TOTO :
A 13 ans, il n'a qu'une idée en tête : grandir le plus vite possible et faire ses preuves devant les caïds.
A l'école de la vie de la Camorra, il se retrouve bien vite entraîné dans le cycle infernal de la guerre des clans. Une seule règle : choisir son camp, quelle qu'en soit l'issue.
« Tous ceux que je connais sont soit morts, soit en prison. Moi je veux devenir un parrain, je veux avoir des centres commerciaux, des boutiques et des usines, je veux avoir des femmes. Je veux trois voitures. Je veux que les gens me respectent quand je rentre quelque part,je veux des magasins dans le monde entier. Et puis je veux mourir. Mais comme meurent les vrais, ceux qui commandent pour de bon. Je veux mourir assassiné. »
DON CIRO : Il est chargé de porter de l'argent aux familles de son clan dont l'un des membres est incarcéré ou décédé. Rusé et discret, il ne s'implique jamais. Quand le pouvoir se désagrège à la tête du clan, il ne pense qu'à sauver sa peau.
« Don Ciro est le seul sous-marin dont j'ai pu faire la connaissance. Il travaille dans le centre historique, gère les salaires de clans en pleine déroute mais qui essaient lentement, dans cette nouvelle phase propice, de se réorganiser, pas seulement de survivre. »
MARCO ET CIRO : Ils se prennent pour Scarface. De quoi agacer les véritables Tony Montana. Ils le leur feront savoir. A leur manière.
« Rien ne différencie réellement les spectateurs de cinéma en terre de Camorra et ailleurs. Partout, les références cinématographiques ont valeur de mythologie dont on s'inspire. Si partout on peut aimer Scarface et se sentir au fond de soi comme son personnage, ici on peut être Scarface. Mais on doit l'être jusqu'au bout. »
ROBERTO ET FRANCO : Après la fac, ROBERTO fait son entrée sur le marché du travail. Il trouve chez FRANCO l'opportunité de faire carrière dans un secteur en pleine expansion : le traitement des déchets toxiques.
« Ceux qui prétendent que c'est immoral, qu'il ne peut y avoir d'existence humaine sans éthique, que l'économie doit avoir des limites et obéir à des règles, ceux-là n'ont pas réussi à prendre le pouvoir, ils ont été vaincus par le marché. L'éthique est le frein des perdants, la protection des vaincus, la justification morale de ceux qui n'ont pas su tout miser et tout rafler. »
PASQUALE :Excellent tailleur, il travaille jour et nuit pour de grands couturiers - grâce aux contrats d'adjudication, mais dans un minuscule atelier, au noir et pour un salaire de misère. Lorsque des concurrents chinois l'engagent en secret afin de former leurs ouvriers, Pasquale est d'abord flatté. Puis réalise brutalement qu'il a mis sa vie en danger.
« Il ne pouvait pas dire : « C'est moi qui l'ai faite. » Personne ne le croirait. Lors de la soirée des Oscars, [Scarlett Johansson portait une longue robe blanche] faite à Arzano, par Pasquale. Le sommet et le bas de l'échelle. Des millions de dollars et 600 euros par mois. »