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Blog - Orchestre Poétique d’Avant-guerre Là où nous en sommes...

O.P.A



Last Updated: 2/8/2010

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Monday, June 08, 2009 


Visages pâles, nous avons craint de voir nos peaux brunir au soleil et nous sommes retournés à l’ombre des cavernes, pourtant frileux, nus sous l’abîme de l’apparence, ouvrant nos béances à la solitude.

Nous avons recouvert de nos mains nos yeux, comme si c’étaient eux qui nous auraient permis de voir, comme si nous ignorions que cela viendrait de quelque part en nous de plus profond et de plus sensible.

Visages pâles, nous ne savions plus déchiffrer les rêves, ni lire dans le vol des oiseaux la venue de l’orage mais nous pouvions transpercer le ciel, nous mouvoir plus vite que le son, vivre et mourir sans avoir pris soin de nos âmes.

Nous pensions avoir évité le chaos, de n’en avoir, pour certains d’entre nous, même pas ressenti la secousse, de n’avoir pas été ébranlés et au bout, de n’avoir que des questions existentielles pour nourrir nos appétits, pour justifier nos élans chromosomiques, pour décrocher de la matière.

Visages pâles, voulant toujours éviter le pire et remettant à plus loin, dans l’ailleurs, les rites de nos barbaries, nos maisons restaient closes mais nous n’étions plus aux aguets.

Nous étions si domestiqués qu’à ravaler nos rages, des dents de lait ornaient encore nos bouches et que nous titubions, alors même que nous pensions courir.

Visages pâles, de la décadence de nos civilisations, nous n’entendions que le roulis lointain des conséquences et nous appelions « lendemains » ces jours qui s’effeuillaient sans évidence, qui tombaient un à un, sans poids et sans consistance, qui repoussaient.

Nous rêvions des étoiles alors même que nos pieds ne prenaient pas racine, alors même que nos corps s’entravaient, alors que nos dos devenaient courbes et que nous ne respirions déjà  plus que par à-coup.

Visage pâles, à recoudre nos peurs, à nous vouloir à tout prix vivants, nous songions, aux termes d’euphories passagères, que nous avions déjà assez pleuré et que l’acquis valait toujours mieux que l’inné pour se départir des héritages sanglants.

Les descendances étaient venues et nous nous disions, finalement, que le voile s’était épaissi suffisamment, qu’il n’était peut-être plus nécessaire de se tenir aussi raidement sur nos gardes ; nous avons cru entrevoir l’aisance et la facilité : ces dons qui n’en étaient pas et que nos voulions transmettre comme si cela était dans l’ordre de choses.

Visages pâles, nous ne pouvions plus réchauffer nos faces au filtre du Zénith, nous ne pouvions plus, ouvrant jusqu’aux os, saisir la quintessence.

Nous avions oublié tant de gestes qu’il ne restait plus rien de ces êtres qui avaient fui, pensant allant vers, et qui maintenant s’agitaient, déployaient sans visée leurs trajectoires étroites, délicates et déliées, insondables.

Visages pâles, nous repoussions cette voix invisible qui nous hâtait de comprendre, qui parcourait nos limbes, qui tintinnabulait, qui bourdonnait parfois si fort que nous nous sentions obligés de parler haut, pour ne pas perdre le fil, pour poursuivre nos chimères, ce bonheur préconçu où noyer nos identités floues et équivoques.

Puis le fou agita le grelot et nous fûmes obligés de voir.

Notre éclatante nudité.
Notre œil, au centre, cousu.
Nos prémonitions enclavées.
Nos instincts retenus.
Nos résurgences primaires.
Nos férocités élimées.
Notre courte vue.
Nos branches sans rameaux.
Nos souffles courts.
Nos ventres inféconds.
Nos inspirations fades.
Nos objectifs étriqués.
Nos verbiages rudimentaires.

Il fallait un sursaut.

Il vint, de quelque part en nous de plus profond et de plus sensible.

m. pour O.P.A - 8 juin 2009

**
Ce texte est libre de droit.

Vous pouvez le reproduire, le diffuser par mail, courrier, à la radio, le publier dans les fanzines, vous pouvez le coller sur les murs, le dire, le chanter...

En gros, vous pouvez tout faire sauf le vendre.

Juste : n'oubliez pas de préciser l'auteur et le groupe.

Du courage à toutes et tous,

m.

yann
Yann bariou

 
j'ai lu avec intérêt tes mots, tes phrases, tes constats ;
      très amicalement et à bientôt , Yann.  

 
Posted by yann on Monday, June 08, 2009 - 16:11
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rolka

 
C'est.. si.. tellement.. pas de mots, les tiens suffisent.

 
Posted by rolka on Monday, June 08, 2009 - 17:26
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Kwes vibes

 
Triste constat!!!Merci de m'avoir envoyé ce texte...Et bravo à la personne qui l'a ecrit.Poussiere nous sommes et poussierre nous restons.
 
Posted by Kwes vibes on Tuesday, June 09, 2009 - 05:16
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ness

 
pfiou!.....
Bravo

 
Posted by ness on Tuesday, June 09, 2009 - 08:18
[Reply to this
Minute Papillon

 
Tes mots font mal, mais cela fait du bien aussi ! Comme une écorchure qui démange et qu'on gratte jusqu'au sang pour en finir avec toute cette croute de merde... Arrêtons de mijoter dans notre jus de trouille, redevenons comme toi mon amie, féconds et affranchis.


 
Posted by Minute Papillon on Wednesday, June 10, 2009 - 14:44
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Magalie

 
Les mots sont une force....définitivement
Merci à toi, pour tout ce que tu fais, ce que tu es
Bises à toi, sister

 
Posted by Magalie on Thursday, June 11, 2009 - 14:04
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MyFanch

 
Posted by MyFanch on Friday, June 12, 2009 - 22:26
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O.P.A

 
Yep !

Merci de faire suivre. O.P.A n'a pas de FaceBook, déjà pas mal à faire sur myspace :+)

Grand merci.

 
Posted by O.P.A on Saturday, June 13, 2009 - 19:01
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Sofi

 
Superbe.. Merci d'avoir diffuser
 
Posted by Sofi on Tuesday, June 16, 2009 - 08:14
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LADY T
LADY T

 
Bravo !!
Texte conscient, poétique et sensible, un style doux mais incisif et très efficace, bref, une jolie réussite !
Je souscris de ce pas à votre blog !
Que le message délivré au travers de la fumée de votre feu survive durablement !
T.

 
Posted by LADY T on Sunday, June 21, 2009 - 17:27
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°SYSTEME00°

 
Comme une branche pourrie si haut sur un arbre qui échappe à notre prise, nous tombons trop  sûr de nous même pour ne plus jamais nous relever...



 
Posted by °SYSTEME00° on Wednesday, September 09, 2009 - 11:23
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