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Industrial Music For Industrial People/Eric Duboys



Last Updated: 1/7/2010

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September 8, 2009 - Tuesday 
FRANÇAIS : Une autre chronique enthousiaste d'Industrial Musics Vol.1 a été publiée sur le site de référence MCD (Musiques et Cultures Digitales), que l'on trouvera au bout de ce lien :

http://www.digitalmcd.com/articles/articles.php?idarticle=777&idsupport=324


La chose est également reproduite ci-dessous


ENGLISH : Another (french) enthusiast review of Industrial Musics Vol.1 has been published on the reference website MCD (Musiques et Cultures Digitales). You can read it by using this link :

http://www.digitalmcd.com/articles/articles.php?idarticle=777&idsupport=324


See also under :

LA MUSIQUE INDUSTRIELLE PASSÉE AU CRIBLE

De Cabaret Voltaire à Whitehouse, de SPK à Laibach, Éric Duboys poursuit l’exploration d’une musique industrielle souvent méconnue et mal interprétée. Une archéologie qui s’articule autour d'une réflexion plus générale et encyclopédique, quant aux éléments discographiques et biographiques, ce qui rend le premier volume de son "histoire de la musique industrielle" passionnant de bout en bout.


Après avoir parcouru la carrière de Throbbing Gristle et assimilés (des débuts de COUM Transmissions aux divers groupes et projets ayant émané de cette formation séminale – Coil, Psychic TV, Chris & Cosey) dans le très documenté Industrial Music For Industrial People, Éric Duboys poursuit donc son entreprise de défrichage d’une musique industrielle souvent méconnue dans ses détails et ses concepts. Une nébuleuse parfois obscure d’artistes, de groupes, de labels, aux historiques souvent compliqués de par l’usage de l’anonymat, de pseudonymes et autres croisements d’identité, qui ont contribué et contribuent encore à faire de ce genre musical un objet sonore non identifié pour le plus grand nombre.

Industrial Music part du même principe ambitieux que son prédécesseur, paru lui aussi chez Camion Blanc : donner des grilles et des clés de lecture sur des groupes majeurs du genre, dont la musique, l’imagerie, voire l’idéologie ont prêté le flanc à bien des débats et des polémiques, mais dont l’influence musicale a été plus que manifeste. Ce premier volume d’une trilogie annoncée — le second volet devant porter sur des groupes "moins médiatisés", le troisième sur une scène française majoritairement restée obscure — passe donc en revue quelques-uns des combos essentiels et/ou historiques : Cabaret Voltaire, SPK, Lustmord, Clock DVA, TAGC, Einstürzende Neubauten, Test Dept, Whitehouse, Laibach… Des choix plutôt pertinents même s’il est permis de penser que Zoviet France ou Nocturnal Emissions auraient aussi mérités de figurer dans cette anthologie…

Fondé — sans vraiment l’être d’ailleurs — dans le sillage de Throbbing Gristle et de son label Industrial Music, le courant industriel s’est immédiatement emparé des grands principes de la société de consommation des pays occidentaux, principes encore dominants aujourd’hui, à savoir les logiques de consommation de masse, de production appliquée à tous les domaines (notamment l’art et la création musicale) et la manipulation des foules par le biais du médium communication. 

En usant d’une musique souvent agressive, dissonante, emphatique (l’aspect symphonique de Test Dept ou Laibach), voire carrément bruitiste (pour des groupes comme Whitehouse), les groupes industriels ont eu surtout pour principale idée de donner une vision artistique provocatrice et déstabilisante de leur propos. Et ce en utilisant pour beaucoup dans leurs expressions (musicales, scéniques) les dérives dévoyées d’un système qu’ils entendaient critiquer. Le tout dans une posture parfois ambivalente, touchant autant à la forme esthétique qu’à la réflexion politique et/ou philosophique parfois sous-jacente pour, en quelque sorte, réveiller le public, provoquer chez celui-ci une réflexion, un positionnement par rapport au révélateur artistico-politique auquel il est soumis. C’est justement dans ce positionnement très militant d’Éric Duboys que se situe l’une des finalités majeures de ce bouquin : tordre le cou aux idées reçues qui, à l’image du morceau "Industrial music is fascism" de Consolidated entendait condamner tout un genre musical pour sa seule imagerie.

Que les groupes présentés aient évolué vers des horizons musicaux et dogmatiques plus consensuels — comme ce fut le cas pour Cabaret Voltaire dans les années 80, pour Einstürzende Neubauten après le départ de FM Einheit, ou pour le SPK des années 90 — ou conservé, peu ou prou, une ligne fidèle à leurs débuts (comme Boyd Rice ou Laibach), force est de constater que la déstabilisation sonore et conceptuelle, la manipulation des structures musicales et des esprits, est la marque de fabrique indélébile de la musique industrielle. 

À ce titre, Laibach, un des groupes emblématiques du genre et sans doute l’un des plus connus du fait de sa distribution via le label Mute (celui de Depeche Mode), est l'exemple le plus caractéristique. Avec sa retranscription artistique pour le moins martiale et douteuse, Laibach a toujours connu un certain discrédit malgré des collaborations avec des personnalités musicales reconnues pour leur ouverture d’esprit (de Daniel Miller à Bertrand Burgalat). Désormais reconnu en Slovénie comme un véritable symbole national, Laibach a été sûrement le groupe industriel qui a démontré avec le plus d’acuité, notamment par sa façon totalement unique de revisiter les standards pop/rock et certains tubes de variétés, la prévalence d’un entrisme totalitariste universel envahissant notamment les cultures musicales populaires contemporaines. L’exemplarité d’une contradiction évidente qui, à défaut d’éclairer complètement la musique industrielle, rend son exploration encore plus passionnante et déroutante.

Laurent Catala

Éric Duboys, Industrial Music vol. 1 (Camion Blanc). Infos: www.camionblanc.com
GODS AND BEASTS

 
Excellente chronique - tout simplement.
 
Posted by GODS AND BEASTS on September 17, 2009 - Thursday - 2:12 PM
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