Un pas en avant, deux pas en arrière…
« Tout va très
bien madame la Marquise »
mais le temps passe et la planète
trépasse
NOUS sommes à la veille d’une catastrophe
planétaire, a déclaré le président
Sarkozy à New York, le 22 septembre, devant l’Assemblée
générale des Nations Unies. Il a appelé à
des objectifs chiffrés en matière de gaz à
effet de serre au sommet sur le climat de Copenhague. Lors de
cette réunion de l’ONU à New York, le plus important
signe encourageant est venu de Pékin qui s’est engagé
à réduire les émissions chinoises de CO2
de façon notable d’ici 2020. Mais les promesses n’engagent
que ceux qui y croient !
Lors de la réunion
du G20, à Pittsburgh, la déception fut encore plus
grande avec un président Obama bottant en touche et une
déclaration finale d’un flou très opaque.
Pourtant, selon le GIEC
(Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du
climat), la température mondiale moyenne « pourrait
» monter de 6 degrés en plus d’ici la fin du siècle
(dans quelques 90 ans !), avec des conséquences catastrophiques
sur la fonte des glaciers, la hausse du niveau des océans,
le rythme des précipitations…
Solution minimum de survie
planétaire : pour tenter de limiter le réchauffement
du globe à + 2° C, les émissions mondiales de
GES (gaz à effet de serre) doivent cesser d’augmenter en
2015, c'est-à-dire demain ! Or, le Protocole de Kyoto,
qui est censé lutter contre les émissions de CO2,
a déjà vingt ans et le CO2 a quand même augmenté
de 3 %.
Que des beaux discours…
De conférence internationale en
conférence internationale, le temps passe et la planète
trépasse… Les actes ne suivent pas... faute de décisions
mondiales suffisantes prises tant qu’il en est encore temps. Deux
grandes messes à New York et Pittsburgh, aux Etats-Unis,
ont été bien décevantes. Le 28 septembre,
en Thaïlande, les négociations sur le climat ont repris
à Bangkok, avec de gros doutes sur la possibilité
d’aboutir à un accord qui soit à la hauteur des
enjeux pour le « Rendez-vous de la Planète »,
à Copenha-gue, au Danemark, du 7 au 18 décembre.
Le temps ne presse pas, il est déjà
presque écoulé, à affirmé d’emblée
Yvo de Boer, le représentant des Nations Unies, aux quelque
2.500 délégués réunis dans la capitale
thaïlandaise où ils travaillent sur un document de
près de 300 pages, un bazar intégral avec lequel
il est complètement impossible de travailler, selon de
Boer. Bonjour les dégâts !
A la faveur de l’arrivée de Yukio
Hatoyama au affaires du Japon, un changement « un peu vert
» a été enregistré. Malgré cela,
l’objectif d’une réduction pour les pays industrialisés
de 25 % à 40 % des émissions de GES d’ici 2020 paraît
hors d’atteinte, avec une fourchette qui devrait être plus
proche des 15-20 %, c'est-à-dire bien en-dessous de qui
était escompté.
Désormais les regards se tournent
surtout vers les Etats-Unis où la loi sur le réchauffement
climatique, qui était attendue avant Copenhague, risque
de devoir attendre 2010 et peut-être même sera-t-elle
rangée au rang des vieilles lunes. « Aujourd’hui
peut-être, ou alors demain… »,tout le monde connaît
la chanson.
Tant de temps perdu ! Pourquoi
?
Nous avons assistons à
une partie de poker menteur. L’objectif de réduction des
GES est aussi clair que le chemin pour y parvenir est tortueux,
semé d’embûches politiques, économiques, sociales,
tant sur la question des émissions de CO2 elles-mêmes
que sur le financement des mesures pour les réduire. Et
l’unanimité pour un tel projet est loin de se faire.
L’Europe, le bon exemple
?
On assiste à une bataille
autour des quotas nationaux d’émissions, à une controverse
sur la taxe carbone aux frontières : les Européens
s’enfoncent dans leurs querelles au risque de perdre tout crédit
quand à leur position de négociation avant le sommet
de Copenhague. D’autant que le plan d’action européen pour
réduire les émissions de GES adopté en 2008
– 20 % au moins d’ici 2020 – prévoit déjà
les instruments pour protéger les entreprises de l’UE en
cas d’échec à Copenhague. C’est dire le degré
de confiance que l’on place dans l’issue de cette conférence.
Mais on « aura participé ! » et le petit peuple
paiera l’écotaxe comme un grand… pour les autres.
Mais… et après Copenhague ?