"La poésie ne doit pas périr,
car alors où serait l'espoir du monde?"
Léopold Sedar Senghor
Parce que j'ai lu d'abord ce magnifique poème, "Afrique de moi", qui m'a vraiment touché, j'ai continué à lire ses autres textes en y laissant quelques modestes commentaires... Pas sur tous.
Il s'appelle Beegy Yikson. Il a 19 ans et j'ai eu un coup de coeur pour ce qu'il écrit, donc pour lui.
Le ton de Beegy me fait penser à celui du poète Léopold Sédar Senghor, qui a imaginé le concept de "négritude"... Dans une certaine mesure, il y a quelque chose de très fort, et d'aussi bouleversant tant dans la poésie de Senghor que dans celle du jeune Beegy.
Je vous laisse ici quelques vers de Senghor avant de vous faire partager ceux de Beegy.
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Femme noire
Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté!
J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait mes yeux.
Et voilà qu'au coeur de l'Ete et de Midi, je te découvre, Terre Promise, du haut d'un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l'éclair d'un aigle.
Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui grondes sous les doigts du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée.
(...)
L.Sédar Senghor, Chants d'Ombre, 1945

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Afrique de moi
Afrique de mes origines
Afrique ma source
Afrique mon sang.
Du fond de la carcasse de mon vieux cœur,
Je te pleure,
Afrique de moi.
Afrique en détresse
Afrique des infinies tristesses
Afrique déchirée
Afrique frustrée,
De ta souffrance,
De ton mal,
Mes larmes sont pleines.
Que de visages,
Durcis par le manque de CFA.
Que de ventres, vibrant de faim,
Que d'âmes vivantes,
Fouettées par tes caprices.
D'orphelins,
De veuves,
Et de veufs,
Maudissant ta bosse
Grossissant à chaque génération.
Que de personnes,
Embrasées par les flammes de la vengeance
Que de morts,
Disparus, dans tes sombres entrailles
Sans honneur.
Que de <>
Se sont vidés de leurs essences
Sur ta ténébreuse peau, sans ADIEU !
De mutilés,
Dégueulant goulûment la vie, sans retenue.
Afrique !
Afrique !
Tu nous dois ce mouvement,
Qu'attends-tu ?
Pour crier NON !
Et le faire.
AFRIQUE LEVE TOI… … …
ET montre-nous,
Ces histoires absorbées
Qui te gonflent le gosier !
Beegy Yikson

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Beegy Yikson