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lodz



Last Updated: 11/14/2009

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Tuesday, March 03, 2009 


 Chronique Millfeuilles
le 10.12.2008 · par Marteen B.


Délicat comme le vieil album jauni des photographies d'un fantasmatique  yiddishland, où les visages ridés plongent leurs yeux dans l'appareil.  Empli d'instants de chansons, de notes pianotées attrapées par une  fenêtre ouverte qui donne sur un salon de musique. Vinyles rayés qui rachotent sur une platine. Manteaux épais et rapiécés, bonnets, bouts  de laine, timbales tordues, enfants mutiques aux yeux immenses. Heniek  possède l'intensité immédiate, fulgurante, d'un éclat de soleil sur du  givre. Ecrit dans la lumière. Musique des premiers redoux - des  premières fontes, premières verdures - musique ni glacée ni frileuse, mais musique crevant l'hiver.
Ici, le givre est électronique. Pour la trame et le jeu de  perturbations, ou pour les grondements et accrocs multiples qui  viennent balafrer le chant. Pour l'écriture aussi : chansons continues,  sans couplet ni refrain arrêtés.Sous le givre, le caractère cristallin vient du toucher du piano,  répétitif et moelleux, à la fois rythmique par la ténuité de ses motifs  et amorti. La voix, quand elle est présente, chantant en français, en  allemand, en yiddish, est très aiguë, avec des qualités amoureuses.
Voix qui murmure souvent et qui séduit immédiatement. Elle se montre  pourtant sensiblement plus audacieuse dans l'écriture que ses consoeurs. Poussant même la trille à l'occasion. Plus ambitieuse et  moins pop. La voix à l'œuvre ne cherche pas la séduction ; elle est  présence. Inquiétante d'ailleurs. Petite fille qui paraît trop vieille  et trop chargée, sa voix trop ferme, qui toise, les yeux grands  ouverts, les machines expérimentales et son ordinateur. Car cette  musique, en apparence aussi diaphane et intuitive qu'un rêve, est très
scrupuleusement composée. Traversée d'une tension, d'une dureté  parfois, qui contrebalancent le rêve et la douceur du violoncelle. Le  point d'équilibre entre une écriture exigeante, l'expérimentation, et  la simple séduction est a priori difficile à trouver, et rarement  atteint. On paye souvent par une relative opacité les ambitions dont  l'on a choisi de nourrir sa musique. Ici, le point d'équilibre signe  l'identité d'Heniek.
Écouter Heniek, c'est comme recréer une installation d'art contemporain  dans son séjour : demoiselles et fantômes, souvenirs, nostalgie,  impressions, odeurs se déploient lentement, doucement, fermement. Lodz  est d'ailleurs très soucieux de son univers visuel, comme le montre le  très beau digisleeve livré avec le disque, et ses trois photographies,  ou son site myspace : archive personnelle, collecte de vers, de  clichés, etc.La musique procède par emprunts, découpages et ajouts, par voilements et perturbations, alentissement et gauchissement, par séquences passées  à l'envers, par boucles de piano, détournements et détours, chipant une
citation à Ravel ou Bartok, ou Rilke, pour construire une atmosphère  très personnelle dans un univers néo-classique aux réminiscences  impalpables, mais nombreuses, souvent hypnotiques. L'électronique  apporte une touche acide, parfois râpeuse, dans les compositions,  barbelant leur douceur première. Un univers d'une familière étrangeté  et d'une insidieuse beauté, hanté par la réparation, la blessure  recousue d'un gros fil, les laines, les mitaines. Idéale pour l'hiver,  cette musique est angora. Un angora mental.
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dmute. Chroniqué par Yvan
le 02/12/2008


Lodz, serait la "terre promise", d'après Wladislaw Reymont et Andrej  Wajda (un écrivain et le cinéaste l'ayant adapté à l'écran). Une ville  polonaise qui garde jalousement sa beauté malgré les mauvais coups de  l'Histoire. Une cité qui ne permet qu'aux seuls observateurs attentifs  de la découvrir, récompensant les persévérants de son charme et sa  magie. On pourrait en dire autant de Heniek, cette nouvelle sortie du label  Tsuku Boshi, initiée par celle qui se fait aussi appeler Lodz. Dès les premières notes de piano - instrument omniprésent sur cet  album - on s'imagine aux portes d'un endroit, mi réel mi fantasmé, où  s'estompe une ville et ses remugles historiques distendus dans les  mouvements d'un air excessivement froid et pur. C'est là, aux confins  d'un ailleurs sans nom, tout juste rêvé, qu'aurait bien pu éclore cette  musique à part, il y a quelques éternités. Seulement voilà, Pauline  "Lodz" Nadryczny, tout juste née d'un dernier orage, n'a rien d'une  ancêtre. Ce qui toutefois ne l'empêche pas d'avoir une solide expérience dans l'hybridation sonore (le projet Côme avec Tellemake ou  son duo avec Anne Sulikowski aka Building Castles Out Of Matchsticks),  et, tout en ayant tourné sa musique vers l'avenir, d'accaparer un terrain de jeu marqué par les âges, étendu de Rilke à Apollinaire (dont les textes sont respectivement saupoudrés au fil des titres Cornette et  Rhénanes), de Bartok (East) à Marin Marais (Hanna Rêve). Expérimentée  et érudite, elle n'en fait pas pour autant une montagne, toutes ces  références étant subtilement suggérées, en toute "implicité". Compliqué alors de filer un cousinage pertinent, si ce n'est peut-être  du côté de chez Colleen, Mira Calix et d'autres guérilleras des  mutations soniques. Difficile à étiqueter, en somme. Tant mieux. On  gagnera au change, face à l'émergence de ce petit bout de mystère. De  ceux épais, que l'on espère en secret ne jamais lever, pour garder le  plus longtemps possible la saveur de l'écoute de telles chansons - car  c'est bien de cela qu'il s'agit - timides et complexes, portées par une  voix un peu perdue, distante, comme floutée par un brume glaçante et  enveloppante. A peine susurrés, expirés, ces jolis mots éreintés par le temps,  abreuvés d'éther, nous arrivent dans un même souffle portant à la fois  une douleur et son baume. Non, tout n'est pas rose chez Lodz, une  certaine noirceur imprégnant même le théâtre des opérations. Faite de  chaos et d'errements, âpre et instable à l'intérieur, elle voile  doucement de ses distorsions électroniques la candeur organique de ces  bluettes fantomatiques (Maror).Heniek est de ces contes étranges qui ne s'apprivoisent pas facilement  mais qu'on aime écouter, à l'orée du sommeil, les laissant s'insinuer  dans nos pensées ébauchées,et précipiter ces bribes de rêves dans des  mondes improbables et intrigants. Entre quiétude et imprévus, mirage et  vérité, cette musique, parmi les plus exigeantes et singulières du  moment - à l'image de la ligne artistique d'un label tout aussi
remarquable - pourrait bien réaliser l'exploit de nous réconcilier avec  l'hiver. Un album de saison qui arrive à point, en quelque sorte.


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french press

L’univers de LODZ est loin d’être le plus accessible à la première écoute. Il y réside une part de mystère incompressible, qui empêche tout jugement tranché. Impression, floue et intrigante, de pénétrer dans son univers par une porte de service . Car Lodz n’a pas son pareil pour enrober ses mélodies d’un spleen contagieux et accompagner ses susurrements d’instrumentations vagabondes. Entre expérimentations électroniques, new-wave et classique, LODZ s’installe loin de tout, sur un bout de prairie dans un chalet perdu dans les Vosges .. Un sample de violoncelle, un piano comme ami d'enfance, elle voile la végétation d’une couverture de neige, encombrant le paysage de nuages, sifflant des soupirs et comptant des murmures. Lambeaux de piano tristes et une voix nappée d'écho semblant se perdre définitivement dans les limbes de l’hiver. Ballades portées par le piano et la voix, on pense à la fois à Colleen, Leila et Cocorosie. Les notes oniriques s’assombrissent alors progressivement, et la rêverie veloutée engendre un spleen lyrique infiniment personnel, forgé de souvenirs de berceuse d’enfant et de nostalgie égrainée dans les compositions de Lisa Germano, His Name is Alive et Joanna Newson. Patiemment, les chansons s’imposent sur le temps dissonant et furtif. On reste alors convaincu que ce disque restera un compagnon tout l’hiver s’annonçant.

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par Dr Bou - indietronica.com

Audehors, le silence de l’hiver sans voix. La neige à perte de vue. Toutsemble immobile, le temps comme suspendu. A l’intérieur d’une ancienneferme, la chaleur d’un feu de bois, son crépitement. Des enfants jouentaux adultes et les adultes s’inventent des contes pour enfants.Quelques notes de piano traversent la pièce. Une voix douce et feutréedistille des mots tantôt appuyés, tantôt murmurés. Dehors l’hiver,
toujours, impassible et imposant son temps, ses mots et ses souvenirs.
Voici en substance l’univers de LoDz et de son premier album : Heniek. Journal intime sonore ballotant entre musique classique et contemporaine (Ravel, Bela Bartok), electro feutrée (Tellemake) et expérimentations intimes (Dorine Muraille). Douze plages de sa vie,
douze souvenirs enfouis, douze rêves éveillés qui laissent filtrer une musique centrée sur des mélodies pianistiques habillées délitacement d’eletro puis appuyées par quelques mots. Bout de poésie, bout de vie, LoDz joue une musique ouatée, hivernale, parsemée de ruptures qui enveloppe aussitôt l’auditeur.
Comme un poème en prose, comme les mots qui dansent sur des lignes, LoDz tisse ses vers musicaux à l’envie. Et c’est tant mieux car son premier album donne envie d’en découvrir d’avantage et de se laisser continuellement bercer par un si bel univers.

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par Jean Yves Leloup | TSUGI

Lodz signe un disque unique et réussi, qui n'est pas sans évoquer une sorte de B.O de film fantastique et muet, sorti des décombres du XXe siècle. Une artiste singulière à classer aux côtés de quelques francs-tireuses du son et de l'expérimentation, à l'image des françaises Judith Juillerat, Eglantine Gouzy ou Colleen.






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Marin Favre

 
On n'est heureusement pas dans "un univers néo-classique", du moins tel qu'on l'entend en danse par exemple (kitsch et lourd), mais dans ton univers, et c'est l'essentiel.

 
Posted by Marin Favre on Wednesday, March 04, 2009 - 1:26 AM
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