Status: Single
City: paris,galembrun
Country: FR
Signup Date: 11/16/2005
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Tuesday, March 03, 2009
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Chronique Millfeuilles le 10.12.2008 · par Marteen B.
Délicat comme le vieil album jauni des photographies d'un fantasmatique yiddishland, où les visages ridés plongent leurs yeux dans l'appareil. Empli d'instants de chansons, de notes pianotées attrapées par une fenêtre ouverte qui donne sur un salon de musique. Vinyles rayés qui rachotent sur une platine. Manteaux épais et rapiécés, bonnets, bouts de laine, timbales tordues, enfants mutiques aux yeux immenses. Heniek possède l'intensité immédiate, fulgurante, d'un éclat de soleil sur du givre. Ecrit dans la lumière. Musique des premiers redoux - des premières fontes, premières verdures - musique ni glacée ni frileuse, mais musique crevant l'hiver.Ici, le givre est électronique. Pour la trame et le jeu de perturbations, ou pour les grondements et accrocs multiples qui viennent balafrer le chant. Pour l'écriture aussi : chansons continues, sans couplet ni refrain arrêtés.Sous le givre, le caractère cristallin vient du toucher du piano, répétitif et moelleux, à la fois rythmique par la ténuité de ses motifs et amorti. La voix, quand elle est présente, chantant en français, en allemand, en yiddish, est très aiguë, avec des qualités amoureuses. Voix qui murmure souvent et qui séduit immédiatement. Elle se montre pourtant sensiblement plus audacieuse dans l'écriture que ses consoeurs. Poussant même la trille à l'occasion. Plus ambitieuse et moins pop. La voix à l'œuvre ne cherche pas la séduction ; elle est présence. Inquiétante d'ailleurs. Petite fille qui paraît trop vieille et trop chargée, sa voix trop ferme, qui toise, les yeux grands ouverts, les machines expérimentales et son ordinateur. Car cette musique, en apparence aussi diaphane et intuitive qu'un rêve, est très scrupuleusement composée. Traversée d'une tension, d'une dureté parfois, qui contrebalancent le rêve et la douceur du violoncelle. Le point d'équilibre entre une écriture exigeante, l'expérimentation, et la simple séduction est a priori difficile à trouver, et rarement atteint. On paye souvent par une relative opacité les ambitions dont l'on a choisi de nourrir sa musique. Ici, le point d'équilibre signe l'identité d'Heniek.Écouter Heniek, c'est comme recréer une installation d'art contemporain dans son séjour : demoiselles et fantômes, souvenirs, nostalgie, impressions, odeurs se déploient lentement, doucement, fermement. Lodz est d'ailleurs très soucieux de son univers visuel, comme le montre le très beau digisleeve livré avec le disque, et ses trois photographies, ou son site myspace : archive personnelle, collecte de vers, de clichés, etc.La musique procède par emprunts, découpages et ajouts, par voilements et perturbations, alentissement et gauchissement, par séquences passées à l'envers, par boucles de piano, détournements et détours, chipant une citation à Ravel ou Bartok, ou Rilke, pour construire une atmosphère très personnelle dans un univers néo-classique aux réminiscences impalpables, mais nombreuses, souvent hypnotiques. L'électronique apporte une touche acide, parfois râpeuse, dans les compositions, barbelant leur douceur première. Un univers d'une familière étrangeté et d'une insidieuse beauté, hanté par la réparation, la blessure recousue d'un gros fil, les laines, les mitaines. Idéale pour l'hiver, cette musique est angora. Un angora mental. .... dmute. Chroniqué par Yvan le 02/12/2008
Lodz, serait la "terre promise", d'après Wladislaw Reymont et Andrej Wajda (un écrivain et le cinéaste l'ayant adapté à l'écran). Une ville polonaise qui garde jalousement sa beauté malgré les mauvais coups de l'Histoire. Une cité qui ne permet qu'aux seuls observateurs attentifs de la découvrir, récompensant les persévérants de son charme et sa magie. On pourrait en dire autant de Heniek, cette nouvelle sortie du label Tsuku Boshi, initiée par celle qui se fait aussi appeler Lodz. Dès les premières notes de piano - instrument omniprésent sur cet album - on s'imagine aux portes d'un endroit, mi réel mi fantasmé, où s'estompe une ville et ses remugles historiques distendus dans les mouvements d'un air excessivement froid et pur. C'est là, aux confins d'un ailleurs sans nom, tout juste rêvé, qu'aurait bien pu éclore cette musique à part, il y a quelques éternités. Seulement voilà, Pauline "Lodz" Nadryczny, tout juste née d'un dernier orage, n'a rien d'une ancêtre. Ce qui toutefois ne l'empêche pas d'avoir une solide expérience dans l'hybridation sonore (le projet Côme avec Tellemake ou son duo avec Anne Sulikowski aka Building Castles Out Of Matchsticks), et, tout en ayant tourné sa musique vers l'avenir, d'accaparer un terrain de jeu marqué par les âges, étendu de Rilke à Apollinaire (dont les textes sont respectivement saupoudrés au fil des titres Cornette et Rhénanes), de Bartok (East) à Marin Marais (Hanna Rêve). Expérimentée et érudite, elle n'en fait pas pour autant une montagne, toutes ces références étant subtilement suggérées, en toute "implicité". Compliqué alors de filer un cousinage pertinent, si ce n'est peut-être du côté de chez Colleen, Mira Calix et d'autres guérilleras des mutations soniques. Difficile à étiqueter, en somme. Tant mieux. On gagnera au change, face à l'émergence de ce petit bout de mystère. De ceux épais, que l'on espère en secret ne jamais lever, pour garder le plus longtemps possible la saveur de l'écoute de telles chansons - car c'est bien de cela qu'il s'agit - timides et complexes, portées par une voix un peu perdue, distante, comme floutée par un brume glaçante et enveloppante. A peine susurrés, expirés, ces jolis mots éreintés par le temps, abreuvés d'éther, nous arrivent dans un même souffle portant à la fois une douleur et son baume. Non, tout n'est pas rose chez Lodz, une certaine noirceur imprégnant même le théâtre des opérations. Faite de chaos et d'errements, âpre et instable à l'intérieur, elle voile doucement de ses distorsions électroniques la candeur organique de ces bluettes fantomatiques (Maror).Heniek est de ces contes étranges qui ne s'apprivoisent pas facilement mais qu'on aime écouter, à l'orée du sommeil, les laissant s'insinuer dans nos pensées ébauchées,et précipiter ces bribes de rêves dans des mondes improbables et intrigants. Entre quiétude et imprévus, mirage et vérité, cette musique, parmi les plus exigeantes et singulières du moment - à l'image de la ligne artistique d'un label tout aussi remarquable - pourrait bien réaliser l'exploit de nous réconcilier avec l'hiver. Un album de saison qui arrive à point, en quelque sorte.
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french press
L’univers de LODZ est loin d’être le plus accessible à la première écoute. Il y réside une part de mystère incompressible, qui empêche tout jugement tranché. Impression, floue et intrigante, de pénétrer dans son univers par une porte de service . Car Lodz n’a pas son pareil pour enrober ses mélodies d’un spleen contagieux et accompagner ses susurrements d’instrumentations vagabondes. Entre expérimentations électroniques, new-wave et classique, LODZ s’installe loin de tout, sur un bout de prairie dans un chalet perdu dans les Vosges .. Un sample de violoncelle, un piano comme ami d'enfance, elle voile la végétation d’une couverture de neige, encombrant le paysage de nuages, sifflant des soupirs et comptant des murmures. Lambeaux de piano tristes et une voix nappée d'écho semblant se perdre définitivement dans les limbes de l’hiver. Ballades portées par le piano et la voix, on pense à la fois à Colleen, Leila et Cocorosie. Les notes oniriques s’assombrissent alors progressivement, et la rêverie veloutée engendre un spleen lyrique infiniment personnel, forgé de souvenirs de berceuse d’enfant et de nostalgie égrainée dans les compositions de Lisa Germano, His Name is Alive et Joanna Newson. Patiemment, les chansons s’imposent sur le temps dissonant et furtif. On reste alors convaincu que ce disque restera un compagnon tout l’hiver s’annonçant.
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par Dr Bou - indietronica.com
Audehors, le silence de l’hiver sans voix. La neige à perte de vue. Toutsemble immobile, le temps comme suspendu. A l’intérieur d’une ancienneferme, la chaleur d’un feu de bois, son crépitement. Des enfants jouentaux adultes et les adultes s’inventent des contes pour enfants.Quelques notes de piano traversent la pièce. Une voix douce et feutréedistille des mots tantôt appuyés, tantôt murmurés. Dehors l’hiver, toujours, impassible et imposant son temps, ses mots et ses souvenirs. Voici en substance l’univers de LoDz et de son premier album : Heniek. Journal intime sonore ballotant entre musique classique et contemporaine (Ravel, Bela Bartok), electro feutrée (Tellemake) et expérimentations intimes (Dorine Muraille). Douze plages de sa vie, douze souvenirs enfouis, douze rêves éveillés qui laissent filtrer une musique centrée sur des mélodies pianistiques habillées délitacement d’eletro puis appuyées par quelques mots. Bout de poésie, bout de vie, LoDz joue une musique ouatée, hivernale, parsemée de ruptures qui enveloppe aussitôt l’auditeur. Comme un poème en prose, comme les mots qui dansent sur des lignes, LoDz tisse ses vers musicaux à l’envie. Et c’est tant mieux car son premier album donne envie d’en découvrir d’avantage et de se laisser continuellement bercer par un si bel univers.
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par Jean Yves Leloup | TSUGI
Lodz signe un disque unique et réussi, qui n'est pas sans évoquer une sorte de B.O de film fantastique et muet, sorti des décombres du XXe siècle. Une artiste singulière à classer aux côtés de quelques francs-tireuses du son et de l'expérimentation, à l'image des françaises Judith Juillerat, Eglantine Gouzy ou Colleen.
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11:19 PM
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