Le lendemain matin le
petit groupe entreprit de trouver une source de revenus. Temor parti pour la
mairie accompagnée de la fée, la néréide passa la journée dans la bibliothèque.
Quant à moi je mis à exécution mon plan : ne rien faire et rester discret.
Peu après midi la fée et son compagnon de pierre
revinrent à l’auberge
« On a trouvé du boulot ! »
« Je suis bien content pour vous ! »
« Et je t’embauche ! »
« Qué ? »
La fée prit le relais :
« Apparemment des événements étranges ont eu lieu récemment et l’un
d’entre eux à causé la destruction d’une école »
« … »
« Magie ! »
« Ouais et nous on va déblayer la caillasse »
« Nous ? »
« Ouais toi et moi, la fée est trop petite et le tas de flotte sert à
rien »
Je vis mes espoirs de tranquillité partir avec la fée, me laissant seul
avec ce gros tas de pierre organique
« Allez viens chaton la curiosité n’a jamais tué personne »
« Euh … en fait si … »
« Pas grave, vous avez neuf vies faut bien s’en servir »
Quelques secondes plus
tard nous nous retrouvions dans les rues de Kouskas […]
Arrivés sur les lieux de l’incident, nous vîmes un mur debout au milieu de
gravas. Une chose me sauta aux yeux : s’il avait fallu une force
importante pour faire de cela une école cette force avait eu la bonté
d’épargner les bâtiments voisins, ce que n’aurait pas fait une explosion.
Alors que j’allais approcher du mur restant pour l’examiner un garde vint
vers nous
« Approchez pas ça peut être dangereux »
Mon ami rocailleux pris la suite :
« C’est la mairie qui nous envoie : Temorbabar et père démolition en tous genres, on vient pour
déblayer »
« Ah ! Faites-vous plaisir les gars ! »
« Ola Manant ! »
La voix nous fit retourner tous trois, et une apparition se fit à nous, oui
une apparition, un être quasi irréel. Montant un cheval d’un blanc immaculé
telles les premières neiges du Mont Parnasse, un homme en armure étincelante
faite d’un métal clair ciselé d’or, vierge de toute poussière ou autre saleté,
les cheveux soyeux et soignés d’un blond que même Apollon aurait pu envier (s’il
étaient encore parmi nous) bref en cinq mots comme en cent : Une tapette de
Haut Elfe
« Oui monseigneur ? » Oui il faut bien l’avouer le haut elfe
donne un complexe d’infériorité aux bouseux de base, de manière quasi
automatique.
« On m’a dit que du fâcheux se déroulait dans votre bien brave et
pittoresque bourg » Et il faut bien l’avouer aussi, le haut elfe est
atteint d’un complexe de supériorité ainsi que d’incontinence verbale. C’est
ainsi on y peut rien, c’est héréditaire.
« Oui messire, des évènements bien étranges, voyez cette bâtisse en
ruine, il s’agissait d’une fort belle école il y a encore quelques jours »
Mais il se bousifie encore plus le gueux !
« Par tous les dieux de l’Olympe, que de victimes innocentes ont du
périr par cette ignominie. »
« En fait … »
« N’ayez crainte, je suis ici maintenant et je vais vous délivrer de
cette malédiction qui vous afflige d’ici peu »
« C’est bien sympathique mais … »
« Non pour votre faciès je ne puis rien malheureusement, le monde et
moi-même en sommes bien navrés notez bien »
« OH ! » Oui il
faut bien l’avouer, malgré le complexe d’infériorité suscité et susmentionné le
haut elfe gave vite.
« C’est bon il va me laisser en placer une !? Bon donc comme je
tentais de le dire, on a eu aucun mort ni blessé »
« Hein ?! »
« Pardon ?! »
« Saperlotte !»
Je nous ferais pas l’injure de vous révéler qui furent
les orateurs de ces paroles, vous l’aurez devinez de suite, sinon chercher
quelques secondes peut être ludique.
Je repris la parole de
suite de peur que l’elfe ne reparte en monologue
« Pas même un blessé dites vous ? Les enfants
ont été projetés ? »
« Nan, la
bicoque a sauté et eux sont restés sur place, assis à leurs pupitres, éberlués
mais indemnes. »
Je me souviens du dernier mot de la fée :
Magie ! Et pas de celle qui vous font sortir un lapin d’un chapeau
« Eh toi Zoreilles ! T’a rien a
faire ? »
A ces paroles une image d’elfe au torse enfoncé, d’une
demi-douzaine de gardes assommés et d’un Krakan emprisonné me vient
instantanément à l’esprit
« Qui nommez vous ainsi ? Votre stature bien
qu’imposante ne m’en impose pas suffisamment pour que vous puissiez user avec
moi de ce langage bien discourtois »
« Et avec ma masse j’en impose plus ? »
« Euh … » Dans notre série les aveux sur les
elfes : il faut bien avouer que voir un haut elfe balbutier est …
rarissime
« Ecoute bonhomme, t’as beau
avoir une jolie armure je vois bien que ton arme vaut pas tripette et puis pour
t’intéresser aux problèmes du coin tu dois un peu être en période de malchance »
Mon dieu il pense ! Pensais je.