Rebels of tijuana
On the road again
Ma mission , puisque je l'avais acceptée , consistait a shooter une bande de mézcaleros suisses qui régulièrement passait la frontière pour sévir sur les scènes de l'hexagone. La bataille aurait lieu du coté de Saint Sébastien, Froissard, et du coup, même Anthony Quinn m'avait planté.
Y'avait ce téléphone orange posé sur le comptoir du POP IN. Un modèle des années soixante-dix. Un objet concret, solide, capable d'enfoncer une boite craniéne; tu sais ces vieux trucs avec un compteur que tu faisait tourner avec le doigt pour composer ton numéro. Bref ce Téléphone était posé sur le comptoir en bois d'un pub qui aurait tout aussi bien pu être sur la Tamise plutôt qu'a Paris. Genre de décor en bois intime et convivial. Le public qui vidait choppe sur choppe (A trois euros la pinte ça aidait) avait du être importé de la city avec le mobilier; mais dieu que les anglaises avaient changées en quelques années. Maintenant n'importe quelle table british avait des airs de casting de film X.
Le barman m'a apportée ma bière, j'ai réalisé qu'il était déjà 21 heures et j'avais pas encore pris mon ptit dej. Mieux valait y aller mollo. J'ai finie la bière, ai hésité entre commander un B52 et brancher la blonde qui devait avoir 15 ans de moins que moi et qui me regardait depuis un moment. Dans un cas comme dans l'autre, la mission était foutue. Alors j'ai descendu jusqu'à la scène ou j'ai attendu que ça commence.
Alex chanteur et bassiste en est à son énième rasade de Bourbon tandis que le reste de la bande vérifie ses armes. Un regard sur leurs montres, la salle était vide quelque part quelqu'un a demandé : « -On attend? » J'ai juste pu entendre un truc qui devait se résumer à : « -Rien a foutre on commence et ils arriveront quand ils entendront. » et ils ont balancée la purée. Un instrumental aux accents surf et Psychobilly.
Sur la platine « J'adore ce flic » l'album des R. O. T. est une excellente machine a bouger ; Du rock n roll dans sa version british invasion sans les lourdeurs du style, les rythmes légers et pop et les textes au deuxième degré en font une réserve d'endorphine capable de faire sourire un membre du KGB lors d'une projection de Rambo 2.
sur scène ces mêmes morceaux sont exécutés avec une énergie féroce, Rebels Of Tijuana signent une prestation digne des Tito & Tarentula au Titi Twister. Ils délivreront un message d'espoir pour tous ceux qui espèrent qu'il y a encore de la place pour autre chose que le génocide musical hip hop et rnb. La salle se remplie, elle vibre prenant les riffs dans les tripes. Le batteur sous des airs de gars tranquille va marteler les rythmes donnant au public l'occasion de communier avec le groupe. Et quel communion treize titres comme autant de sprints sous acides.
On est à peine au début du set et vues les chemises trempées de sueur ont se demande comment ça va finir. Les morceaux s'enchainent en pleine cohérence. Les ROT n'ont pas inventé un style, mais ils ont sut le rafraichir et même le faire évoluer grâce aux influences psyché ou de musiciens bien plus funky que ces bluesman qui influençaient les groupes des années soixante. On retrouve aussi un peu des Satellites ou d'autres chanteurs frenchies. Mais grosso modo on s'en fout, on bouge, on se lâche et on en redemande.
Rappel bref et rageur la chanson n'a plus d'importance. Alex dressé sur la batterie balance des lignes de basse les dents serrées le regard fiévreux, de l'autre coté de la scène moulinets à la Pete Townshed à l'appui Seb (gaucher comme billy le kid) Réplique, il ne doit pas y avoir de survivants. Fin du round. Une meute de filles se rue sur la scène en arrachant leurs vêtements. le temps que je me fraie un chemin les trois rascals en ont profité pour filer, pour cette fois...