Le petit mousse.
T'avais pourtant pas le pied marin
Mais c'était peut-être là ton destin.
Tu t'es pas fait mordre par un requin
Mais par un crustacé malin.
Il s'insinue dans tout ton corps
Et peu à peu, il te dévore.
De toutes ses pinces, il s'agrippe
A toute ta chair, à tes tripes.
Avec ce crabe tu te débats,
Tu veux pas mourir au combat.
C'est fou comme cet animal aquatique-là,
Peut causer autant de dégâts !
Et puis fallait qu'en plus de cela,
La mer soit dans tous ses états ;
Et comme tu sais pas naviguer
Tu te retiens au mât pour pas tanguer.
Elle a beau faire des sillons,
Toi tu t'accroches, p'tit moussaillon
Pour ne pas passer à bâbord,
Tu veux juste rentrer à bon port.
T'as tellement peur de chavirer,
A la maison, tu veux retourner,
Tu souhaites retrouver les tiens
Et ne pas partir comme un chien.
Le courage ne te fait pas défaut
A toi, mon petit matelot.
Et j'sais bien qu'on ne décerne pas de médaille
A ceux qui crèvent par leurs entrailles.
Mais si un jour ce foutu crabe te fait la peau
Pour moi, tu seras mort en héros.
Nathalie Rucart-Hénon.