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Michel Isnard



Last Updated: 11/29/2009

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City: Marseille
State: PACA
Country: FR
Signup Date: 12/22/2007

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Thursday, October 22, 2009 
J'ai récemment donné au batteur avec lequel je joue actuellement un best of de la musique que je souhaitais lui faire écouter. Les titres que j'ai sélectionnés sont, de mon point de vue, intéressants parce que les musiciens jouent bien et/ou parce que les compos sont talentueuses et/ou parce que les arrangements sont inspirants et/ou parce que les influences, souvent multiples, que l'on peut y distinguer, sont originales et engendrent un résultat très particulier.
Après avoir écouté une partie de cet échantillon, il m'a dit que c'était une musique de haut niveau et que les musiciens sont de véritables phénomènes. Je suis d'accord. Mais je lui ai répondu que le résultat est accessible à tous ceux qui veulent tenter l'expérience. Je veux dire par là que loin de ressembler à un horizon qui toujours s'échappe et dont on n'arrive pas à s'approcher d'un millimètre même si l'on parcourt des kilomètres, la musique qui semble hors de portée s'avère, en fait, là, proche de nous, n'attendant que notre action juste pour résonner dans l'espace. Bien entendu, je ne fais pas référence à une quelconque réaction magique qui associerait en ligne directe l'intention et le résultat. Il faut, comment le nier ? beaucoup de pratique instrumentale pour obtenir cet envol qui fait rêver plus d'un musicien, mais je considère qu'il est primordial d'avoir envie de se lancer sur cette piste de décollage, essentiel d'avoir cette intention, ce projet, et d'exprimer musicalement cette direction-là.
Je pense que nombreux sont ceux qui, parmi nous, ont un complexe qui les accable et les censure, qui les diminue et les freine, qu'ils sont nombreux ceux qui ont intériorisé l'idée de se contenter de s'approcher, d'évoquer, de faire allusion à.
La satisfaction de s'entendre dire que l'on a des maitres ou des modèles de prestige est, certes, plaisante, mais elle ne me parait pas suffisante et, pour tout dire, plutôt médiocre. S'en satisfaire signifie que l'on accepte de se limiter et ne jouer que les seconds rôles. Ne voyez pas là une quelconque marque d'orgueil : au final, l'émotion seule compte et les rôles, seconds ou premiers ne sont que de peu d'importance au regard de la satisfaction d'avoir su et pu exprimer sa propre sensibilité. Je pense, simplement, que ces musiciens-là se contraignent eux-mêmes et se maintiennent dans le corset qui leur interdit de déployer de plus amples mouvements.
Ce sont précisément ces mouvements-là qui permettent de décoller. On n'arrive pas toujours à les faire, à les coordonner, ni même à penser à eux. Mais c'est par eux seuls que la musique s'élève. Et nous avec.
Nam’s

 
Merci pour cette belle réflexion à laquelle j'adhère complètement.Toute création musicale doit etre appréciée encouragée,et les artistes qui ont été nos modèles sont comme nous des etres fragiles qui doutent et qui créent malgrès tout,à la petite différence peut etre qu'ils ont été propulsés à grande échelle avec tout ce que cela peut engendrer d'efficacité dans la démarche vers le public,ainsi que le confort que cela engendre pour faire de la Belle musique.Pour moi,Michel,tu n'as rien à envier à ces musiciens qui sont des "Maitres",simplement ils accumulent des albums qui se vendent dans le monde entier,alors que nous essayons de partager notre musique du mieux que l'on peut aux amis qui nous entourent et à un public plus restreint qui nous suit.Une chose que l'on apprend lorsque l'on rentre dans un véritable projet professionnel de belle envergure,c'est la sobriété dans le jeu,qui fait que l'on est plus efficace.Lorsque j'écoute Petrucciani avec Lenny White,Stanley Clarcke et autres Wayne Shorter,etc..je suis transporté de joie non pas sur le fait que ces etres là seraient à un "niveau" supérieur,une "sphère" céleste quelconque au delà des derniers étages des plus hautes tours,non,je suis transporté de Joie de voir qu'ils jouent de manière simple des thèmes qu'ils aiment partager,de manière très agréable avec du bon son et le sourire aux lèvres,càd qu'ils partagent ces instants comme on devrait tous le faire,...simplement.
En France,c'est vrai que l'on aime bien tout compliquer,ne se satisfaire de rien,tout analyser à l'infini,tout en admirant les musiciens étrangers comme s'ils étaient de part leurs origines des sur-musiciens!!!
Voilà Mich,je te rejoinds entièrement,ne soyons plus si orgueilleux de dire que ce n'est pas de notre niveau car se sous estimer ainsi, c'est bien sur dèjà une forme d'orgueil,...isn't it?!!
Bizz

 
Posted by Nam’s on Thursday, October 22, 2009 - 1:22 PM
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JaEL (Bass)

 
Salut Michel. Tout à fait d'accord sur le fond avec ton article Je ne sais pas si tu as lu l'autobio de Miles. Si ce n'est pas le cas, fonce car elle a  été rééditée. Tu verras le rapport avec ta prose ;-)

 
Posted by JaEL (Bass) on Saturday, October 24, 2009 - 11:42 AM
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Barca

 
Le manque d'ambition, de capacité de travail chez les musiciens est un sujet sans fond.


Un truc plus ou moins en rapport. Il n'y a pas longtemps, je me faisais une réflexion. Je crois que généralement les français en musique sont complexés et du coup se cache toujours derrière une attitude ironico-désinvolte qui fait qu'on n'a pas eu beaucoup de grand groupe de rock français (vite fait, noir désir, la mano negra, téléphone et trust pour faire plaisir à un pote). Il y'a toujours soit un côté ultra sérieux (d'où les groupes de metal qui pullulent en France, et se prennent très au sérieux), d'où plein de chanteur à l'attitude dandyesque de merde qui font du sous Gainsbourg, et pas de vrais groupes rock, premier degré, rentre dedans qui ne se prennent pas au sérieux.


Petite anecdote pour illustrer. Ce week-end, j'ai mixé avec mon batteur (qui vient du jazz rock et du rock progressif). ça a été vite. On avait juste à spatialiser, à diminuer certaines basses fréquences, choisir les soli qu'on gardait, les doubler en ajoutant un effet sur une des deux pistes.  Il ne manque que l'harmonica sur un pont, et les voix. On enregistre ça jeudi d'ailleurs. Là dessus, il me propose d'écouter la prise de voix qu'il a faite pour une chanson. "Western city". C'est très rentre dedans punk, influencé par Detroit, très premier degré, ultra carré, ultra basique. Et il me sort un chant qu'il veut ironique, pas du tout dans le temps, pour donner une couleur décalée. Et je lui dis que ce n'est pas cohérent. Que cette chanson est un tout et que le chant doit coller au reste de l'ambiance. Il le prend un peu mal, me disant que c'est normal que j'aime pas sa façon de chanter, il n'aime pas la mienne. Mais ça n'a rien à voir avec ça. C'est que une chanson, c'est un harmonie. Un tout cohérent, et que lorsqu'on fait un style, on doit assumer ses règles. Tout ça pour dire qu'il n'assume pas le fait de faire du rock.
Ni vraiment d'être batteur d'ailleurs. Dans la soirée, on parlait de notre ex bassiste et que je lui reprochais de ne pas travailler en dehors des répétitions et du coup, de ne pas connaître les chansons. Il me répond que lui non plus ne travaille pas chez lui, mais que en répéts. Ce à quoi je lui répond qu'on s'en fiche, parce qu'après tout il est batteur et qu'il ne peut pas jouer faux. ça le vexe, puis je lui explique, que quoi qu'il fasse, en gros on ne peut pas dire qu'il joue faux. Il peut jouer hors propos, bourriner sur une ballade, ou être mou sur un morceau speed, mais ça, ça se travaille en répéts. Par contre il ne peut pas jouer de fausses notes, contrairement au bassiste. C'est pas compliqué, ça fait peut-être 10 ans qu'il joue de la batterie, il commence à découvrir les concepts d'accord et de tonalité. Au contraire un bassiste qui jouerait sans savoir ce qu'est un accord ou une tonalité, serait limité. C'est pour ça que je suis plus exigeant avec mon bassiste, qu'avec mon batteur. Et qu'un bassiste doit bosser chez lui, avant les répéts tout ce qui concerne les bases harmoniques et mélodiques, pour se concentrer sur le travail du groove en répéts. En ce moment, mon bassiste peut difficilement ne pas travailler, c'est ma petite copine, on vit ensemble, et je suis son prof de basse.  
 
Posted by Barca on Monday, October 26, 2009 - 10:20 AM
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Michel Isnard

 
Je trouve l'expression "attitude ironico-désinvolte" tout simplement excellente. Elle me rappelle du monde. Je trouve également qu'il y a de nombreux musiciens coincés entre un intellectualisme hors de propos et la conviction d'être, quoi qu'ils fassent, étrangers à la musique qu'ils aiment et donc condamnés à n'incarner que les pièces rapportées d'une authenticité à laquelle ils n'ont pas droit..

 
Posted by Michel Isnard on Monday, October 26, 2009 - 10:24 AM
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