Olivia Clavel, autoportrait (en 2000 ?)
Courtesy Olivia Clavel © eyecatcher [ At ] pandora.be
Une étrange tendresse
Superbe ensemble de peintures
acryliques sur toiles d’Olivia Clavel, initiatique sans filtre
protecteur. Allégorie de signes musicalement suivis (motifs et couleurs
mélodiques et rythmés) à la fois fabuleuse et hantée, à la fois
écriture et vision intégrée. Et art du frontispice. Dont l’épitaphe
pour Bashung, sur la métamorphose biologique, au passage des états
ultimes. Dédicace aussi aux Princes et Princesses Chats d’Olivia,
protecteurs du voyant. C’est en même temps humble et discret en dépit
de la violence de la dénaturation des formes et de la couleur
surexpressionnistes (dans la mesure où l’expressionnisme délivre en
outre un langage génératif de messages iconographiques d’une toile à
l’autre). On y retrouve des personnages et des êtres qui évoquent la
vie saisonnière, par leurs comportements dans un environnement agité
qui sourit ou qui pleure, qui éclaire ou qui s’assombrit.
Souvent face aux peintures de femmes qui touchent
l’allégorie ou la situent dans la modernité surréaliste, sans rompre
totalement avec la technique de représentation naturaliste, on éprouve
la dimension du temps sous l’aspect d’une chronique figurative en
rupture de perspective, qui compose le libre récit et le sens de la
juxtaposition arbitraire des sujets en apesanteur ou en gravitation,
depuis leur position et leurs rapports de proportions. Je pense à l’art
figuratif de Frida Kahlo, dont les sujets réalistes déplacés de leurs
échelles relatives ritualisent son autobiographie, en allégorie de la
douleur et de l’impact de l’accident du tramway sur son corps, par la
sublimation picturale desquels elle trouve sa dignité dans l’expression
de sa beauté et de sa puissance créative. Elle pourrait paraître
paradoxalement la plus proche de la peinture post-figurative d’Olivia,
contre réaliste, à son opposé. Du moins, si on les voit depuis les
naïfs qui peignent leur entourage ou transposent leurs perceptions et
leurs vies, leur sensations et leurs rêves, ou depuis la peinture
populaire narrative, par la souffrance personnelle ou les exploits
vitaux, ou la joie, qui s’expriment sous l’exotisme du folklore. Où
s’installe une certaine cruauté quand ce registre de sensibilité et de
langage confère la rigueur de son réalisme à la modernité critique de
son temps. Parce qu’il y a un appel à témoin, un regard du peintre vers
le lecteur de la peinture, qui le convoque à savoir la violence qui
s’exprime dans le silence de la visualisation. Chez Olivia le folklore
serait la peinture requise en elle-même, fable de l’art expressionniste
dénué de dogmatisme et d’académisme plus que tout autre avant gardisme
auxquels les nazis attribuèrent l’art dégénéré, dans un métissage du
cadre photographique appliqué à la critique picturale des formats de la
vie contemporaine, et à la critique de l’autobiographie représentative
elle-même, immergée dans l’univers critiqué.
En réalité, la peinture d’Olivia n’est ni folklorique
ni narcissique car elle est généreusement transgenre dans la pesanteur
du monde où nous vivons et ne désempare pas de la question des media.
Elle installe une altérité en regardant toujours et d’abord ce qui
l’environne, qui la contient et qu’elle contient plus largement
qu’elle-même hors de la toile, avec une topologie de l’espace plastique
éduqué où nous retrouvons les repères sociologiques du cadre de vie.
Peinture métisse n’étant qu’un reflet de l’univers auquel elle renvoie
cruellement dans notre propre profondeur, avec la politesse de
commencer par elle-même. Contexte co-acteur plutôt que décor, et
poursuivant d’agir contre la preuve de l’apparence (il n’y a pas de
vérité, il n’y a que la réalité de l’existence des êtres et des objets
telle qu’ils manifestent leur existence dont la peinture). Par là elle
contre-donne en même temps l’attention qu’on lui prête, sa peinture
nous fait sienne et nous la faisons nôtre sans chercher à nous
ressembler ni à nous plaire, c’est de l’ordre du phénomène). Je est un autre, ici n’est pas la division mais le non individué indivisble, le grand autre.
À l’autre pôle de la chronique du temps qui plane parmi
les oiseaux posés dans les toiles de femmes, il y a Marie Laurencin
pour l’onirisme, mais bien loin d’Olivia chez laquelle on est confronté
à un brutalisme de la peinture murale sauvage, qu’elle intègre
spontanément, comme si chaque toile d’Olivia était un mur miniature
(entre fresque et graphe). Penser à Berthe Morisot ou à Sonia Delaunay
(parmi les anciennes que chacun pourrait apprécier) ne paraît pas
s’imposer, à propos de la différence des femmes peintres dont le
travail paroxystique pourrait dialoguer avec celui d’Olivia (on peut
toujours se tromper).
Il n’y a pas de féminisme identitaire attaché à
l’inspiration plastique revendiquée dans la peinture d’Olivia, c’est
une femme qui travaille indifféremment avec les ressources du
patrimoine artistique le plus large, quels que soient ses thèmes
féminins sans équivoque. Tout s’étend au commun par le sentiment que la
vie soit indicible au point limite où il n’y a pas de barrière entre le
rêve l’hallucination et la mort, sinon d’en revenir symboliquement pour
en témoigner. Graffitis intimes hallucinés autant ironiques ou tendres
que tragiques ou drôles, qui construisent leurs récits dans le cadre de
chaque toile et hors cadre d’une toile à l’autre, loin de toute
anecdote sociale, même si le mode de vie urbain et ses cycles rustiques
corrélatifs s’y retrouvent, en toute puissance onirique.
L’ensemble de l’exposition ne présente pas de tendance
media visant des personnalités People ; par cette absence thématique
elle rompt avec l’univers de la communication qui persistait en
quelques toiles de l’exposition précédente, à la galerie Verneuil en
2008, et c’est probablement ce qui caractérise la nouvelle narration
qu’elle présente cette année. Dire entre peinture vaudou et Kokoschka
serait autant parler de la précédente, ou même des icônes mystiques. Il
faut donc préciser quelque chose plus distancié dans la composition et
le graphisme, "informellement’ proche des pictogrammes chez Paul Klee
(mais sans ressemblance perceptible sinon le principe pictographique)
que plus "naturellement" à cause des couleurs on pourrait aussi
attribuer à Miro, comme précédents de la revendication artistique des
graffitis urbains contemporains. Cet aspect notamment dans les toiles
accrochées au sous-sol est aussi intéressant, pour dire mais pas
montrer ni ressentir l’émotion qui trace depuis — plus tard le
lendemain — car avant il faut y aller.
Ce sera et ce fut, pour qui y sera allé ou en fut
informé, jusqu’au 15 septembre à la galerie Les Singuliers, 138
boulevard Haussmann, à Paris.
Le carton de l’exposition
Après, je suis allée rejoindre Olivia et un couple de
ses amis calmes et confiants, parmi lesquels un amateur de longue date
probablement, personnalités solidaires de la Fraternité des précaires,
le nouveau media-mouvement numérique de Kiki et Loulou Picasso (après
la reprise du "Regard Moderne" en journal d’actualité activiste sur le
net, de 2004 à 2007). L’homme arborait le tee-shirt à l’enseigne de
leur dernier beau livre Engin explosif improvisé, et avec
lequel nous avons d’abord parlé de la Palestine et d’Israël. La jeune
femme était attentive et vibrante. C’était dans la cour de la galerie
et nous étions assis au frais devant les portes en bois des garages —
frais relatif car il faisait chaud même à l’ombre, et donc bavardage
désaltéré au vin de Loire avec des chips mexicaines. Goûter hétérogène
qui ne décrochait pas de l’expo, vu ses interférences sans formalisme
de la lumière chimique des basiques fluo apparentées aux BD Pop et
Punk, et un peu moins — tout de même — aux graphes muraux, avec les
couleurs sud-amérindiennes (entre autres).
Tous ensemble nous avons parlé beaucoup du contexte
actuel et je crois qu’Olivia et moi nous étions heureuses de tomber
d’accord ou à peu près sur tout. Elle pense comme moi que le président
est plus dangereux qu’on ne le lui prête finalement, parce qu’il est
familier et clinquant. Ma voiture était garée sur le bateau de la porte
cochère restée ouverte, chaque fois que la voiture gênait je pouvais la
déplacer pour laisser le passage et la remettre en place sur le bateau.
C’était paisible. Olivia a fait une photo de du pare-brise derrière
lequel on voyait la pancarte de livraison que j’y avais déposée, pour
justifier le stationnement cavalier. Ensuite j’ai reconduit Olivia chez
elle, place Saint Sulpice. Là nous avons évoqué nos passés respectifs
de germanopratines (la génération de ma voyageuse suivant la mienne).
J’ai passé un délicieux moment avec le plaisir de
retrouver une amie seulement après avoir découvert ses nouvelles
peintures. Nous avons aussi parlé de nos animaux domestiques, comme
chacune d’entre nous en compte un nombre au-dessus de la norme... Le
patron de la galerie n’est pas un animal mais pour autant une très
aimable personne, chaleureuse et accueillante. Il sait faire le
baise-main (c’est-à-dire sans embrasser la main et regardant la
personne qu’il salue ainsi en inclinant la tête). C’était peut-être par
hasard, mais justement d’autant plus singulier après les galégeades. Un
"singulier" au revoir amical avec de la dérision et de l’allure — comme
sa galerie et son adresse.
Je n’ai pas de reproduction de pièces du nouveau cycle
exposé, alors pour faire un faux scoop plutôt que recopier celles
qu’Olivia propose dans son facebook (je conseille d’y souscrire pour
avoir accès à sa page et à ses documents), je joins un scan extrait du
catalogue de son exposition précédente : "La forêt la nuit". C’est à
mon avis le plus proche du cycle actuel, du moins dans ma perception de
l’exposition. Mais de plus, cela fait penser au livre de Djuna Barnes,
"Le bois de la nuit", qu’on dit un livre pour écrivains. La lumière
noire du roman unique de Djuna Barnes révèle en quelques différentes
sortes l’irradiation du corps noir de la peinture d’Olivia Clavel.
La forêt la nuit (courtesy © 2008 Olivia Clavel)
Djuna Barnes était d’abord une journaliste, critique à
l’intérieur des avant-gardismes de son époque, reporter et nouvelliste,
en même temps qu’elle construisait son roman à clé dans un temps où
Joyce avait déjà fait exploser la forme romanesque. Les peintures
d’Olivia sont peut-être des toiles pour peintres, une peinture à clé
dans un temps où tout paraît dit par la peinture.
Insurrection graphique en postmodernité
Olivia est d’abord connue pour la transparence d’une
graphiste de choc, à la fois palette douce-froide de l’illustration
figurative postmoderne, fondue dans le collage et le plagiat collectif
(hérités de Burroughs et des outils du situationnisme), et métaphoriste
en plume acérée de caricaturiste, dans le groupe dont elle faisait
partie. Olivia (alias Electric clito) fut la co-fondatrice avec Loulou
et Kiki Picasso de ce groupe intitulé Bazooka qui intégra la théorie et la pratique, sous-titré "Résistance graphique", ironie du mouvement de la Nouvelle Résistance
à peine dissout (à l’issue de la disparition de la Gauche
prolétarienne), ou encore "Mouvement d’insurrection graphique", avec
quelques autres qui les rejoignirent plus tard, et qui se donnèrent de
mettre en abîme la vacuité tragique du monde post-politique, par
l’installation de l’image d’information en media insoumis, en temps
réel d’actes de Presse entristes. Critique de l’indifférence de
l’actualité médiatique, d’en faire son autre événement, ce mouvement
plastique travaillant en langages de signes et dont la syntaxe put le
rendre infini, décalait les repères décoratifs de leurs assignations
historiques traditionnelles. Le renouvellement de la forme de la
marchandise attachée à l’idéologie du progrès social était à éprouver
dans la consommation collective de la mode, et dans le renouvellement
de ses apparences pour son fonctionnement perpétuel, et leur production
en plagiait le processus avec une part maudite, un plus, un don : le
langage de l’émotion de la fin du rêve moderne (ce qui n’était pas la
fin de tout, mais la fin des pactes sociaux). Séduction de la jeunesse
attachée à un paysage de catastrophe dans l’actualité internationale,
accidents collectifs reportés en photos de Presse redessinés sous les
traits de la propagande réaliste socialiste ou de l’illustration de
mode des années de l’avant ou de l’après guerre (par exemple). Au
moment de l’effondrement du capitalisme de la production et du chômage
structurel, annoncé par la récession de l’industrie avec
l’appauvrissement de la population, à voir l’Angleterre en phase de
reconversion financière, l’effondrement du système de la valeur
idéologique de l’image s’imposait comme un manifeste. En même temps, la
réponse extérieure à la crise, du tout, tout de suite (Do it
selon Jerry Rubin), dans un excès de la contre violence par la
libération sexuelle, se réalisait dans l’explosion du porno et les
accélérateurs du temps réel, des visions, des émotions (hallucinogènes,
drogues dures et amphétamines, considérés comme des stimulants
opposables au haschisch, drogue de la résignation). En même temps
encore, face à l’effondrement du système de la valeur, les luttes de la
désillusion post-révolutionnaire trouvaient une réplique dans la
radicalisation gauchiste armée et ses activités clandestines contre des
cibles exécutives, en réaction prescriptive de la révolution de masse
espérée en 1968, qui avait échoué, et de l’univers culturel résiduel de
la génération de la Pop Culture convaincue par la récupération, après
la guerre du Viet Nam.
Le grand prédécesseur Panic
(Cieslewicz, Topor, Jodorowsky, Arrabal, Averty) réalisa la
déconstruction conceptuelle et visuelle des avant gardes du XXè siècle
et les requérant anachroniquement, inventa la possibilité d’une
grammaire de la post-modernité. Bazooka entreprit sa propre
syntaxe d’un retour aux sources sélectif, parmi l’illustration et la
typographie des magazines que les anciennes académies modernes avaient
directement inspirées à la marge des revues manifestes de leurs avant
gardes, et les arts de propagande réalistes soviétiques et chinois.
Réalisant leur propre déconstruction appliquée à l’imagerie sociale de
l’actualité contemporaine, les fondateurs du groupe s’élancèrent dans
une production de messages critiques de l’iconographie de l’actualité,
comme l’ombre simultanée de son information, scellée par des actes de
médiatisation. Dernière avant garde artistique française, peut-être la
dernière avant garde graphique internationale de la modernité,
mouvement engagé dans le processus contemporain post-révolutionnaire du
capitalisme mondial, en pleine métamorphose néo-libérale pour
globaliser le monde, le groupe Bazooka se reconnut dans le mouvement No Future,
partie prenante de l’éclatement de l’histoire (y compris le
matérialisme historique), à entendre comme fin de l’utopie. Ce qui
était déjà perceptible dans l’Angleterre post-industrielle ruinée (qui
n’allait pas tarder à se délester de ses engagements de solidarité
publique sous l’autorité de Madame Thatcher parvenant au pouvoir en
1979), fut le lit d’une révélation radicale du mouvement Punk sous la
bannière de l’anarchisme, revendiqué par deux groupes de Rock
activistes, l’un manifeste des comportements provocants jusqu’à
l’insulte, l’autre de l’activisme social solidaire : les Sex Pistols et
The Clash, à partir de 1974. Puis ce fut Siouxsie and the Banshees. Les
Sex Pistols étaient stylisés par Vivienne Westwood parfois partageant
leur scène (elle adviendra également comme styliste du Queer avant de
devenir la styliste admirée Vivienne Westwood sans reniement de son
parcours). Les graphistes événementiels du mouvement Punk firent leur
événement médiatique sur le sol de la post-modernité même, avec
l’impact triangulaire Paris-Londres-New York : ce furent les français
de Bazooka, et leurs dessins d’après photo inspirèrent beaucoup les
photographes en retour, et même à distance : la revue Esquire.
Le mouvement Punk en France se situa dans la lignée des
activismes politiques radicaux de l’après 68, avec un dispositif
pratique délibérément déconstructiviste (chez Bazooka, pour
mémoire de la réversibilité du Constructivisme qui avait été l’avant
garde engagée aux sources de la révolution russe et pour le superposer
avec le réalisme soviétique stalinien et le réalisme chinois de la
révolution culturelle). La théorie critique de Jacques Derrida
(appliquée dans ce cas aux arts et aux sociétés) est implicitement
référée dès 1977 par Patrick Eudeline, l’animateur et chanteur du
groupe de Rock "Asphalt Jungle", dans son ouvrage L’Aventure punk.
Où le revival du Ska 2-tone avec des groupes comme Madness ou The
Specials implosant les référents y compris de l’Angleterre coloniale,
dans les mêmes années, pourrait aussi bien prendre place. Dans son
ouvrage Gonzo paru chez Denoël en 2002, il revient sur ces
années d’écriture et d’aphorismes, manifestes de paroles symboliques en
mots clés... Et comme toute l’histoire de l’art et de la musique
étaient dits, alors ils seraient plus forts que tout dans
l’incandescence instantanée de leurs vies, égales au temps réel de
leurs actes performatifs.
En fait ils construisaient peut-être leur histoire
quand même. À Paris, où la galerie Ileana Sonnabend avait transmis les
artistes du Pop Art, le mouvement innova ses filiations provocantes en
s’affichant, inspiré par les stars de la Factory d’Andy Warhol que leur
mode de vie collectif intégré au système de l’art avait imposées à la
Presse New Yorkaise, dans les années 60, et se caractérisa comme un
mouvement critique de la communication. Où la décadence et
l’auto-destruction, conférant à une stratégie du chaos revendiqué par
le mouvement No Future, prirent place, en accélérant sans concession
les vies propres, dans l’entropie du projet progressiste parvenu à sa
fin. Critique générale en cohérence d’une façon de vivre ironique
d’elle-même, par là critique du mode de vie des communautés
alternatives, bien que ne s’en différenciant que par l’insouciance
décadente de la disparition de l’utopie post-industrielle, l’intuition
de la fin des rapports d’équivalence de la valeur, la perte de
crédibilité du projet politique et de la révolution de classe (absorbée
par la récession du monde productif prolétarien). La démarche
spontanéiste au sein même de l’économie médiatique de la culture
brisait son nouveau conformisme récupérateur, et dévoilait ses
nouvelles alliances libérales. Ils jouèrent sur le paradoxe de la mode,
pratiquant une guerre entriste essentiellement idéologique, visant à la
faire imploser. Pamphlet des gardes rouges déplacés de leur champ
géopolitique et pamphlet des organisations ultra-politiques locales en
train de s’endurcir contre l’autre, stigmatisés comme désordres et
malentendus fin de siècle. Activisme post-maoiste d’une autre
révolution culturelle (interventionisme, désignation, et iconographie
de référence), celle qui ne changerait rien à l’ordre du monde mais qui
l’annoncerait comme une désintégration. La vie occidentale serait le
champ radical d’un espace d’activité des arts décoratifs et des media,
graphisme et musique indépendants étant entendus comme une production
d’autonomie économique et culturelle. Ce sont eux qui succédèrent, avec
un niveau de conscience élevé des transformations en cours, à la
désillusion laissée par le spontanéisme maoïste, dont les derniers
convaincus dans ces années finirent eux-mêmes par sombrer dans les
drogues dures (alors sans différence en ce cas du milieu de la mode et
du Showbiz), exactement comme la gauche américaine contre la guerre du
Viet Nam finit par sombrer sous les manipulations du FBI aux
Etats-Unis, une fois la paix signée.
Hérétonomie et Singularité
Même promo du cursus Beaux-Arts qui s’arrêta avant le diplôme pour les membres de Bazooka
qui s’y rencontrèrent, tant ils étaient impatients et révoltés contre
l’enseignement et les fadaises des restes du monde, après qu’ils aient
fait leurs premières armes en détournant la maquette de Libération,
d’abord avec l’accord de la direction, en l’annotant sur le marbre
auprès des correcteurs et du typographe, à la dernière minute avant
l’impression. Un regard moderne fut un magazine d’information de création, également édité dans le cadre du journal Libération.
Il était sensé résoudre, par la contre partie d’une expression libérée
mais localisée, la situation conflictuelle que l’intervention du groupe
dans la maquette du journal avait provoquée. Par le fait d’externer du
journal ces graphistes, en les assignant à leur publication
spécialisée, on imagina peut-être débarrasser honorablement le media de
toute trace offensive contre lui-même et ce fut le cas. Il reste que
leur magazine fut somptueux de force et d’émotion, dans une version
contemporaine des couvertures de Détective (magazine spécialisé
dans le Fait divers, fondé par Joseph Kessel et Gaston Gallimard en
1928). L’expérience installa ses artistes et leurs oeuvres en phares,
parmi l’univers mêlé des concerts, des agitateurs de l’écriture
vecteurs d’événements festifs tel Alain Pacadis, l’influence
destructrice des boîtes et des nuits branchées nourrissant l’ingérence
mortifère des groupies, sans leur donner néanmoins la possibilité
d’assurer une publication stable. De sorte que Un regard moderne
connut la vie éphémère de toutes les revues d’avant-garde modernes.
Olivia émergea en singularité, comme chacun des amis de son groupe fait
de fortes personnalités artistiques et de grands talents. Elle traça
son dispositif personnel d’opposition en délaissant la figuration
naturaliste, optant pour son aptitude à la caricature minimaliste
suivie depuis le Bulletin périodique, qui présida à ses bandes dessinées dites "romans graphiques" où elle relata son environnement et son parcours. (Les aventures de Télé, signées "Olivia Télé Clavel", connurent deux recueils toujours cités : Matcho Girl (1980) aux éditions Le Dernier Terrain Vague, et Télé au royaume des ombres
(1983), aux éditions Les humanoïdes associés, dans une version
personnelle, post-surréaliste, de Crumb et de Shelton que sa génération
avait découverts à l’aune des premiers opus du magazine Actuel,
où s’exploitaient a posteriori les perles de la Free Press américaine.
Et en 2000 elle réalisa un dessin animé en solo (pour Canal +), étant
toujours l’auteur de ses scénarios.
Si la seconde période collective est celle de
l’interprétation peinte et redessinée des grands reportages et des
scoops photographiques, comme dispositif de collage et de plagiat de la
Presse, en l’édifiant comme une Presse rivale, en même temps c’est la
période de production des images originales avec des autoportraits
situés par leur environnement et des modèles récurrents de leur
entourage, comme "la chinoise". Mais c’est la première époque qui
caractérisera l’issue singulière d’Olivia après les actes de Bazooka, inclus leur premier fanzine Bulletin Périodique
(7 opus de 1976-1978) déjà évoqué à propos de ses différentes
techniques performatives, car elle avait signé la première couverture
au sous-titre dérisoire (pour les adeptes de l’urbain qu’étaient les
Punk) "De la vie en plein air" (ce qui prit un autre sens pour elle,
depuis). Le coup arriva sous la force des drogues qu’ils ne trouvèrent
sans doute pas tout à fait par hasard sur leur chemin, dès que leurs
actes incontournables en termes d’impact de leur talent et de sa force
critique parurent non seulement déterminés et persistants, mais pouvant
s’avérer lucratifs. Mais jamais il ne faudra oublier le graffiti
d’icônes tabous comme la croix gammée pour griffer des articles
idéologiques et critiquer les anciens gauchistes passés aux actes
récupérateurs dans la Presse (en quoi Bazooka fut un groupe
activiste majeur d’en faire leur cible) dans nos rubriques
quotidiennes. Ce n’était certes pas fait pour plaire aux générations
des anciens contestataires forts en thème, soudain occupés à intégrer
le pouvoir en démocratie et à s’exercer dans la perspective du lobbying
européen. La vision de la société conformiste, planifiée par les
organisations supranationales extérieures au suffrage universel,
liberticide des différences que les transfuges de la contestation
préparaient, fut pressentie et symboliquement désignée par Bazooka
dans la sélection des images internationales qu’ils choisissaient
d’adapter (sectes suicidées, oranges toxiques, etc.)... Ce qui finit
par produire un effet de tension de la révolution graphique, inimitable
en dépit des nombreux prosélytes de leurs apparences, insupportable
dans tous les sens du terme, suivant la progression des ravages du SIDA
et des drogues dures, qui pourtant restera la marque de la fulgurance
du groupe et de leurs individualités, qu’on pourra reconnaître dans
leurs singularités respectives ensuite. Le dessin expressionniste au
cerné noir, attribué au lyrisme personnel d’Olivia, est celui dont elle
fit son style organique. Olivia Télé Clavel
(mettre un écran en place du visage), du graphisme au graphe en transit
vers la peinture, c’est encore Olivia Clavel en Olivia No Sport Clavel.
Au fond c’est cela chez elle qui a inventé l’univers
particulier de son dessin contre-naturaliste, que Daniel Mallerin
qualifie de "figuration libre" (Olivia Clavel, Peintures,
éditions Le dernier Terrain Vague et Galerie Christophe, 1990) alors
qu’elle savait très bien donner dans la figuration académique sensible,
comme elle le fit souvent dans son travail collectif à l’aquarelle ou à
la gouache (voir les liens de l’article), en commençant par
s’autocritiquer avec l’application de la caricature à sa propre
personne, comme effecteur d’un schisme. Comme si elle réinventait le
"dessein" de ne plus vouloir ni vivre ni dessiner comme les autres,
jouant sa rupture primitive par le personnage fictif de "Télé". Elle
voulut délibérément lui ressembler, écartant d’elle les préoccupations
ambigües de la séduction, qu’il s’agisse de l’image ou du sexe (à
saisir). La séduction n’a pas de sexe disait Jean Baudrillard, mais
pour elle ce paradoxe frayait peut-être avec l’hétérosexualité. Elle se
voulait devenue une homosexuelle pure et dure, délibérément têtue,
tatouée du sceau de Télé sur son bras gauche,
femme épurée plus moderne que les modernes, repliant les déesses de la
statuaire antique sur l’androgyne contemporain de Klossowski ; ou tout
autrement une femme de laboratoire sans intervention artificielle et en
être une icône exemplaire non conformiste, irreproductible : Olivia Télé,
à l’écran en place de visage comme un masque d’armure — substitut du
loup érotique. Ainsi, elle privilégia la caricature signifiée de la
drague violente et de la production de la sexualité, dans un univers
sans visage d’elle-même, sinon des gestes et des attributs
vestimentaires pour le représenter. Mais racontant sa vie en
s’identifiant à un affect des media qui voilaient la face des
spectateurs à l’image de la sienne. Et là non plus, elle ne fit pas
d’erreur sur la révélation de la société suivante ni sur la vacuité de
la ville bientôt désinvestie d’expériences publiques originales, après
l’excès exhibitionniste de la désintégration poétique vivante de la
culture, se présentant dans une étrange posture de femme en repli de
sensibilité et de mondanités, quand le machisme commença à regagner le
territoire dominant du marché, figure de la compétition.
Olivia Clavel
Plus tard "assagie" par son rythme de vie, le repli
entraîna son dessin sur la pente de la peinture, par laquelle elle
allait renaître advenant à sa propre intensité intérieure, en initiée.
C’est la toile où persiste l’écran de la télé bien distincte de la
représentation de celle qui se tient devant en marinière, cette fois à
visage découvert (oh ! combien écorché) en trois positions entre passé
présent et futur, qui le disent (parmi tout ce qu’ils disent d’autre).
Un remake du regard public sur la vie de la personne, détourné en
autoportrait qui ne pensait pas à tout ce qui l’inspirait, parce que
tout cela lui vient à la fois au bout du pinceau. Le miroir Télé
d’Olivia au premier plan du Bar aux Folies Bergères (ce qui est et ce
qui aurait pu être), autoportrait :
Olivia en voiture (courtesy © 2008 Olivia Clavel)
En première lecture, "Olivia en voiture" est le second
volet d’un diptyque dont "Michèle en voiture" compose le premier volet.
Michèle de profil, sur fond de champs moissonnés au soleil, conduit
Olivia à la campagne. Olivia est torturée par l’émotion (voir la main
sur la marinière à la place du coeur), mais son visage en trois
postures traduit de moins en moins de tourment intérieur, se tournant
vers le paysage au delà de la fenêtre de la portière, où se trouve une
allégorie du bonheur parmi les arbres et les animaux. Quelques êtres en
attente dans les fourrés, tout de même avides. En troisième lecture :
elles reviennent en ville. Je veux bien dire métamorphose du dessin
dans la peinture (alors il faudrait se reporter aux liens pour en
juger, car introduire la partie dessinée dans l’iconographie de
l’article distrairait d’une actualité de la peinture). On retrouve des
traces clignant de l’oeil vers ceux qui ont suivi l’oeuvre depuis son
commencement. Non pas adaptation du dessin dans la peinture, car c’est
à une mutation alchimique, par la forme couleur et l’image-récit qui
s’y inscrivent comme contraction abstraite d’une relecture intérieure
de la bande dessinée, qu’Olivia nous donne d’assister à la chronique de
son destin artistique, au rythme tranquille de ses expositions.
Corps noir abstraction : concentration maximum
Parmi les thèmes collectifs de son époque elle a
caractérisé les siens par une récurrence de l’urbanité entendue comme
substitution de la nature — comparées dans les mots ou des repères qui
habitent les rues et les appartements —, et surtout le récit de la
socialisation du saphisme et ses ambiguités. C’est elle, à l’origine de
l’idée du revival néo-classique moderne du sport illustré, resurgi dans
les années 80 comme une expression d’érotisme homosexuel féminin
post-moderne. Son idée géniale consista à imaginer le "hack" de
l’iconographie cinématographique de Leni Riefenstahl par la plasticité
photographique des nageuses allemandes et russes aux gabarits
"augmentés" de la fin du XXè siècle, dans la tendance des premières
championnes du monde de body building.** il y eut des esquisses,
peut-être une image des championnats du monde de natation (qui
commencèrent seulement en 1973) dans Le regard moderne, des
échanges de mots, mais l’idée, naturaliste, ne fut pas exploitée
systématiquement par sa novatrice, parce que ce n’est pas la tendance
graphique qu’elle choisit d’approfondir, quand le magazine fut suspendu
par son éditeur considérant qu’il avait payé son tribu à l’art
révolutionnaire, alors que rencontrant sa première crise interne, on y
optait pour la réduction au conformisme économique du journalisme de
texte et rompant avec l’environnement Punk, où des personnalités de
grand talent parviendront néanmoins à remobiliser l’intérêt du public
dans les années 80, notamment Serge Daney (spécialiste du cinéma qui
s’ouvrira à la télévision dans les colonnes de sa rubrique Le salaire du zappeur et l’ouverture de la colonne Rebonds
où il donnera une place de premier plan à Paul Virilio et notoirement à
Jean Baudrillard), Jacques Amalric (alors journaliste sportif), Pierre
Marcelle.
Je vais donc lui rendre cet hommage pour mémoire. Il
n’y aura pas d’image de nageuse. Les muscles des championnes de
body-building au corps souple étaient longs et déliés, ceux des
nageuses au corps puissant étaient ronds et enveloppés... Alors on
pourrait y voir les variantes hypertrophiées de la version hypotrophiée
du corps des femmes dans "L’almanach des dames", qui n’était pas tendre
non plus sur le mode de la sublimation des désirs en matière de blasons
féminins. Chez Djuna Barnes, les humeurs, les fluides, et les langueurs
cycliques, toujours en filigrane d’une hétérosexualité prédestinée des
femmes pour la reproduction organique de la vie, mais leur puissance
d’arrachement à la nature d’y être soumises, en assumant autrement la
féminité par l’intelligence novatrice et l’amour libre, non procréatif,
entre féministes (au début du siècle dernier, l’homosexualité dans les
milieux littéraires et artistiques était entendue comme une réalité de
l’amour libre, parmi le Paris des avant-gardes internationales, réputé
pour son anti-conformisme)*. Ce fut l’insoumission communautariste des
avant-gardistes américaines réfugiées sur la Rive Gauche, parmi
lesquelles la collectionneuse du Cubisme Gertrud Stein et Sylvia Beach
séduite par la librairie d’Adrienne Monnier qui ouvrant la sienne
fondera Shakespeare and C° rue de l’Odéon jusqu’à 1941 — actuellement
rue de la bûcherie, à Paris —, qui fut la première éditrice
s’intéressant au manuscrit Ulysse de Joyce, prit sur elle de vendre L’amant de lady Chaterley
de D.H. Lawrence interdit en Angleterre, et qui comptèrent parmi elles
l’animatrice exceptionnelle par ses engagements amoureux homo et
hétérosexuels et sa fortune personnelle dédiés à l’art moderne et au
surréalisme : Peggy Guggenheim.
Pour Olivia Clavel, ce fut la métabolisation de la
bio-organicité de la femme par les hormones ou les anabolisants, femmes
++ plutôt que non femme ou femme + ou -, plus l’amazone transmoderne
que transgenre. Elle qui fut tant inspirée par la plasticité des femmes
au travail des performances sportives, considérées comme des mutantes,
signe maintenant son exposition : Olivia ’no sport’ Clavel. Ce n’est
pas un renoncement, c’est une autocritique évaluée par une critique de
l’actualité sociale, une critique intégrale par le délestage brutal de
la compétition. Temporalité de l’être.
Chez ces deux auteures narratives et visuelles de la
femme entendue par les femmes, les hommes sont présents, pas seulement
en termes de partage de création et d’édition mais d’amour ou de
respect, sans plus d’autorité. Ce fut le cercle des écrivains irlandais
Joyce et T.S. Eliot pour Djuna Barnes, ce furent les partenaires de
création Kiki et Loulou et très vite des artistes comme Doury ou Combas
dont elle renvoie un miroir dans sa peinture, et tout un réseau de
personnalités littéraires et artistiques au-delà des communautarismes
sexués ou trans-sexués ou des groupes avant-gardistes. Amplitude
altière de la singularité avant toute chose, comme mode d’existence et
de résistance extérieurs aux réductions sociales, inversement
proportionnelle à l’extension réformiste de la révolution capitaliste
vectorale alignant son indifférence.
Ce n’est pas davantage parce que les années ont passé
si l’oeuvre peinte d’Olivia est étrangement loin des modes, mais parce
qu’elle s’est construite en artiste progressive, depuis des ruptures
graphiques, vers une recherche visuelle de la peinture figurative
inspirée par le dessin, mais délibérément en marge de la
représentation, sauf les signes faunesques qui arrivent dans des
configurations différentes. La peinture d’Olivia est radicale parce
qu’elle s’invente comme un langage de son propre changement, sans
concession formelle aux malentendus ou aux équivoques. Peu importe (ou
pas) de savoir autrement que par les tensions colorées de ses
allégories, et par leur charge d’émotion, si par là elle a réagi à la
biographie de ses ruptures vitales, finalement ce ne serait
qu’anecdotique. D’ailleurs, évoquant des disconvenues passées avec des
personnes, elle le dit. Elle dit "enfin, cela n’avait pas d’importance
en fait" — c’est maintenant qu’elle le sait. Son dasein s’est
mis en place ainsi, positivement, durement, tranquillement, tandis
qu’elle se débattait pour s’arracher. Elle parle maintenant du monde où
la pensée, la perception et l’imagination se forment de s’informer. Se
forment à dialoguer en deça ou au-delà de la convention pour le dire,
pour advenir à sa plasticité. Son activité artistique est à la fois
paisible et concentrée, et par conséquent d’autant plus déterminée et
d’autant moins bénigne.
Ceux qui connaissent l’autre partie de ses ouvrages
pourraient trouver ici les thèmes visuels de l’expérience des drogues
et même du délire éthylique communs à la génération des artistes Punk
qui célébrèrent la fin des avant gardes, la fin du projet et la
disparition du projet aussi bien social que futuriste dans les
dernières décennies du siècle dernier. Pourtant, ce qu’il advient
maintenant dans la peinture d’Olivia Clavel est à part de cette
histoire, tout y est abstrait et nouveau, l’engagement artistique total
a donné lieu au langage poétique total de la connaissance de la vie en
ce qu’elle diffère de la mort mais miraculeusement fragile, et
indicible, dans la violence de l’expression. Chaque toile est le récit
accessible à la conscience collective sensible d’un évènement invisible
ou impensé, en présence, dans le moment où on l’apperçoit. Il y a
quelque chose comme ça qui résonne aux oreilles et dans les organes
vivants, quand on entend la musique micro-tonale de Pascale Criton.
Ce sont des artistes rares, justement des femmes, une
démiurgie contemporaine de la création dans le boudoir — au sens
propre. Et c’est grand, beaucoup plus grand que l’apparence pourrait le
laisser croire, dans un monde où l’on penserait l’art fini parce que sa
formalisation n’a plus de sens collectif représentatif ni
représentable. Justement elles sont au-delà, particulaires, cosmiques.
Je ne sais pas si Olivia Clavel s’est souvenue de Djuna
Barnes ni si elle l’a lue (j’ai oublié de lui poser la question). Bien
sûr, ce n’est pas seulement le renvoi du titre ni l’allégorie, ni le
passé journalistique, mais ce qui compte symboliquement : l’énigme
d’une connaissance de l’autre exprimée par le noir criblé de lignes
flamboyantes.
A. G-C.
Le Facebook d’Olivia Clavel
Notes :
* Une version numérique de l’Almanach des dames — Ladies Almanack, dessins et textes de Djuna Barnes (en anglais), paru originalement dans cette langue en France, en 1928 :
http://www.women.it/les/ladies/intro.htm.
La première traduction fut produite par Michèle Causse, aux éditions
Flammarion, dans la passion du mouvement féministe des années 70 (peu
avant la mort de Djuna Barnes qu’elle put auparavant visiter à New
York, pour demander son autorisation de traduire). La version française
a paru en 1982, avec une postface, "Rencontre avec Djuna Barnes", où la
traductrice, après que Djuna Barnes disparût le 18 juin — 90 ans
presque jour pour jour après sa date de naissance le 12 — évoque
l’intensité du contact qui eut lieu. (Le Bois de la nuit préfacé par T. S. Eliot, avait été traduit par Pierre Leyris dès 1957, au Seuil).
** Contemporary Alchemy featuring Lisa Lyon for the Japanese Painter Tadanori Yokoo’s work (1985)
Embed from Google video to free share and to free download + IPod. Courtesy © Lisa Lyon et Tadanori Yokoo
(to see the video in full screen click the button "google").
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