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MISS GREEN



Last Updated: 12/6/2009

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Status: Single
City: NANTES
State: Pays de la Loire
Country: FR
Signup Date: 1/4/2008
Monday, July 07, 2008 


Née à Saint-Nazaire, à l'Immaculée, sa mère était seule le soir de l'accouchement. Elle n'était pas tout à fait sûre de l'identité du père. Elle pensait que c'était un ouvrier des chantiers navals qui avaient été en mission pour 6 mois sur un de ces paquebots de luxe, fer de lance de l'économie régionale.
A cette époque sa mère avait des amants presque réguliers. Cependant son cœur était à prendre et cette fragilité apparente n'arrangeait rien. Alors elle s'abandonnait facilement à qui lui offrirait un peu de tendresse. Cette femme était perdue dans les limbes d'une profonde mélancolie.
Elle tomba rapidement amoureuse de cet homme qu'elle avait rencontré curieusement sur le lieu de son travail . Caissière de profession, cet homme passa pendant 3 semaines devant son tapis sans dire un mot. Elle le remarqua très vite, tellement son physique s'imposait à la plèbe habituelle de l'agora locale : un regard émeraude et pénétrant, des épaules larges ; Mais ce qui l'avait marquée c'était ses mains, des paumes de géant marquées dans la chair par les affres d'un métier rugueux. Et puis c'était un personnage plus que régulier, passant toujours à la même heure, une sorte de calende que l'on ne pouvait oublier. Il portait toujours le même vieux caban marin, usé. Le vingt deuxième jour il lui adressa la parole et lui glissa un papier sur lequel était écrit tout simplement un lieu de rendez-vous : parc paysager, banc derrière la soucoupe à vingt heure.  
Avec passion elle s'immergea dans ce qui lui semblait être une véritable romance. Mais quatre mois plus tard il s'en était allé. Marseille l'attendait pour d'autres chantiers. Elle noya son chagrin dans l'alcool et trouva d'autres bras moins tendres pour épancher ses larmes. Deux mois passèrent. Elle découvrit qu'elle était enceinte.
De toute façon il était parti sans laisser d'adresse mais il  lui avait laissé son vieux caban avec juste un mot pour lui dire toute l'affection qu'il lui portait. Et ce fut tout.
Triste destin pour ce 24 janvier 1983. Elle était seule pour mettre au monde sa fille. Elle ne pensait plus qu'à cela, plus rien d'autre ne comptait. Même si dans le confins de son esprit, une onde de tristesse lui rappelait le visage de celui qu'elle avait pendant quatre mois, crut aimer. Sous le signe du chagrin sa vie resterait gravée .

Sa mère l'aimait tant, mais pleurait souvent. Elle ne trouvait pas l'épaule solide qu'elle avait, un jour pensé trouver. Elle s'occupait de sa fille mais elle souffrait. Sa fille le sentait et la mélancolie maternelle s'installa définitivement dans son âme et son cœur. Elle devinait qu'elle aussi elle demeurait à jamais solitaire. Un autre destin l'attendait mais à treize ans, elle avait d'autres préoccupations. Malgré la détresse de sa mère, elle s'en sortait quand même facilement. Elle faisait de bons choix et travaillait plus que sérieusement. Elle était même plutôt douée pour les choses de l'esprit. Comprenant vite, elle manipulait chiffres et lettres avec dextérité. Eh oui les chiffres et les lettres demeuraient l'émission de référence de la famille ! C'était en réalité un des rares moments de bonheur que sa mère et elle partageait vraiment. Sa maman disait toujours : « on peut vivre dans un deux pièces et apprécier la culture ». A l'adolescence elle prit aussi conscience de ses propres qualités plastiques et elle en usa rapidement pour atteindre au début des objectifs enfantins mais qui devinrent plus tard un peu plus insidieux. Ses yeux verts pénétrants, elle les avaient hérités de son père, c'est ce que sa mère espérait. Les traits fins et ses longues jambes, elle les héritait de sa maman qui était pas mal également. Seize ans fut l'âge de la rupture. Définitivement elle tourna l'âge de l'insouciance. Sa mère mourut de mélancolie, ce qui la plongea dans une profonde solitude. Elle n'avait plus personne, même pas l'ombre d'un père sur lequel sa maman n'avait jamais rien dit. Elle fut d'abord confiée à une famille de Saint-Nazaire.

Intelligente elle l'était mais quelque chose s'était irrémédiablement brisé. Comme un fantôme elle n'arrivait plus à s'attacher, perdant pour l'humanité tout aménité. Son cœur s'endurcit. Sa beauté était un atout mais devint aussi parfois un lourd fardeau. Elle l'utilisa pour arriver à ses fins. Quittant le lycée avant l'année du baccalauréat, elle passa de famille en famille. Les pères de famille, troublés par ses charmes avaient du mal à résister. Et elle jouait, commençait à manipuler les hommes comme elle avait manipulé les chiffres. Elle savait croiser et décroiser les jambes au moment ultime, laissant la porte de sa chambre entrebâillée au moment de se dévêtir. Sans pudeur elle accrochait ses dessous trop sexy sur le fil à linge familial.  Ses tenues devenaient de plus en plus provocantes, irritant les mères de famille, qui souvent au bout d'un mois de présence signalait l'indécence de cette jeune sylphide. Elle poussait les maris au bord de la crise de nerf ! Un certain machiavélisme naissait et s'emparait d'elle. Elle reproduisait ce schéma à chaque famille. Elle avait recréé son propre équilibre dans la destruction d'autrui.

Et un soir elle décida de mettre fin à tout cela. Elle quitta Saint-Nazaire, sa ville de misère. Ville qu'elle avait tant détestée car ouvrière, poussiéreuse, où elle pensait avoir mis à mal un certain conformisme bourgeois. Elle pensait avoir été son propre instrument d'une lutte sociale qui l'avait confinée à une vie de combat. Elle s'était forgée une identité, sulfureuse et scandaleuse. Elle était désormais prête à assumer une œuvre plus sombre encore… la légende de Miss Green pouvait commencer.

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