(Extrait d'une histoire que j'avais commencée à écrire, devenue Nouvelle : hymne au Soleil, à la Vie, dans une période sombre de mon existence... Une sensualité en ressort mais, un cri à y voir de plus près ; un sursaut de vie là où elle commençait à chanceler...)
Vivante !...
Elle le guette, elle l’attend…
Ce soleil qui sait si bien caresser et chauffer son corps tout en douceur mieux qu’un homme.
Qu’il est loin … ! Pense t-il à elle là-haut derrière ses nuages, son Eden secret ?
Besoin de lui, tant besoin de lui…
De temps en temps il lui envoie un petit signe pour lui chuchoter « Patience, patience… ».
Elle saura reconnaître son souffle doux, ses premiers effleurements.
Elle n’a pas encore le droit de profiter de lui mais, elle a confiance…
Elle se calme, se détend, il veille sur elle, bientôt il sera là.
Une à une il pansera ses blessures hivernales en les touchant à peine, de peur de lui faire mal.
Chaque matin, il chassera les ombres de la nuit, lui sourira, lui prendra la main.
Il la protégera par son amplitude, sa force, son énergie…
Elle pourra le voir, lui sourire par toutes les ouvertures de sa demeure.
Les nuits lorsqu’il ira se coucher, il ne manquera pas de lui laisser sa chaleur l’envelopper doucement, progressivement au plus profond de sa chair.
Paisible, sereine, elle fermera les yeux, rassurée telle une enfant.
Elle le sait. Il la prépare délicatement…comme un amant attentif.
Il la fera belle et la parera de sa lumière dans ses cheveux blonds,
dans ses yeux plus clairs, plus verts.
Il éclairera son visage, son sourire, sa douceur…
Il la dénudera petit à petit, pas trop vite et
lui donnera en présent sa couleur ambre, sans agressivité.
Elle attend ce rendez-vous… aura-t-elle la force d’attendre encore ?
Il est à la fois si loin et si proche…
Son corps le réclame à cris et à sang.
Elle le cherche… cherche sa puissance, sa vie…
Même dans ses ébats où elle essaye de puiser la force de l’être aimé,
Elle ne retrouve pas cette sensation forte d’abandon charnel.
« Ô soleil… ta chaleur et ton feu sont aussi forts que les miens »
Personne, mieux que lui, ne sait envoûter son esprit, ses sens, son corps.
Elle attend ce moment où elle se donnera à lui entièrement.
Un frisson la parcourt, elle sent sa chaleur sur ses bras…c’est lui !
C’est l’Instant magique… son amant est au Zenith, dans toute sa splendeur !
Elle a rendez-vous avec lui, près d’une plage immense, sur les dunes.
Elle est enfin prête, belle, moite, impatiente de recevoir la semence de la vie.
Faire l’amour avec le soleil…mystique et merveilleux fantasme !
Ce roi de l’infini, ce dieu de l’Antiquité…
Elle est émue, marche vers ce feu sacré…sur le sable chaud.
Il l’observe… sûr de lui.
La chaleur s’accentue…il l’attire gentiment, la met en confiance.
Elle continue son chemin, troublée et monte sur la dune.
Essoufflée, son corps en sueur, elle le regarde…
Il est radieux, majestueux… elle lui sourit.
Une brise apparaît soudainement, lui plaquant sa robe contre ses cuisses, son ventre, ses seins…son corps transpirant.
La brise est une alliée qui la pare de sensualité, de fraîcheur.
Telle une offrande, elle ferme les yeux et tend les bras vers lui.
Sa poitrine se soulève par à coups, elle frissonne…
Ce n’est pas tous les jours que l’on a rendez-vous avec le plus bel astre de la galaxie !
« Ô soleil donne-moi la vie ! » supplie t-elle en tombant à genoux, les joues humides.
D’un souffle puissant, elle est projetée à plat ventre, sa robe relevée.
Sur ses avant-bras, elle essaye de se relever, mais
son amie la brise se transforme en véritable tempête.
Ses cheveux devenus fous et sa robe gonflée comme une voile,
elle ne comprend pas tout de suite.
Elle distingue avec difficulté la retraite progressive de son dieu
Nooon ! Elle ne voulait pas qu’il parte, comme ça !
Ce n’était pas juste ! Elle l’avait attendu…ils avaient rendez-vous !
Elle le désirait par tous les pores de sa peau…
Le vent redoubla et s’engouffra violement sous son vêtement.
Mais oui, comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt ! Le message était évident.
Elle devait se mettre nue ! Elle se redressa et levant ses bras, laissa s’envoler sa robe blanche.
La tempête cessa sur le champ.
Ebouriffée, essoufflée, le torse nu, elle regarda vers le ciel.
Il était revenu encore plus fort, encore plus beau…
Elle s’allongea sur le dos, les yeux clos, rassurée.
Elle fit glisser doucement ce dernier petit morceau de tissu couvrant son intimité,
jusqu’aux chevilles et le libéra définitivement à l’aide de mouvements de pieds.
Entièrement nue, ses jambes légèrement pliées,
elle pouvait se laisser aller aux délices de la renaissance…
Lui seul pouvait lui transmettre la sève de la vie.
Elle senti une douce chaleur sur l’ensemble de son corps.
Ses yeux fermés, sa langue gourmande sur ses lèvres,
elle se laissa glisser vers l’abandon suprême…
« Viens en moi, ma source, ma vie … ! » murmura t-elle
Soudain son corps s’arc-bouta, ses doigts écartés plongèrent dans le sable,
Elle cria : « réveille mon corps ! »
Elle senti violement un souffle chaud en elle et son foyer intérieur s’embraser furieusement.
Devenue Déesse, elle ouvrit les yeux pour le regarder avec admiration,
Deux larmes de bonheur coulant sur chaque joue tandis qu’un sourire éclairait son visage.
Dans une délicieuse douceur, elle put ajouter :
« Tu es le seul, l’unique, celui que j’ai élu…pour me donner vie ! »
Elle senti sa lumière à travers ses paupières et sa chaleur la recouvrir…
Elle était à nouveau vivante !
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