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cabinet d'art graphique

Ssoloeil

Stéphanie Sautenet Ssoloeil


Last Updated: 5/23/2009

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Gender: Female
Age: 37
Country: FR
October 30, 2007 - Tuesday 

Nos yeux sont blasés...:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

Il faudrait réapprendre à voir le quotidien.

En gérontologie, quartier demencia, on voit mieux qu'ailleurs.

A force d'user et d'abuser du champ du visible en tapinages intempestifs, le deuil sur la page est un état de trans-, une marge dans laquelle la vie peut secrètement renouer un pacte avec la couleur et le sang, en les suggérant par des lignes, des veines et des saillies.

J'ai besoin de noir, jusqu'à son extinction dans le gris, son incarnation.

Chaque ouverture du corps, visible ou non, est une porte sur un univers, que le songe peut nous révéler.

Un univers comme une pensée est un carrefour où deux lignes de force se croisent, deux esprits. Il y a beaucoup d'univers abandonnés dans chacun de nos corps, car jamais lus.

Nos yeux sont blasés comme nos langues.

Il faudrait simplement réapprendre à lécher le sel des pores.

Certains en secret savent aussi lire avec leurs ongles.

Chaque oiseau posé sur une branche ou un poteau est un signe, une frontière qui se parle dans l'oubli caressé ; lorsque l'éros sublimé, tendu au-dessus d'une blessure, peut enfin donner chant à thanatos.

Chaque chant d'oiseau peut se traduire, difficilement, lorsque la pluie rigole dans le caniveau des blessures.

La main est le guide, le lierre, l'étoile.

Elle se nourrit des colonnes, des axes, des antennes.

La main est l'enfant, l'interdit et sa transgression.

La colonne a des antennes, des oroeils de gastéropode et une bouche d'ombre, occulte, car offerte à la multiplicité.

Dans mon nom, on a noué le sceau d'hermès pour me lier à toutes mes peaux et leurs mensonges.

J'ai voyagé d'un corps à l'autre jusqu'à devenir un lépidoptère qui s'est éteint à force de papilloter des hanches et  des omoplates.

Mes pieds sont des mains avec lesquels je ne sais pas dessiner.

Mes mains avancent pas à pas sur la feuille en aveugle et cherchent à rendre visible ce qu'elles sentent.