Mon nom morne le mal à l'âmeLAM
je chante une morna sans répit c'est que l'alizé qui enlace l'océan
la grogne furieuse semble rieuse à la dentelle de la mer
mais parfois la vague comme un mur s'élève et c'est le cri
soudain la masse cogne et se soulève violence
ultime le choc évanoui le baiser soyeux de l'eau au sable
la danse enjouée hante la détresse inavouée du frétillement insolent
en déhanché la caresse hypnotise l'eau au rivage
les roches sont déchirement subtil du décolleté et tambours de rage
répons de vagues en vagues la voix rauque ramène le souvenir à la terre
au loin au gré du vent le sel épars éparpille l'horizon
la voile au loin sari
s'enroule femme éternellement au flanc de l'eau
le regard couché sur le couchant
l'entre-deux eaux fuse la fugue de l'air
la chaleur bat aux tempes
son écartèlement
cette envie de danser pieds nus sur le rouge et se fendre en bleu pour un peu plus de vent vert
s'étendre en gué de rire en opposition farouche
morna , je dis ton nom,
farine d'étain à la berceuse
l'am au mor,ne
blanc nuit mer ....le soleil est ombre ,
partir
la légèreté gracieuse de l'ile!
et la courbe féline de celle qui mord au coeur
elle
enrobe son charme comme
le lierre mord l'arbre
creuse le sillon d'une parure
baiser
farouche la beauté
obstinée
n'a qu'une peau elle rappelle l'eau
au matin
la grève met en regard
là sur le lointain
porte
bouche sur le proche
proche
lointain quand s’ouvre
le proche quand lointain
c'est aussi
l'ile
à laquelle il faut revenir
revenir
l'ile
ces deux mots en ressac
morna ou morne
les vents de mon inspire
là les ailleurs partent de l'ile et il en revient
quitte
à attendre face à l'océan
témoin
qu'il n'est pas d'ailleurs sans ici
même ile
reste la pauvreté
et la désespérée
preuve éclatante de la frontière
dans le regard main d'un ombre qui fuit
en courant le long du cri
la nuit
car c'est la nuit que les pieds voient...
Amina
Amina
Amina, c’est le nom que je te donne ,
sa farine touche à toutes les rives, je n’ose les dire,
la peau s’éclat soie noire
comme nuit au soleil, elles pourraient disparaitre,
ce n’est que fruit et fleur
abeille mutine à rive d'elle
une carte marine
charme
sombre
la profondeur océane
les plis de la bouche touchent au bords de l’ébène
cœur mûre
l’œil serré
la peau brune
les veines d'un noir bleu de lave
lisses tes cheveux ramenés comme deux mains saisissent le ciel
geste alangui
ce rouge carmin s’accorde à la pigmentation
isthme
le ciel déferle bleu
profond
comme la mer
rouge fébrile
ou tes vagues murmurent séisme
entre les émeraudes qui te sont
seins
azur opale
retombe la courbe en frisson
tes doigts
presque en frôlant se joignent
éparpillent le parfum
la magie rose âpre violette mendiante de la journée
tu viens luisante
unissant ton et son
un coin de chaleur entaille le malheur
illusion et connivence de la beauté
Amina
ce bref instant s’épelle de toutes les voyelles,
sève et âme
murmure
salve douce et eau qui gronde
tu te répands pollen aux sourires de l'air
tu te vagues si vert au creux si tendre
bleu profond transe de la peau
marine à fleur de vent
l'humain aspire en sève
femme le brun rappelle l'eau à la terre
elle
baiser
elle
gouffre en peau
elle
une brise rappelle les lèvres
enroulent le poids au seuil des yeux
mer elle aussi fleuve
en brin sur l'éclat calme
profond
qui te regarde embrasant
elle
Amina
la tige ploie
vers
toujours en mouvement
comme ces brindilles d'eau
qui feu se survivent en lac