Les angoumoisins du groupe de rock déjanté "Kiss the world for me" joueront ce soir à Grelet pour le tournage de la dernière scène de "Mammuth", le dernier film de Benoit Delepine.
En plein coeur du festival du film francophone,
il n’y a pas que les jeunes
acteurs qui peuvent espérer se faire
remarquer. Le groupe angoumoisin
«Kiss the world for me», encore inconnu
du grand public, a eu la chance
d’être choisi par l’équipe de Benoît
Delépine pour jouer au Maki (les anciens
abattoirs de Grelet à Angoulême),
ce soir lors du tournage de la
dernière séquence du film «Mammuth
». Deux filles, deux garçons. «On
a été contacté par Florent Poujade du
Maki il y a à peine trois semaines», raconte
Etienne Jouanneau, un des
deux garçons du groupe. «On connaît
déjà un peu l’équipe parce qu’on a
participé au festival Groland il y a
quelques mois».
L’équipe du film, en tournage à Angoulême
depuis juillet, a quelques exigences
: ils veulent un groupe très
rock n’roll, un peu déjanté et surtout,
avec des filles. Définition quasi parfaite
du groupe, qui s’auto-qualifie de
«sucrerie à sucer avidement avec les
yeux et les oreilles» et promet de faire
«saliver et chauffer le fond de vos converses
tout en laissant vos mains libres
pour boire une bière».
Enfants terribles du Mars Attack (le bar
concert rock de la place du Champde-
Mars qui a fermé ses portes début
juillet, ndlr), Etienne, Nicolas, Aurélie
et Céline ne sont pas des musiciens
virtuoses. Ni des chanteurs. «Mais on
compense ça par un spectacle “sexy
dance rock’n roll”» explique Aurélie
Brin. Sur scène, pendant que les garçons
font hurler leurs guitares électriques,
les «kissing girls» font le show
déguisés en infirmières tout droit sorties
de l’univers manga. «L’idée, c’est
de faire un truc simple, fédérateur et
de pouvoir rapidement s’amuser sur
scène».
Un cocktail punk-rock détonnant qui a
séduit l’équipe du film. À tel point qu’ils
ont, par la suite, proposé aux deux
filles de faire de la figuration sur
«Mammuth». «On est censé être des
copines de Miss Ming, la nièce de Gérard
Depardieu dans le film», explique
Céline Richeboeuf. «On a eu deux
scènes assez spéciales: une où on picole
en haut d’un château d’eau et
l’autre où on fait semblant de se soulager
dans les dix-huit trous d’un terrain
de golf». Du Delépine dans le
texte.
Autant lier l’utile à l’agréable, la dernière
scène du film est un concert qui
fait aussi office de fête de fin de tournage.
«Pour l’instant, on n’a aucune
idée de ce qui va se passer», explique
Nicolas Carreau. «On sait juste qu’ils
ont choisi une de nos chansons pour
tourner un plan séquence». «Kiss the
world for me» devrait continuer à jouer
pour animer la fête.
Les quatre membres du groupe se
connaissent depuis longtemps. Tous
trentenaire ou presque, ils se sont rencontrés
pendant les belles années du
Mars Attack. Nicolas Carreau a été le
programmateur de la salle de 1999 à
2007. «Le plus vieil emploi-jeune du
monde», plaisantent ses collègues.
Les trois autres étaient des mordus de
rock, tout simplement. Ce n’est qu’en
février 2008 qu’ils ont décidé de monter
un groupe, en parallèle de leurs
emplois respectifs. «Tout est allé très
vite», raconte Nicolas Carreau. «On a
fait une trentaine de dates de concerts
entre septembre 2008 et juillet 2009,
principalement dans l’Ouest et le
Sud». À peine un an après sa création,
le groupe a fait partie de la présélection
du Printemps de Bourges, un des
festivals de rock les plus en vue de
France.
Pourtant, chez «Kiss the world for
me», tout est fait maison. S’ils ont pu
enregistrer leur bande-son électro à
Làa Nef avec des professionnels, le
reste de leur création sort tout droit de
la cave de Nicolas Carreau, dans laquelle
ils ont installé leur salle de répétition
et studio d’enregistrement. À
l’entrée, un panneau met tout de suite
dans l’ambiance en indiquant le «Département
de Neurologie». À l’intérieur,
les murs sont recouverts de boîte
d’oeufs. Tentative d’isolation phonique
à l’ancienne visiblement peu concluante.
Depuis une semaine, ils s’y enferment
«de 11h à 4h du matin» pour être fin
prêts vendredi soir. On sent un peu de
stress, mais surtout une grosse envie
de s’amuser. Et d’embrasser le
monde.
www.myspace.com/kisstheworldforme
Elise ROULLET RENOLEAU