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EL ROYCE



Last Updated: 12/24/2009

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City: NANTES
State: Bretagne
Country: FR
Signup Date: 8/27/2005
Monday, March 09, 2009 

Retrouvez l'article original paru dans Metal Sickness en cliquant ici
Un grand merci à Mr Zède...

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Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore EL ROYCE ?

EL ROYCE est un power trio basé à Nantes. On a démarré en 2002 avec un premier line-up. L’ami Yann à la batterie. Un Clermontois d’origine, qui a joué pendant quelques années en Angleterre avec Delicate AWOL avant d’échouer par ici. On a eu un premier guitariste (Pascal) avec qui j’avais déjà joué dans un groupe de la région (Divine Furia). On a tout de suite opté pour la formule à trois, donc à l’époque je tenais la basse. On a enregistré une première démo « Diesel » en 2003, puis une seconde « Direct Live » en 2004. En 2005, Pascal a lâché l’affaire. On s’est donc retrouvé à deux pour enregistrer le EP sorti en 2006. Steff que je connaissais depuis pas mal d’années est arrivé en septembre 2005. On a repris nos instruments respectifs, lui la basse et moi la guitare. On a passé à trappe presque la totalité du répertoire existant pour bâtir un nouveau set. Pour la petite histoire, c’est en allant aux funérailles de notre ami Micka (Dolly) que nous avons évoqué Steff et moi, la possibilité qu’il intègre le groupe.

"What You See Is What You Get" vient tout juste de sortir. Comment vous sentez vous ? Avez-vous eu des retours des ventes ? Du public ?

C’est un peu l’effervescence. Entre la promo et la mise en place en boutique, ça représente un sacré boulot. Pour l’instant, les ventes démarrent gentiment. On a des retours très encourageants de la part des radios et des zines. Pour le public, ceux qui nous suivent connaissaient déjà bien les morceaux.

Pourquoi ce nom de groupe, "EL ROYCE" ?

Woaou, c’est la question à 1000 euros ! Pour faire court, au début du groupe en 2002, on avait un nom un peu compliqué qui ne nous facilitait pas vraiment la tâche au téléphone. Rapidement, on s'est dit qu'il fallait corriger le tir. C'était vraiment pas simple, on n'allait pas en changer tous les ans... En décembre 2003, Laurent Charliot a sorti "La Fabuleuse Histoire du Rock Nantais" (40 ans de groupes d'ici). Quand le bouquin est sorti, tout le monde s'est bien foutu de moi, rapport à la photo du groupe Hard Rock Glam dans lequel je jouais avec Steff (Chears). Comme tu peux l’imaginer, y’avait déjà le look, mais en plus l'auteur a fait une coquille. Le type m’a collé le nom de scène d'un autre gars du groupe (Royce). C’est devenu une grosse private joke, qui s’est transformée en "Le Royce" et enfin "EL ROYCE". Yann a suggéré que comme nom de groupe "EL ROYCE" c'était pas plus con qu'autre chose. Voilà toute l'histoire.

Comment définirais-tu votre musique. On sent qu'il y a une multitude de styles divers rock n' roll…

Pour nous, on fait du Punk’n’Roll. C’est en gros un mélange de son Hard Rock et de mélodies putassières Glam Rock, avec l’énergie du Punk. Ce métissage entre Old School et New School reflète bien nos racines musicales et nos envies. On fait pas dans le revival. On est pas non plus à fond dans un courant musical pointu. On essaie de faire notre truc sincèrement, en envoyant de temps en temps des petits clins d’œils. Contrairement à certains, on ne s’est pas focalisés sur 3 groupes en particulier, en reproduisant la même chose à la virgule près.

L'alchimie de EL ROYCE fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quelle sont vos parcours musicaux ?

On s’est connu avec Yann via une annonce sur internet. Il a joué dans pas mal de groupe de Hard sur Clermont, avant de faire du Rock Indé genre Mogwai en Angleterre. Avec Steff, c’est une longue histoire puisqu’on se connaît depuis plus de 20 ans. On a joué ensemble dans deux groupes du coin (Chears et Divine Furia), il a également tenu la guitare dans le groupe de son frère (Fools). Le fait d’avoir des parcours musicaux similaires et grosso modo le même rythme de vie, fait qu’on avance tous dans la même direction. Soyons clair, on est là pour prendre du plaisir et pas se prendre la tête.

Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?

Entre les prises et le mixage, on a du passé en gros 16 jours en studio, par journées complètes ou soirées. L’enregistrement s’est étalé de novembre à décembre et le mixage de fin décembre à début janvier 2008. On a décidé de travailler avec Chris Hogommat du studio AudioCapsule (région nantaise) qui avait fait déjà du très bon boulot avec le EP en 2005. On est plutôt du genre fidèle. Lui a évolué de son côté, nous aussi, il était donc logique de faire le grand saut avec lui pour l’album. Mes petits camarades ont été plutôt rapides : 2 jours pour les prises batterie et une journée et demi pour la basse. Pour les différentes parties guitares et les voix, ça été évidemment un poil plus long. D’autant qu’en enregistrant en hiver, faut savoir jongler avec les rhino-pharyngites…

Un mot sur la production de l'album ? Comment ça s'est passé ? Qui s'en est chargée

Lorsqu’on est arrivé au studio, Chris était à bloc dans Danko Jones et Turbonegro. Il voulait pour nous un son sec, puissant, sans artifices. Ça nous convenait plutôt bien. Tous les titres étaient écrits avant. Seuls 2 morceaux n’avaient jamais été répétés en groupe. Avec lui on a surtout travaillé les arrangements de voix et quelques arrangements de guitares. Il a vraiment une oreille très affûtée. C’est quelqu’un de très exigeant qui a su tirer le maximum du groupe. Il vit aujourd’hui à Londres et on espère secrètement qu’il sera de retour pour notre prochaine galette (des Royces).

Est-ce qu'à l'avenir vous continuerez en autoprod' ?

Ça dépend de quoi on parle. Si c’est pour se mettre simplement les pieds sous la table, j’avoue que ça serait plutôt plaisant, mais malheureusement c’est du domaine de l’utopie. Aujourd’hui il n’existe pratiquement plus de gros labels indépendants capables de produire un groupe de A à Z. Surtout si ce sont des français qui font du gros Rock en anglais. On doit être capable de faire les choses par soi-même, pour qu’elles puissent exister, avec ou sans l’appui d’autres structures. Les petits labels indés (généralement associatifs) n’ont guère plus de moyens que nous avec notre asso. Mis à part leur notoriété et leur savoir-faire, leur participation financière est généralement infime. On se sent assez proche de l’écurie Kicking Records et c’est vrai qu’un bon coup de main sur la promo et la distribution ne serait pas de refus. Maintenant, l’indépendance c’est aussi la garantie de la liberté de nos choix. Et ça, même si ça nécessite du boulot, ça n’a pas de prix.

Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…?

C’est effectivement une continuité, un chemin logique. Tu joues, tu as de nouvelles compos, tu enregistres un disque et tu repars sur la route. Pour l’instant, on ne distingue pas encore de différences avant/après. On en reparlera dans 6 mois…

Tu es totalement satisfait de "What You See Is What You Get" où tu changerais quelques petits trucs avec du reculs ? Lesquels ? Pourquoi ?

C’est vrai qu’une fois l’album mixé, je trouvais qu’un titre en particulier se détachait de l’ensemble, n’avait pas la même intensité que le reste. Peut-être parce que ce titre a été joué pour la première fois en studio. Mais, tout le monde le trouvait super. Chris pensait que ça faisait une sorte de break dans l’album et que ce n'était pas plus mal. Bref, maintenant qu’on le joue sur scène, je trouve qu’il sonne terrible. Mais je pense malgré tout qu’il est mieux restitué en live que sur l’album et que si on l’enregistrait aujourd’hui, le résultat me conviendrait mieux… mais bon, je suis un vieux chieur. Chris a également à redire sur le mastering. Je trouve que Dam de Spectrum (également guitariste de Gokan) a fait sonner bien gros l’affaire et c’est ce qu’on souhaitait avant tout. Je crois que les types des studios n’ont les mêmes oreilles que le quidam moyen, ce sont des extraterrestres !

Un mot sur Novatrax ?

C’est la façade juridique derrière EL ROYCE. C’est une asso qui a près de 20 ans, qui a géré les activités de Chears, Divine Furia, UZY et aussi des cours de guitare. Ça nous permet d’organiser des concerts et faire des disques dans la légalité. Tous les musiciens du groupe en sont membres et acteurs bénévoles. Faute de temps, pour l’instant les activités de Novatrax sont uniquement concentrées sur le groupe (inutile d’envoyer des démos, il y a peu de chance qu’on vous produise). On réfléchit sur la création en 2009 d’une plate-forme internet, qui permettrait aux groupes qui en on besoin de bénéficier de notre expérience, avec un référencement de lieux de concerts, de zines et de radios, des tuyaux sur l’autoprod, la distribution et une boutique en ligne non-profit. Tout un programme.

Quels sont les sujets de vos textes ?

Ce sont un peu des brèves sur la condition humaine, des choses simples comme la vie, l’amour, la mort, la musique et tout ce qu’il y a autour. Je ne me lève pas le matin en me disant, tiens je vais écrire sur tel truc ou tel truc. Dans la plupart des cas, j’ai une ligne voire deux qui sonnent bien et le reste en yaourt. Au moment de remplir les vides, de fil en aiguille, presque sans le vouloir j’arrive au final sur un texte qui se tient sur un sujet donné. C’est assez universel, les gens peuvent facilement s’y retrouver, même si c’est largement inspiré par nos vécus.

En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?

C’est un peu tout ça à la fois, en gros une dictature participative… Quelqu’un arrive avec une idée (généralement Steff ou moi) puis on s’y met tous, en essayant de placer son bout de gras, sans trop déformer l’idée de base. On peut aussi partir sur une impro et 15 minutes plus tard on a un titre fini qui sonne super (ça existe, mais c’est plus rare). Eventuellement, quand on manque de temps, je peux arriver avec une pré-production enregistrée et là les gars n’ont plus qu’à se coller dessus en y ajoutant leur touche personnelle. Dans tous les cas, les intros, les fins, les breaks et l’organisation des parties sont toujours le fruit d’une réflexion de groupe. Le test ultime c’est le local de répète. Il faut que le titre sonne physiquement (genre grand huit au volant d’un char Panzer) pour que le morceau soit adopté.

Un mot sur l'artwork. Qui s'en est chargé ?

Moi, m’sieur ! J’ai également été pas mal aidé sur quelques points par ma cops. Ça fait un peu dans le genre imagerie pour bikers, mais j’aime bien le délire. Y’a aussi d’excellents clichés live de Fred Goaziou (www.bzh-live.com). En dehors de la musique, chacun s’occupe de son domaine. Moi c’est la communication visuelle, Yann c’est la partie web et Steff la partie commerciale.

Qu'attends tu de EL ROYCE à court et long terme ?

La Présidence de la République en 2012, ça me semble un objectif correct pour EL ROYCE… dans tous les cas, des concerts, des kilomètres en camion de gitans du Rock (avec peut-être un GPS en 2015), une entrée en studio fin 2009 et un nouveau disque en 2010. Ça nous laisse encore 2 ans après pour préparer la campagne (rires)

Comment tu définirais un concert de EL ROYCE ? Est-ce que des dates sont prévues afin de promouvoir cet album ?

Heu, un peu entre un concert de Kiss et un concert de AC/DC, le maquillage et les effets spéciaux en moins… Plus sérieusement, je ne suis pas le mieux placé pour t’en parler, vu que personnellement je n’en ai vu aucun (du côté public). Je pense qu’un bon concert de EL ROYCE c’est dans un bar sympa où le houblon coule à flots, presque 3 heures de musique, des compos qui envoient le bois, des reprises qui déboîtent, la bonne humeur et les blagues de potaches. Pour l’instant on a à peu près une douzaine de dates calées, on devrait atteindre la vingtaine d’ici la fin juin (pour vous tenir au courant venez faire un tour sur le site du groupe). On va essayer de jouer dans tous les coins de France, avec sûrement quelques incursions en Belgique, Allemagne et Suisse.

Que pensez-vous de la scène rock n' roll française ?

Et bien, y’a plein de trucs de super comme nos potes de Hellscrack ou P-Troll, les petits gars de Flying Donuts, Black Zombie Procession ou Unco dont on se sent assez proche. En fait y’a plein de groupes français qui ont carrément la classe et qui mériteraient un meilleur coup de projo, mais bon là, faut pas rêver non plus, on est en France.

Penses-tu qu'avec ce disque, EL ROYCE puisse avoir vocation à pointer le bout de son nez au sein de la scène française ?

Ta question manque un peu d’ambition, nous qui pensions que nous allions devenir les Maîtres du Monde avec cet album, je suis déçu… La scène française je ne sais pas qui sait, si ça veut dire avoir une meilleur reconnaissance et bien l’avenir nous le dira. On est de la veille école, la clef c’est la scène. Un bon concert, ça fait marcher le bouche à oreille et là tu gagnes des points. L’inverse est également vrai. Même avec un bon disque, si c’est mauvais en live c’est encore pire qu’avec un mauvais disque. Reste un fait indéniable, quand tu sors un album les organisateurs te prennent tout de suite plus au sérieux. Ce qui est paradoxal, c’est qu’à l’époque du EP c’était déjà le même groupe. Donc oui, un album renforce la crédibilité. Déjà, ça permet de vendre tes disques en magasin, en général c’est no way pour vendre un EP (surtout en boîtier carton).

Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou du moins est en cours de réflexion ? A quoi peut-on s'attendre ?

Pour l’instant, le seul projet signé c’est la compil’ « Nantes Mon Amour II » qui devrait sortir courant mars 2009. Une compil’ au printemps avec le fanzine angevin « Les Rêveries » et si tout va bien, le prochain EL ROYCE devrait arriver en 2010. Je signale au passage que pour toutes compilations, nous proposerons des versions alternatives par rapport à l’album.

Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…

Bon, je veux pas me la jouer extrémiste du centre mou, mais fort heureusement EL ROYCE n’a pas encore connu de « pire moment ». Du moins, pas du niveau de ce que j’ai pu connaître avec de précédents groupes, où là ça aurait pu carrément faire le sujet d’un roman. Je peux juste te citer quelques anecdotes savoureuses. Le jour où pour notre première grosse date à l’Olympic (ze grosse salle rock de Nantes) avec Dolly et Luke en 2004, je me suis gouré en lisant le rider envoyé par le régisseur, on s’est pointé avec plus d’une heure de retard, à un quart d’heure près on avait pas de balance. Le jour où on a bien cru paumer le cachet de la soirée, parce que la thune avait glissé d’une poche. Le jour où lors d’un concert en plein air, Steff est allé faire le zouave avec son sans fil parmi la foule, mais l’herbe était grasse et il s’est payé une grosse galipette sur le dos, tout en continuant à jouer (le plus dur a été de continuer le morceau sans s’écrouler de rire). Le jour où dans un bar à St Malo où il faisait super chaud j’ai fini le concert en slip et une grosse anglaise blonde toute bourrée est passée lascivement derrière moi pour essayer d’abaisser mon calebard. Ah si, y’a quand même eu cette photo exceptionnelle en 2006 prise avec Jim Marshall (merci Steff). Voilà un petit extrait de quelques morceaux croustillants de la vie sur la route avec EL ROYCE. D’ailleurs, j’essaie de tenir à jour un carnet de route qui est publié sur le site du groupe (myspace et point com). Amis de rigolade, you’re welcome. J’envisage même sérieusement de le sortir peut-être un jour sous forme de bouquin.

S’il y a une question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous espériez fébrilement tant répondre…c’est à vous !

Y’aurait bien la taille de nos penis ou nos orientations sexuelles, mais ça n’intéresse personne (n’est-ce pas bande de petits vicelards). Est-ce qu’on gagne plein de sous parce qu’on est dans le show bizness ? La réponse est non, si on devait payer nos factures avec la musique on serait depuis bien longtemps SDF. Où peut-on trouver les fabuleux t-shirt (classic et girlie) de EL ROYCE ? Et bien, c’est tout simple, il suffit de commander sur le site et avoir Paypal ou nous envoyer un message et de suivre les indications. Peut-on écouter EL ROYCE en faisant l’amour ? Bien sûr, c’est vivement conseillé pour avoir un bon coup de rein (par contre on a pas encore testé la diffusion pendant un enterrement).

Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?

Bonjour et merci si vous êtes arrivés jusque-là. Continuez de soutenir les zines et les radios indépendantes. Allez aux concerts, achetez les disques des groupes indépendants (souvent moins chers que ceux des majors). Eteignez votre TV. Sortez (internet c’est bien mais ça vaut pas la vraie vie). Meilleurs vœux à tous, en espérant vous croiser à l’une de nos dates, je lance même un concours, y’aura un CD EP à gagner sur le lieu du concert pour celui qui pourra donner la date de la chronique de l’album « What You See Is What You Get » dans Metal Sickness. Elle est pas belle la vie ?