont enchainés, le style (ou le non-style) s’est affiné, et voilà « Smooth as a Riot » qui va vous dévisser la tête si vous avez la drôle d’idée d’essayer de suivre la structure des morceaux, ou tout simplement de comprendre quelque chose.
La musique pattonesque qu’on sent sous-jacente s’est considérablement extrêmisée pour donner du hardcore technique et probablement mathématique aussi, des touches jazzy discrètes (comme il se doit), et une sorte de progressivité pas vraiment habituelle non plus… mais qu’est-ce qu’on est censé trouver d’habituel dans un tel projet…
Difficilement catégorisable, vous l’aurez compris, la musique de DACAST est aussi difficilement écoutable sans séquelles tant elle manque de lisibilité. L’orgie musicale qui résulte de cet assemblage manque un peu de points d’accès pour qu’un auditeur lambda puisse l’apprécier à sa juste valeur. « Smooth as a Riot » manque un peu de fraîcheur, et explose avant même qu’on ait compris que la mèche était allumée. Au-delà du côté dangereux de ce feu d’artifice, on appréciera les passages honnêtement brutaux, les voix variées et maîtrisées, les mouvements qui, pris individuellement, sont parfois carrément savoureux.
Je n’ai sûrement pas tout compris, c’est intriguant mais parfois déplaisant, et comme on est des grands malades on veut quand même savoir comment ça se termine, donc on ne s’arrêtera pas en chemin, histoire de voir s’il y a un sens à tout ça… Et si finalement, la révolte mise sur ce disque n’avait volontairement ni sens ni finalité, si ce n’est d’être littéralement elle-même ?
METALHEART:
Dacast est un groupe français composé de quatre membres venant d’horizons différentes avec des influences très variés. « Smooth As A Riot » est là pour nous montrer l’étendue de ces influences. Difficile de donner un style au groupe tant il est indescriptible… on y trouve des influences jazzy, des parties progressives, d’autres très fusion voir avant-gardistes, d’autres encore hardcore, grind, death…. Le tout donne une musique complexe pas très facile d’accès.
Les passages lourds, violents, puissants succèdent aux passages plus calmes avec des guitares lentes, mélodiques et mélancoliques comme dans « Animality ».
Le groupe « joue » justement avec ses paradoxes musicaux : violence-accalmie, mais également dans les titres même comme « Smooth As A Riot » (Calme Comme Une Emeute) !!! le tout est relativement déconcertant avec des riffs complexes, des rythmiques décalées, « bizarres »… Les structures sont complexes avec un travail énorme dans les rythmiques. Le chant est varié et maîtrisé, touchant différents styles. Le style du groupe serait entre du Meshuggah et du Converge avec une ointe de King Crimson…
Au final Dacast nous délivre un album personnel à découvrir si vous aimez le mélange des styles. Chroniqué par Béa.