Même débarrassée de ses voitures et de ses couloirs de bus, Paris reste envers et contre tout une ville dans laquelle il est très difficile de circuler, et la flamme olympique en a fait les frais.
En effet elle a vécu un véritable chemin de croix durant son semi marathon avorté.
Cette fainéante a même terminé sa course au chaud dans un bus. Au moins la seule chose dont on ne pourra pas l’accuser, c’est de dopage. Je crois que dorénavant et vu ses performances sportives on peut la surnommer la bougie olympique.
Les symboles m’ont toujours laissé perplexe, qu’ils soient sous forme d’objets ou d’actions stériles. Badge, photo du Che, ruban rouge…
De tout temps, ils n’ont été que des inventions de publicitaires aguerris, et quand on me dit qu’une flamme olympique est le symbole de l’amitié et de la coexistence pacifique, je préfère encore l’escroquerie de la Vierge Marie qui pleure des larmes de sang au goût ketchup.
Je n’aurais versé aucune larme de crocodile si la décision (improbable) avait été prise de boycotter les jeux olympiques, et surtout je ne ressens aucune émotion lorsqu’on me ressert ce discours de vendeurs d’encyclopédies au porte à porte comme quoi les jeux olympiques représentent l’union entre les peuples. Sachez que dans le sport de compétition tout le monde se déteste et chacun n’a qu’une seule idée en tête : « détruire » l’autre.
Mais pour revenir au périple de l’allumette olympique (pardonnez-moi cet irrespect, c’est pour évitez les répétitions), celui-ci n’est rien à côté des réactions des manifestants.
En revoyant les images de toutes ces personnes qui ont tenté de l’éteindre de manière aussi comique que grotesque, et bien je pense à Robert Ménard qui, malgré lui peut-être, est devenu le digne successeur de Noël Godin l’entarteur, avec la flamme olympique en lieu et place de Bernard-Henry Lévy.
Au-delà de cette victoire, je pense que ce qui aura manqué finalement à monsieur Ménard pour que son action soit une réussite totale c’est de frapper un grand coup et de tenter, tel un bonze bouddhiste, l’immolation par le feu sur le parvis de l’hôtel de Ville.
Mais heureusement, sur ce coup-là, il ne s’est pas fait « plus tibétain que les tibétains ».
Aujourd’hui le « bien » a gagné, et malgré cela, beaucoup considère que l’extinction du briquet olympique représente une grave défaite pour la droite, pour la gauche, pour le sport, pour la France, pour le monde, pour l’univers et la voie lactée.
Bernard Laporte, représentant en jambon et casinos, a même ajouté que la fête était un peu gâchée.
Tant mieux ! J’ai horreur des fêtes et des liesses populaires.
Les rassemblements de joie collective me font peur et ont toujours eu pour moi comme un arrière-goût de pendaisons en place publique.
Et d’ailleurs comme prochain combat à mener, je propose à Robert Ménard de s’attaquer à la fête de la musique qui constitue depuis 25 ans une très grave atteinte à la liberté de mes oreilles et à la préservation de mes tympans.
Et pour terminer un peu d’histoire :
L’idée du relais de la flamme olympique a germé dans le cerveau des nazis en 1936.
Le stade Charlety est le premier lieu de Paris à avoir été libéré des nazis par la division Leclerc.
La flamme olympique des jeux de la dictature chinoise aurait dû y terminer sa course dignement.
Le CIO, pas à une muflerie prêt, a quand même failli réussir son pari de boucler la boucle de la connerie.