BONHEUR DE VIVRE
Je trouve la vie belle, malgré les accrocs
Même si parfois je sors les crocs
Mon âme blessée ne voit plus que rouge
Je mors et je tire sur tout ce qui bouge !...
Ce ne peut être là qu’accidents de parcours
Qu’ils mènent à réfléchir ou à louvoyer
Pour la bonne place, payer cher le loyer
Ma vie reste pleine sans changer son cours !...
Je vis parmi les miens… Je vis dans le bonheur
Si vous en doutez, je vous le prouve dans l’heure
Il suffit que j’accepte de me retourner
Et puiser les souvenirs qu’il faut vous donner !...
Par-ci, un petit mot de respect, de douceur
Ecrit par ma femme, l’amie, l’âme sœur
S’il nous fallait subir revers et discorde
Avec elle, seule, ma confiance s’accorde !...
En fouillant, ça et là, dans des papiers divers
Voici la carte qui m’a tenu chaud l’hiver
Dans laquelle ma fille exprime son amour
Au père et au guide de ses premiers jours !...
C’est un cadre, par là, encorné et noirci :
Ses mots enfantins se terminent par « merci »
Les mots d’un enfant dans toute sa franchise
Qui ne dit jamais mot qui ne soit à sa guise
Il honore cet homme qui l’a soutenu
Qu’il a appelé, un jour, devant tous ses pairs,
D’abord directeur, louant après le père !
Si fier, su généreux, qu’il a toujours connu !
Je regarde, sur certains murs tous peints en blanc
Les photographies des membres de mon clan
Issu des rives de la méditerranée,
Famille discrète, fière et bien née !...
La maison, pour certains, devient une prison !...
La douceur du quotidien donne toute sa raison
A ma vie… Et si je dois vivre caché
Afin que ce bonheur ne me soit arraché,
Que je puisse, sans grief ni escarmouche,
Vivre de quiétude, seule dans ma bouche !...
Je revois tes regards bienfaisants et discrets
Que n’entachent ni peur, rancune, ni regret
Nourris de tendresse et de compréhension
Très loin des menaces, querelles ou pressions
La douceur dans tes yeux, le contact de ta main
Offrant à la mienne de meilleurs lendemains…
Et je me sens si fier, brave, invincible !...
Même si pour certains je serais la cible,
Rien ne peut me toucher, rien ne peut m’atteindre
Dans ce doux foyer je n’ai plus rien à craindre
Car parmi les miens je peux tomber les armes…
Vivre heureux, sans grief ni escarmouche
Dans la quiétude… Le seul mot dans ma bouche
Loin des intrigues, loin de tout mélodrame
Sevré dans le bonheur, nourriture de l’âme
Et si ceux que j’aime peuvent voir mes larmes
Jamais leur regard ne se fera jugement,
Et leur amour pour moi présent à tout moment !...