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Paradis-éprouvette



Last Updated: 11/3/2009

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Status: Single
City: Colomiers
State: Midi-Pyrénées
Country: FR
Signup Date: 7/28/2008
Wednesday, July 30, 2008 
« (…) toute cette humanité faite de jeunes filles et de barmen, de couples aux allures d'animaux malades, de pingouins, de solitaires et d'empêchés ; d'amoureux, de violents ; de bandes de copains, de rigolards pitoyables. De Geneviève la compteuse, de la febbe balade (comprendre la femme malade, en langue chargée de microbes). De vous, de moi. Instruments et voix accompagnent la musicalité des mots ; une évocation mouvante sans narration prolongée, requérant du spectateur une participation intérieure, l'usage de cette part d'imaginaire dévolue à chacun sans laquelle il n'est pas de belle image, d'émotion, de musique pour l'âme.
L'exercice exclut l'éclat de voix et la pleine lumière. Ce ne sont donc qu'ombres et figures perdues, des paroles dont la portée s'éteint dans l'espace circonscrit par la vitrine et le comptoir. Sur scène, des panneaux noirs couverts de mots, d'immenses verres brillants aux pleurs crissants, une guitare sans cesse réaccordée, glaçons géants et tabourets ; des phrases inscrites, projetées, imprimées, tirées du papier, du plastique ou de la gaze, épisodes, fragments et aperçus d'un univers devenu étrangement parallèle à celui dont il est issu…

bobards

Voici une ambiance très particulière, mélancolique et feutrée. Pas vraiment triste, non, car restituant à merveille l'ambiance du café, de tous les cafés, et traçant en peu de traits le portait composite de l'homo bibens - l'homme buvant, sans autre exception aux exigences de la lucidité que les illusions de la poésie. Et tendre de se sentir une part de cette humanité de comptoir, de cette solitude collective.

bobards

Les lumières sont magnifiques, les projections figées, la musique - tantôt grondante, tantôt tintinnabulante - minimale. C'est un arrêt sur image dans un film Nouvelle Vague. L'homme y semble étranger de nous être si proche, jamais si fidèlement peint que déformé par le verre.
Allez, encore un petit coup ? »
Jacques-Olivier Badia (mai 2008- lecloudanslaplanche.blogs.fr)