
05/03 > 08/03/2008 - PARIS
Belles échappées
Le festival Fugues fait la part belle à un rock buissonnier
Robin GUTHRIE
L'association Fugues organise du 5 au 8 mars son festival en des lieux différents (à tous les sens du terme) de Paris et de ses alentours. Belle occasion de découvrir la face cachée d'un certain rock indépendant, avec, en vedette, Robin Guthrie, tête pensante des regrettés Cocteau Twins.
A l'origine d'une revue éponyme de haute tenue, ainsi que d'une récente compilation en CD-R à tirage très limité, Fugues – collectif dont mouvement.net a déjà plusieurs fois souligné les mérites (relire le manifeste ci-dessous) – donne à son travail éditorial un salutaire prolongement en faisant venir en région parisienne, tout au long de l'année, des musiciens que l'on n'aurait autrement à peu près aucune chance de voir jouer. Parmi les derniers concerts en date, citons, par exemple, celui organisé lundi 25 février au Point Ephémère au cours duquel David Daniell et Sylvain Chauveau ont livré chacun une rare prestation en solo. Comme son nom le suggère bien, Fugues aime et défend en premier lieu les musiques qui prennent la tangente, n'utilisent aucun plan (et surtout pas de carrière), creusent des sillons inédits et ouvrent – ou, à tout le moins, essaient d'ouvrir – de nouvelles pistes sonores. De ces musiques ardemment buissonnières, un beau florilège est offert lors du festival qui se déroulera, du 5 au 8 mars, dans plusieurs endroits stratégiques (La Java et Le Monte-en-l'air à Paris, le 1Bis à Ivry-sur-Seine et Mains d'--uvres à St-Ouen) et dont Robin Guthrie sera l'incontestable tête d'affiche (en ouverture, mercredi 5 mars) : en solo, l'ancien guitariste et compositeur de Cocteau Twins continue de s'aventurer – une infinité de guitares compensant désormais l'absence de voix – vers les sphères hautement éthérées jadis fréquentées avec son trio(1). A ses cotés, se produiront notamment l'Anglais Winterlight et les Italiens Port-Royal (photo), adeptes d'une electronica lunaire proche de celle du trop méconnu Ulrich Schnauss, les Australiens Heligoland, pourvoyeurs d'une envoûtante pop en apesanteur, ou encore les Français Object, continuateurs inspirés du post-punk le plus orageux.
1. En témoigne notamment le bien nommé album Imperial (voir Octopus/Mouvement n° 22) ou encore la bande originale composée, avec le pianiste Harold Budd, pour le film Mysterious Skin de Gregg Araki.
Jérôme Provençal - Mouvement