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Neolaya L'amour de l'art

Neolaya

E. Neolaya


Last Updated: 12/1/2009

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Friday, April 25, 2008 

Interview « Rek », graffeur strasbourgeois www.fotolog.com/rekor



- Peux-tu me présenter ton travail ?

« Ça fait 6-7 ans que je peins. J'ai commencé à faire des tags dans la rue, puis ensuite, j'ai appris à travailler mes graffs sur feuille. Petit à petit, j'ai développé un style de lettrage et appris différentes techniques. Par la suite j'ai découvert le coté plus artistique : le choix des couleurs, des thèmes, des formes, afin d'harmoniser les fresques avec d'autres graffeurs. Au fil des années, j'ai rencontré différentes personnes ayant leur propre style ce qui m'a permis de trouver aussi le mien. »


- Qu'est-ce qui t'as amené à t'intéresser à cette forme d'art ?

« Au début j'écoutais du hip-hop et la culture qui en fait partie m'intéressait. J'avais des potes qui taguaient et petit à petit je me suis prit au jeu, et puis ça nous faisait une activité en commun. »


- Peux-tu me dire ce que ça t'apporte de graffer ?

« Un moment de détente, de partage avec des potes. Ça fait rencontrer des gens et voyager car au fur et à mesure, on te propose des plans un peu partout. Dès que je vais quelque part, j'essaye de trouver des gens qui graffent. Mais personnellement, ça m'a apporté des petits' soucis… mais j'aime tellement dessiner, ça me fait penser à autre chose, sortir du quotidien. Alors je continue malgré tout et parce que j'aime voir mes œuvres dans la rue ou voir une fresque faite à 10 sur 30-40 mètres, ça fait vraiment plaisir et c'est beau. »


- Dans quelle circonstance, contexte graffes-tu ?
« 
En général, je fais ça dans la rue, c'est une montée d'adrénaline incroyable, ça me fait vraiment sentir que je suis en vie. Pour ce qui est du contexte, en général, on fait un début de soirée entre potes et on prépare des esquisses, puis on sort la nuit, question de discrétion (rire), on trouve un lieu et on essaye de ne pas se faire repérer. La plupart du temps, on a déjà repéré les endroits sans peintures, pour ensuite y retourner la nuit. Les lieux où l'on peint sont les murs du centre ville, la voie ferrée et de temps en temps les toits. Les cabanes de chantier, c'est mon kiff ! »



- Parfois tu inities des jeunes au graff. Utiliser le tag dans l'action sociale amène-t-il une nouvelle vision de cet art ?

« Oui, je pense, mais ça leur apprends surtout à mener un projet à bien. Le fait d'encadrer des jeunes de façon organisé et structuré et de leur montrer que lorsqu'on se fixe des objectifs et qu'on les respecte on peu ressentir une fierté. On peut alors créer un projet vraiment sympa avec les jeunes et comme on a réunis un budget, on peut se faire plaisir. De plus, les jeunes sont supers heureux, ils aiment le graff et se réalisent en créant des tags. Les gens aux alentours sont contents aussi, de voir que les jeunes sont capables d'être calmes, cadrés ; de s'investir dans un projet avec plaisir ; de créer un environnement agréable. De plus cela confère au graffiti une aura beaucoup plus artistique. Et en même temps, les voisins sont contents, car on ne peint plus sur leurs immeubles ! (rire). »


- Existe-t-il des techniques, des méthodes particulières ?

« Bien sûr. Il y a une technique par rapport à la distance par rapport au mur et aux caps employés. En effet, selon l'embout il y a plus ou moins de pression et donc plus ou moins de peinture qui sort de l'aérosol et il faut gérer en fonction des effets que tu veux faire. Par exemple, pour un gros remplissage t'utilises un fat cap, ce qui permet de couvrir de grosses surfaces rapidement. Pour être précis t'utilises plutôt un skinny pour les traits plus fins.
Ensuite, pour ce qui est de la technique, je dirais qu'il y a deux genres, selon l'endroit : dans la rue ou en terrain, c'est-à-dire lorsque tu fais des fresques à plusieurs. Pour ce qui est de la rue, en général on y va à deux ou trois pour être le plus discret possible, on discute peu et on tente de taguer au plus vite afin qu'il y est surtout un impact visuel.
Quand t'es sur le terrain, c'est très souvent de jour et on prend plus son temps. On fait des choses plus jolies, on est calme. De plus, on peint dans des endroits tolérer et où la police passe, mais seulement pour faire régner l'ordre et faire des contrôles de drogues.
Y'a un troisième type de lieux, c'est ce qu'on appelle des « plans légaux », c'est-à-dire des lieux où l'on est autorisé à peindre car on est employé par des particuliers, des commerçants ou des entreprises pour repeindre leur devanture de magasin ou des murs, voir même l'intérieur d'appart pour une déco originale. On définit alors les couleurs et les thèmes avec eux et on est payé ! En général, ils nous contactent par le biais de connaissance ou ils nous on vu lors de manifs organisées par des assoc, ou bien ils nous ont vu graffer et demandent nos numéros. »



- Qu'en est il des associations de graffeurs ?

« Ça nous permet d'avoir une existence légale et de taguer sans problèmes. De plus, on peut demander des budgets et des endroits où graffer. En effet, faut se rendre compte du budget que représente le graff, une bombe coûte 3 euros 50 et on dépense facilement 100 à 120 euros par mois. En plus, mauvaise nouvelle, Sarko a un projet de loi afin de taxer les bombes de peintures pour diminuer les graffs dans la rue! »


- Au sujet des lettres, de leur mise en forme, portent elles chacune un nom particulier ?

« Il existe plusieurs styles de lettres. Le bloc : c'est des éléments massifs de lettres composées de parallèles, permet d'avoir un impact important. Ça se fait dans la rue souvent ou sur les voies ferrées. Le flop : des lettres très arrondies, c'est très vite fait pour pouvoir être efficace rapidement. Le wild style: il est développé dans les terrains, les lettres sont assez complexes en général. Mais y'a beaucoup de gens qui créées de nouveaux styles et chaque graffeur à son style perso. »


- L'illégalité, parles-en!

« Ben le graffiti m'a coûté 4000 euros, 180 heures de TIG, plusieurs jours de garde à vue et 2 arrestations musclées. Mais ça participe à la recherche d'adrénaline et arriver à taguer aux endroits les plus incroyables c'est génial pour narguer le système! »


- Existe-t-il des règles dans le monde du graff ?

« Tu te reconnais à ton blaze (nom d'artiste) et/ou au nom de ton crew. Il n'y a pas d'histoire de territoire comme aux Etats-Unis, mais c'est un concept, à celui qui en met le plus. »


- Est-ce qu'à ce niveau là, c'est toujours de l'art pour toi ?

« Ça paraît réduire l'art à un jeu, mais c'est un jeu entre graffeurs qui participent aussi à un développement de la création. Puis c'est vrai que c'est super dérangeant mais c'est quand même de l'art. Au même titre qu'un Arsène Lupin, tu vas devoir te faufiler, élaborer un plan, contenir la pression puis la montée d'adrénaline et la peur. Toute cette démarche me paraît être de l'art, car t'apprend à te connaître et à te surpasser.
Pour ce qui est des règles, il faut aussi savoir quelques autres principes. Dans la rue, le fait de repasser le graff de quelqu'un, comme il a pris des risques et tout, c'est très mal vu et ça mène à des bagarres…. Après sur les terrains, la règle veut que si tu repasses proprement sur un graff, mais que tu fais ça proprement et qu'on voit plus ce qui a en dessous, alors c'est toléré. Mais faut vraiment faire ça proprement et respecter ce qu'avait fait l'autre.
Ensuite, niveau terme, y'a le blaze, c'est-à-dire le nom du graffeur, sa signature. En général, on fait partie d'un crew, c'est souvent une bande de pote qui font ça ensemble. Quand tu tagues, soit tu utilises ton blaze soit le nom de ton crew afin d'augmenter sa reconnaissance envers d'autres graffeurs. »



- Peux tu nous citer quelques aristes connus?

« Là je pense surtout à Mode 2, à Les Macs, ou encore Bando., qui sont parmi les premiers a avoir donné une vie plus médiatique au graff. Mais faut faire la différence entre le graff des USA et le graff européen.
Les américains ont inventé le graff à N-Y au début des années 80 dans le métro et là c'était vraiment une histoire de territoire et de gangs. Ensuite, c'est venu en Europe ou c'est devenu un plus artistique. Les européens ont plus développé le terrain et de nouvelles techniques.
Il existe aussi des artistes contemporains comme le 123 clan qui vendent dans des galeries. »


- Tu envisages de vendre tes toiles un jour ?

« Quand je pourrais et que je me sentirais prêt. Avec l'âge, on a moins envie de prendre des risques, ta vie commence à avoir un fil conducteur et on développe plus le côté artistique. Je travaille plus les thèmes, je cherche à monter des scènes, à créer des personnages. Donc exposé mes travaux en galerie serai sûrement prématuré. Mais d'ici quelque temps pourquoi pas… »


- Penses-tu que le graff soit un monde réservé aux hommes?

« Pas du tout. Bien que le graff dans la rue soit quand même un univers plus masculin, je dirais que dans le légal et l'artistique, il y a environ 2 filles sur 10 graffeurs. Elles ont des styles plus arrondis, utilisent des couleurs plus gaies et ont un style plus ludique. »


- Le tag porteur d'une culture spécifique?

« Le tag fait partie de la culture HIP-HOP, au même titre que le b-boying (la danse c'est-à-dire le break) ou les chanteurs. Le mouvement HIP-HOP, véhiculent un style vestimentaire et des idéologies. »



- Existe-t-il des magazines spécifiques ?

« Graff it ou encore Blazing »


- Une anecdote ?

« Alors… Ah oui, un jour on peignait sur les ponts le long du canal à Stras et un groupe de 20 cyclistes qui s'entraînaient se sont tous arrêter pour nous regarder. C'était énorme et vraiment drôle à voir. En plus, ensuite on a peint chez un des mecs ! »


- Une dernière phrase ?

« Stay up, stay high, stay underground!! »

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maybe

 
Chouette ce petit interview, ça donne envie de se mettre au graff et de rendre la ville plus colorée! continue Rek, le graff est un mouvement artistique au potentiel énorme. ah et si un jour tu vends tes toiles, je t'en prendrai une! ;) kiss
 
Posted by maybe on Monday, April 28, 2008 - 10:39
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AMSAO

 
Yes,

Trés bon état d'esprit de REK, ça fait plaisir...
Il tient un bon discour, conscient, et son partage de son art avec des jeunes est une trés bonne démarche. Big Up.

Longue vie au graffiti, qu'il reste le plus longtemps possible dans la rue, aux yeux de tous, et non dans les galeries, plus accés sur un autre public !!!

Si REK tu descends sur Toulouse, contact moi par le biais de mon myspace...

Peace.



PS : J'savais pas pour la Loi Sarko, si vous pouvez nous en dire plus prochainement, c'est cool...
 
Posted by AMSAO on Wednesday, May 07, 2008 - 09:34
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