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CE QUI S' EST
REELLEMENT PASSE LORS DU 14 JUILLET 2009 CALAIS 2009
1/ Présentation de
Grégory PASQUEILLE:
Je me présente,
Grégory PASQUEILLE, 25 ans, je suis membre de pas mal d'associations
et de collectifs appartenant à la Gauche, voire même extrême
gauche comme:
Jeudi Noir (
spécialisé dans les réquisitions de logements vides sur Paris et
en région Ile de France);
MACAQ (spécialisé
dans l'animation des quartiers et de la jeunesse et informatique);
Membre du comité de
soutien à la Coordination des Sans Papiers de la CSP75 (qui occupent
à l'heure où je vous parle un local appartenant anciennement à la
CPAM, mais avant tout nous avions occupé la Bourse dans le 03 ème
arrondissement de Paris);
Membre créateur du
Comité Résistance Citoyenne ( en ce qui concerne toutes les luttes
étudiantes mais aussi autres contre le Gouvernement de Nicolas
SARKOZY);
Membre du collectif
Appel des Appels (lancé l'année dernière par Roland Gori);
Membre du collectif
« je ne veux plus rentrer chez moi »
( qui se réunit tous les lundis soir devant chaque mairie de Paris);
Membre
du réseau « No Border »
qui se bat pour la libre circulation dans tous les pays et aussi pour
le soutien des sans papiers...
2/
Présentation du camps No Border:
En
tant que membre du réseau « No Border »,
j'ai donc été participer à la semaine qui s'est déroulée entre
le lundi 23 et jusqu'au lundi 29 juin 2009, dans la ville de Calais.
En
effet, nous avions été mis au courant qu'il allait se passer des
choses dans la ville de Calais, en particulier le démantèlement de
la « Djungle »,
lieu où vivent tous les migrants qui sont à Calais et qui veulent
aller en Angleterre. Lors de notre arrivée le lundi 23 juin 2009 sur
le camps, nous étions comme d'habitude fouillé par les agents de
police (qui je le précise, il y avait la Brigade Anti Criminelle,
les chiens policiers, CRS, Gendarmerie Nationale et autres...) qui
faisaient une vérification systématique de ceux qui entraient et
qui sortaient du camps.
Il
faut aussi savoir des informations comme par exemple: quand un bus
prenait un passager qui venait du camps, le chauffeur avait reçu
l'ordre d'appuyer sur un bouton, de laisser les portes fermer jusqu'à
l'arrivée de la police.
Mais
il n'y a pas que cela, alors que je vais en ville avec un copain, je
constate que les riverains font les courses avec de gros cabas comme
si une troisième guerre mondiale allait se passer, je leur ai donc
demandé pourquoi ils faisaient tout ceci, certains ne répondaient
pas, pendant que d'autres disaient qu'il s'agissait du discours de la
mairie de Calais en ce qui concerne les membres de No Border. A
savoir que la mairie de Calais ne voulait pas que ce camps puisse se
passer comme quelques mois auparavant à Strasbourg ( pour ceux qui
se souviennent il s'agit du contre- sommet du G20 en avril 2009).
Calais ne voulait en aucun cas d'une ville assiégée par les
« casseurs ».
La mairie de Calais avait aussi précisé et demandé à la
population de ne pas trop sortir durant la semaine pendant que les No
Border étaient là.
Nous
étions à peu près 500 militants sur le camps, nous avions aussi
invité toutes celles et tous ceux qui voulaient se joindre à nous.
En effet, nous avons réussi à dédramatiser en invitant la
population à nous rejoindre, à partager et discuter ainsi toutes et
tous ensemble. La semaine s'est bien passée, puis il y a eu enfin le
moment que tout le monde attendait, la fameuse manifestation.
Nous
avions commencé à partir donc le samedi matin du 27 juin 2009 à
partir de 07 heures, car on ne savait pas si nous allions être
bloqué ou non, mais bon, nous avons bien fait.
Nous
avions rendez vous normalement le samedi matin à 10h00 au phare de
Calais pour la fameuse manifestation dont des partis politiques
(Verts, NPA, etc...) mais aussi des syndicats (CNT, etc...) et
associations et autres nous y attendaient. Ce qui se passa, c'est que
dès que nous étions parti du camps, la police nous fouillait, mais
aussi essayait de nous attaquer afin que nous y répondions pour donc
dire que les No Border (pour la plupart des militants d'extrême
gauche) sont des « terroristes »,
ce qui n'est pas le cas. Nous avons été fouillé donc au départ,
puis sur la route assez fréquemment, ce qui nous fit arriver au
point de rendez vous vers midi, tout en partant à 07h00 du matin. La
manifestation avait ainsi été autorisée jusqu'à 14 heures, ce qui
nous resta donc plus que deux heures. Il y avait eu de la provocation
gratuite de la part de la police assez régulièrement, aussi bien
sur la manifestation que sur le camps...
Je
me serai tout de même fait contrôler 25 fois sur la semaine, aussi
en sachant que pour 500 militants, il y avait plus de 4,000 policiers
(dont la moitié venant de Paris).
La fin du camps est prévu pour le lundi 29 juin 2009. Donc ce jour,
tout le monde rentre chez soi.
3/
Ce qui se passe lors de la soirée du 14 juillet 2009:
Alors
que le camps est donc terminé, nous rentrons donc tous chez nous. Je
rentre sur Paris, pour quelques jours, puis je décide ainsi d'y
retourner pour aller vraiment voir mais surtout aider ces pauvres
gens.
Un
premier article apparaît dans le journal « Nord
Littoral » du vendredi 10
juillet 2009 avec comme titre suivant: « Les No
Border de retour », alors
que je ne vois que un article me concernant uniquement.
Puis,
arrive donc le jour du 14 juillet 2009, alors que nous sommes dans un
bar, pas loin du tout de la place d'Armes, nous recevons un sms avec
marqué dessus: « Le maire de Calais est sur la place
en train de distribuer des lampions pour les jeunes »...
Je
décide alors d'y aller, et j'y suis rejoins par des copains assez
rapidement. Puis, je décide de passer à l'action en allant au
devant de Madame le Maire de Calais, au début je lui demande si je
peux avoir moi aussi un lampion, celle-ci me dit que je suis trop âgé
que ce n'est pas pour moi. Alors, je commence à vouloir passer à
l'action un peu plus osée on va dire, je lui demande donc si il y a
possibilité d'avoir entre 700 à 800 tickets de douches pour les
migrants, celle-ci me réponds ainsi que ce n'est ni le lieu ni le
moment, alors je lui demande de me dire c'est quand le moment,
celle-ci me répond encore que ce n'est pas le moment. Intervient
alors une personne assez âgée et assez bien portant qui commence à
me pousser. J'ai donc un copain qui vient et qui lui rétorque cette
phrase-ci: « Toi, heureusement que tu es vieux et que
tu as des lunettes »,
phrase qui sera reprise par la suite. Voyant tout ceci, Madame
Natacha Bouchart, maire de Calais demande alors de faire alerter la
police qui arrive assez rapidement sur place, car il lui aura fallu à
peu près 5 minutes pour arriver avec trois voitures de police pour
un seul homme à embarquer. La police me demande ma carte d'identité
que je ne donne pas tout de suite, donc ceux-ci m'arrêtent devant
tout le monde et aux yeux de toutes et tous. Je suis donc assez vite
menotté, puis embarqué en voiture de police pour être emmené au
commissariat de police le plus proche de Calais. Là, ils me font un
contrôle d'alcoolémie (avec un taux de 0,00% d'alcool), puis me
passent dans la salle de déshabillement (on me met à poil, faire
voire mon cul si je n'ai rien mis dedans je dois écarter mes fesses,
faire voire ma verge et tousser) puis on me met en cellule.
On
me questionne après deux heures être resté dans la cellule sans
rien voir ni parler, je vais donc dans un bureau, où je suis
questionné par une femme policier, mais aussi un homme qui me pose
pas mal de questions aussi, à qui je ne réponds pas au début puis
ensuite oui je décide de lui répondre quand même. Puis de plus en
plus ce sont des question d'ordre privé et de vie privée, je leur
réponds, mais surtout je vais signer et avouer ma culpabilité alors
que je sais que je suis entièrement innocent sur tout, mais que
faire et comment faire face à une institution comme celle de la
Justice en France?
Puis
je retourne dans ma cellule jusqu'au lendemain matin. On vient
ensuite me chercher pour prendre mes empreintes et me prendre en
photo, ce qui me prend un petit quart d'heure au total. Puis je sors
le 15 juillet 2009 à 12h50, ce qui m'aura fait une durée de 14
heures au total de ma garde à vue.
Lors
de ma sortie, n'en pouvant tellement plus, je commence à craquer.
Puis je me ressaisis, voyant que j'aie deux plaintes: la première
venant de la part de la police en qui j'aurais sois disant dit:
« bandes de connards, bandes de petits cons, appelez
la presse et mon avocat, j'ai des relations »,
alors que je n'ai jamais dis la première partie de phrase, qui est
la suivante:
« c'est
une arrestation politique, appelez la presse et mon avocat, j'ai des
relations », voyez donc la
transformation du début de la phrase.
Puis
la seconde plainte vient de Monsieur Claude Demassieux (Directeur de
cabinet de madame le Maire de Calais) qui a porté plainte pour
outrage envers un responsable d'utilité publique.
Je
me suis donc mis à me renseigner pour savoir qui était réellement
Claude Demassieux, quand on tape son nom sur Internet, on comprend
donc vite pourquoi j'aie une plainte derrière moi, j'ai vu que
celui-ci avait été Député entre 1993 et 1997 dans la septième
Circonscription du Pas- De- Calais, en particulier à Calais.
Pour
plus d'informations, voici mes blogs, et mes adresses mails:
http://coucou22204.kyblog.com
Grégory
PASQUEILLE