Armistead Maupin, Michael Tolliver est vivant (L’olivier)
Traduit de l’américain par Michèle Albaret-Maatsch
304 pages
20 €
Vingt ans qu’on n’avait pas eu de nouvelles de la bande d’amis des Chroniques de San Francisco. Et voilà soudain qu’un septième tome apparaît de nulle part pour nous rappeler que Michael Tolliver est vivant. Ok, mais dans quel état ?
Michael Tolliver a vieilli, mais la vie est belle pour ce quinquagénaire, et même le virus du Sida ne semble pas lui poser plus de problème que ça. On retrouve cette atmosphère familière des tomes précédents, faite de name-dropping de rues de San Francisco, de supermarchés, de parcs, de boutiques et de restaurants, ces personnages exubérants, leurs doutes, leurs envies, le tout sur fond de critique de l’Amérique puritaine. Et pourtant… Marre de retrouver toujours les mêmes thèmes : relations homosexuelles, famille, amis, tolérance. Ha, la fameuse tolérance ! Chaque page nous assène une superbe leçon de morale, d’acceptation de la différence et tutti quanti. Trop de bons sentiments tue les bons sentiments. Maupin, c’était avant tout de la subversion, de l’originalité, de l’excentricité, chroniques de la libération sexuelle féminine, de l’apparition du Sida, du développement du mouvement gay/lesbien/trans… Dans Michael Tolliver est vivant, Maupin, c’est surtout une bonne couche de politiquement correct juste après quelques ligne de sexualité débridée. Le tome de trop ?