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Frederic Fabbri



Last Updated: 11/7/2009

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September 19, 2008 - Friday 

Current mood:assassine..

Il y a là cette odeur de terre, de la terre fraîchement retournée, cette sensation de faire un bond, non, plutôt un rêve, en arrière ; tout derrière. Ces moments où l'on ferme les yeux, sans bouger et quelques sensations reviennent en mémoire, rares, mais réconfortantes, ces moments choisis par le subconscient, le parfum de sa mère, l'eau de toilette bon marché de son père, les couleurs défraîchies idéalisées des jupons maternels, un soleil qui pointe fièrement à l'horizon, une brume chargée en émotions. Toutes ces choses qui ne sont que la somme, ou raccourci, ou je ne sais pas, peut-être ces choses qui te balancent en pleine face ce qui t'accroche à ce passé. Et qui sûrement même si tu ne le reconnais pas, même si tu t'en sens honteux parce que c'est commun, hors de ta classe, trop paysan certainement, et bien toutes ces choses que tu refoules sont celles qui foncièrement t'apaisent parce que dans ces moments seulement tu es toi, avec ce qui t'a vu grandir... Mais là, non, ça ne sent pas vraiment cette terre-là, je voudrais bien, mais il y a cette désagréable nuit moite si lourde, si humide, si grave, si pesante. La terre remplie douloureusement le dessous de mes ongles dont un brisé a, je pense, dû rester planté dans cette vase, la peau de l'annulaire droit à nu. Je sais qui je suis, mais je ne sais pas pourquoi je suis... là.  Les yeux bandés et collants, de l'adhésif,  bandeau qui m'arrache les sourcils.  J'émerge et rien ne me dit de bon, pourtant j'ai rarement été aussi calme. Mes pieds sont liés. Mais je l'imaginais bien, avant même de les dégourdir. Je suis là, planté dans ce que je pourrais envisager comme une tombe, ma tombe. Et je suis bien en vie. Je sens même perler la sueur dans mes cheveux. Si j'avais mis une bande-son à la situation il n'y aurait eu que des instruments synthétiques, le genre un peu dépassé, new-wave, pourquoi pas une batterie un peu saturée et un rythme oriental, la parfaite bande-son du film de seconde partie de soirée, mais là, rien, seule musique ma respiration, douce, presque apaisante. Je ne sais pas pourquoi je suis là, mais une chose est sûre je ne m'en sens que plus vivant. Des journées de boulots à un guichet, des week-ends à faire du rafting, de l'escalade ou autre squash, et pourtant ce trou, lui seul me rappelle à moi. De quoi réviser ses fondamentaux.

Un nuage de terre quant à lui, de son côté, m'arrache à mes pensées. Enfin quant à elle, car il/elle reste une voix, grave et nerveuse, lente et nerveuse, nerveuse de colère, pas nerveuse de précipitation, non beaucoup de colère. J'en souris, oui sa colère m'apaise.

-« Tu sais où tu es ? », je ne réponds, trop occupé à recracher la boue déposée entre mes lèvres.  Ses pieds frottent nerveusement le sol, je compte huit pas (et deux de plus maintenant), les chiffres, c'est mon truc, sorte de toc. « Oh bâtard, je te parle ! Tu sais où t'es ? »

-« Si je reste là, enfin si tu me laisses crever là, tu penses que cet ongle aura le temps de repousser ? Tu vois ? Enfin, je veux dire, il paraît que ça pousse des jours et des jours après la mort »

Il me coupe :

-« Merde ! T'es atteint ! J'te fous dans un trou, et toi tu penses à cet ongle ? J'croyais être le psychotique ah ah, mais toi t'es carrément malade ! Ou débile (..) »

Je ne connais pas cette voix, elle ne me dit rien, mais elle est démente, et sûrement un peu abaissée, le timbre rendu plus grave sonne faux. J'entends un grand bruit de courant d'air et je le sens s'écraser violemment sur mes tibias, mes yeux tentent de s'écarquiller au plus grand, mais sous le bâillon ils se révulsent et simplement quelques cils se déchirent : il a sauté dans la fosse. Il attrape mon autre main et me retourne l'ongle du majeur, l'arrache, beuglant d'une voix suraiguë « et celui-là te pose soucis aussi ? ». Dans un réflexe je touche son visage, il ne me dit rien, mais la peau est douce, je sens son poing s'écraser sur mon nez, un « crack ». Je suis sonné. Fin du premier round.

******

-« AHHHHHHHHHH », mes yeux ! Le scotch est retiré, d'une tempe à l'autre la température est brûlante. J'aperçois son visage, son regard plutôt, noir et sans émotion, froid. Il fait sombre pourtant je suis aveuglé un moment, le temps de faire le net, je vois son poing s'enfoncer une fois de plus dans mon nez. Fin du bref deuxième round. Cette fois j'ai vu ses doigts, rugueux, abîmés, burinés. Je saigne beaucoup, je crois.

******

Il y a plusieurs manières d'envisager un moment. Les émotions peuvent prendre le contrôle, on perd le fil, et on est ballotté. L'effort quant à lui est moindre. Cela peut-être aussi désagréable qu'exaltant. On peut aussi tenter de rationaliser celui-ci, tenter d'expliquer le pourquoi du comment, le début et la fin, trouver les mots et le fil conducteur. C'est une gymnastique peu évidente, il faut et les moyens intellectuels et une énergie de contrôle de ses émotions (cf première possibilité). Il y a aussi la distance, on se tient en spectateur, on vit ces sensations, toutefois, on peut garder un esprit critique. Il n'y a que peut d'effort à envisager, simplement une pointe de fatalisme peut aider. « Adviendra que pourra ». Je n'y avais jamais réfléchi, n'aimant guère les dictons, mais ça, ça colle à la perfection à la situation.

******

Je tâte ma cloison nasale, elle semble brisée au moins en deux parties, mes yeux se plissent, mon pouce et mon index en de légères pressions soulignent ce nouveau visage. Du revers de la main j'essuie ce sang qui me cache la vue. La nuit est tombée, elle passe de reflets rouges à gris sombre. Je suis là à rester couché, dévisageant cet homme connu ou non, qui tient plus du lion en cage, avançant et reculant, de gauche à droite, de droite à gauche, un parfait jeu de jambes, un ballet de colère, une danse moderne. Ses mains passent sur son crâne, mais à contre-jour, je ne vois même pas s'il a des cheveux, je l'imagine, je ne connais pas de chauve qui pourrait me souhaiter… mort.

Je m'essaie : « la suite du programme ? »

À son tour : « pardon, t'as peut-être prévu autre chose après ! »

« Et bien oui, mon carrosse se change en citrouille à minuit »

En réponse : « tiens Cendrillon ! » une pelletée de gravas me tombe dessus. Automatiquement je me redresse, mais la douleur dans les tibias me terrasse, « je crois que je préfère rester couché encore un moment ».

Rires. Ça pourrait être une femme.

« Ah enfin un peu de raison ! ha ha, si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour elle, pour ta sœur.. »

« Faire quoi ? Ma sœur ? » Il doit bien y avoir 10 ans que je n'ai plus parlé d'Émilie avec qui que ce soit, depuis mon départ de ma maison familiale pour la ville.

« À commencer par arrêter de faire le malin et écouter la suite du programme » la voix ne cache plus qu'elle est féminine « tu vois on va jouer un peu plus cartes sur table ! »

« Mais Émilie ? »

La silhouette se met accroupie, elle sait que je ne peux bouger et que de toute manière je veux connaître la réponse.

« Émilie ? Je te connais elle et toi, je vous connais depuis très longtemps, Émilie n'aimerait pas ce que tu es devenu, cette espèce de  foutue forme humaine sans vie, qui répond, par oui ou par non à longueur de journée, qui fait semblant de spéculer, mais qui ne fait que jouer au citadin rien que pour oublier qu'il est de la campagne. Émilie m'a dit en être atteinte ! »

« Mais Émilie est morte ! »

« Ne te fous pas de moi ! Elle est en pétard et t'as intérêt à te remettre sur pied avant qu'elle soit là ! » Ses cheveux se décollent de son crâne sur lequel ils étaient plaqués, ils sont plus courts qu'un carré classique, mais je ne vois guère plus, ils semblent noirs et je peux me tromper, ses cils paraissent longs, son allure est masculine ou plutôt sans sexe.

Émilie, Émilie… s'échappe de ma bouche un léger « Émilie s'est noyée alors qu'elle avait 13 ans », j'en avais 10 moi. C'était au cours d'eau près de la maison, à moins de ..:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />100 mètres, je faisais un vacarme fou pour une sottise, un caprice, et aussi grave que cela puisse être au final, j'ai complètement oublié pourquoi. Simplement pendant ce temps, alors que je ne me souviens même plus ce qu'y m'animait, on a pas entendu un son, simplement j'ai vu sur la berge le corps de ma sœur, inanimé, mort, glacé, noyé. J'ai su que je partirai de là-bas.

Ma voix est basse et résolue cette fois, « que veux-tu ? Et… qui es-tu ? »

« Qui je suis ? Quelqu'un dont tu as besoin, qui te surveille depuis un sacré bout d'temps et qui doit en arriver là pour que tu te réveilles et ce que je veux, tout d'abord que tu me donnes un nom entre trois et que tu m'attendes ensuite »

« Je ne comprends rien »

« Ça va venir, David Schulman, Henri Boyer, Sarah, alors ? »

« Alors ? »

« Alors choisis ! »

« Sarah ? Qui ? »

« Ne me prends pas pour plus bête, tu le sais ! »

Schulman est un collègue de boulot, ou plutôt mon chef, il aime jouer les proches, mais pour mieux nous écraser, pas là le week-end ? On le remplace ; le soir ? Et bien il faut rester, y a toujours un truc à boucler, sinon, ce truc il le trouve toujours, « à charge de revanche », «tu verras ça va payer », « on s'fera un restau ». Schulman ? Il a tout du salop, mais je n'ai jamais rien dit.

Henri Boyer, ou plutôt, Mr Boyer du troisième, mon voisin du dessous. « Mr Boyer n'est pas très content ces jours-ci, depuis une semaine vous traînez les pieds sur le sol et ça frotte vous voyez ? Vous rentrez tard et il est fatigué, il n'est pas méchant, il est vieux » dixit la concierge. « Mr Antoine Castigliori, propriétaire de votre appartement loué depuis 8 mois, je vous prierai par la présente lettre recommandée de me prévenir quant à la nature des travaux effectués dans ce dit appartement, qui d'après votre sympathique voisin, est en train d'être transformé en loft et bla-bla-bla… », il y a aussi, les courriers de syndic, les pneus crevés, les renseignements auprès de la police quant à ma collaboration avec des réseaux de prostitution, etc., etc..

Sarah… 3 ans de collaboration affective puis les clefs qui se retrouvent dans ma boîte à lettres, qui ne répond plus au téléphone, qui s'est tirée avec ma pharmacie et mes anxiolytiques, et à l'occasion a été vue en compagnie de David Schulman.

« David Schulman ! »

On me balance un tube en fer dans la gueule, j'ai à peine le temps de l'amener à la bouche que déjà une dizaine de pelletée de terre me recouvrent les jambes douloureuses puis le visage et le torse. Je suis sous terre. Toujours aussi calme je respire doucement jusqu'à m'évanouir.

*************

Un seau d'eau et je reviens à moi, un sursaut « quoi ? », je reçois un paquet.

Tant bien que mal je m'assois et m'appuie contre le rebord de ma tombe, le carton entre les mains. Il fait nuit. Il s'est passé quoi ? 1h ? Plus ? 24h ?

« Depuis… ? »

« Pas très longtemps, moins de deux heures, ouvre »

J'ai une terrible appréhension, mes doigts hésitent, mais ouvrent, je les regarde de plus près ils sont couverts de sang. Je les passe sur ma bouche, pareil, elle en est inondée aussi.  Ça n'était pas de l'eau, pas tiède par la moiteur de la nuit, mais c'est bien du sang… humain ? Le carton s'ouvre, et je reconnais les yeux, la cicatrice sur le nez de David, je jette le carton et sa tête roule.

« Putain, merde, non ! fait chier ! », je pleure presque, « merde qu'est ce que tu veux ?! »

« Un autre nom ? »

« Quoi ? »

« Tu choisis, un autre nom ou rien si tu ne le souhaites pas et je m'en vais, c'est toi qui vois. »

Et sans que je ne m'en rende compte, je crie : « Boyer ! Cet enfoiré de Boyer ! » Je me couche et pose le tube sur mes lèvres. L'image d'un pharaon momifié pourrait me correspondre. La terre me recouvre à peine.

Une portière de voiture s'ouvre, un son étouffé, bâillonné, puis cette portière qui claque. Une voix qui crie énervée, une autre apeurée, un homme tombe à terre. Comme sous l'eau, les sons m'arrivent lourds, amplifiés.

« Mon voisin, mon mon voisin du dessus ? Mon dieu je vous en prie, on s'entend à merveille, s'il vous plait » Boyer supplie, bégaie (crève ordure) j'ai envie de crier « tue-le ! saigne-le » dans mon tube, mais je dois rationner ma respiration.

La voix féminine : « tu sais quoi vieux con ? Tu vas déterrer ton ami, et hum, et bien vous allez un peu discuter de tout ça, ok ? »

« Bien sûr, c'est un malentendu, ça va s'arranger, ça ne peut que s'arranger, je vais lui parler vous allez voir, donnez-moi cette pelle ». Je l'imagine : sa moustache fine, son regard sec et condescendent, les joues vides et pendantes, ses costards d'une autre époque dans leurs tons écrus, marron et pastels, et ses dents jaunies de méchanceté, ses mains fines comme des griffes.

J'entends la terre grattée juste au dessus de moi, « je n'en peux plus, aidez-moi, mademoiselle »

« Fini avec tes mains ! Ou alors je te tue maintenant ». Et se chevauchent un : « c'est ça que tu veux » et un : « noooooon ! S'il vous plait ! » et lui qui pleure, mais je l'entends déjà frotter, là oui c'est à pleurer, mais, de rire.

Bientôt son visage apparaît, il a les yeux rouges de larmes, il bave, son nez coule, il me sourit, « mon jeune voisin, pardon, pitié, pardonnez-moi » et je sourie à mon tour, il me le rend, « dites-lui que je, que nous sommes.. », mais je ne l'écoute pas et c'est à la hache qui vient s'abattre sur son cou, qui se plante en haut de sa colonne que je sourie. Il est interloqué, et… mort. Elle extirpe la hache et d'une seconde volée plus précise sectionne la tête qui me tombe dans les mains. Son sang me jaillit dessus, une fontaine, chaude et épaisse.  Le corps sans vie tombe mollement sur le côté et je me sens bien.

Il y a toujours cette brise. On peut être obsédé par une telle brise. Encore faut-il accepter d'être obsédé.

Je tends la main. Elle s'approche et pose ses doigts sur les miens, tendrement, doucement. « Et maintenant ? » me demande-t-elle.

« Sarah? » je réfléchis un instant « Oui Sarah ».

Sur ce, je sors comme je peux, je me hisse, me redresse, elle me tient par le bras, un pas, puis un autre, j'avance lentement. Mes pieds ont du mal à décoller du sol, ils frottent sur de courtes herbes. Il y a des haies de pins, les aiguilles tombées craquent par dizaines à notre passage. On rejoint la voiture.

 Sarah à l'intérieur tient sa tête à deux mains et pleure.

De manière théâtrale, elle nous lance un regard, puis le fixe sur moi, comme s'il m'avait été destiné. Je lis sur ses lèvres qui délicatement dansent « aide-moi ». Ses yeux bruns sont embrumés.

J'ouvre la portière et lui pose les doigts sur ses joues, mes yeux dans les siens, mes pouces caressent ses pommettes.

« Qui est elle ? »

« Je ne sais pas Sarah », le ton de ma voix est calme, rassurant.

« Ne me laisse pas ». Nos yeux se perdent un instant l'un dans l'autre. Enfin, j'en ai l'impression.

Elle me renvoie à ce visage d'il y a pas plus d'un an, où l'on avait traversé le sud de la France, d'est en ouest. Elle, à moitié endormie, somnolente, à la place passager, ses pieds nus sur le tableau de bord, sa jupe volante d'été rose pâle  remontée, sa peau si blanche, une main qui passe dans ses cheveux noirs, ses grands yeux  doux et mélancoliques fixant l'horizon. Un vent délicat qui l'effleure.  Je me disais alors que bientôt ça finirait. Qu'elle finirait par comprendre qu'elle fait erreur avec moi, que je ne suis pas celui qu'il lui faut, que je ne suis pas assez bien pour elle, que je ne suis pas… Mes pouces délicatement se posent sur ses yeux, elle se blottit contre moi, entre sa tête dans ses épaules, si fines, et se décontracte un peu. « Tu ne vas pas m'abandonner Jérémie. »

« Comme tu l'as fait ? »

D'un ton calme qui ne me trompe pourtant pas, je sais qu'elle panique : « non ça n'était pas ça… j'ai eu peur je pense ».

« Sarah ? »

« Oui ? »

« Pardonne-moi »

« De quoi ? Te pardonner de quoi ? »

 Je sens l'air me balayer la nuque comme pour  un « au revoir» à la nuit, comme pour laisser la place à l'aurore. Le soleil pointe légèrement au travers des arbres. La nuit a transformé ce que j'ai été pour ce que je suis maintenant.

« De ne pas avoir été à la hauteur »

« Non Jérémie c'est moi qui ne l'ai pas été, je suis partie, je n'aurais pas du, ou au moins, pas ainsi ».

« Non Sarah, je suis désolé, désolé pour maintenant, pour ça »

Elle se raidit, je sens sa peur, un léger mouvement en arrière, mais déjà mes doigts s'enfoncent dans ses orbites. Je sens rouler ses yeux au passage des premières phalanges. D'une voix tendre : « Plus jamais tu ne me regarderas comme une période d'erreur, ça doit se terminer Sarah. »  J'entends un léger cri étouffé et puis plus rien. Rien. Juste ce doux soupir. La mort peut être si douce.

******

Sa tête est appuyée sur mon ventre, mes yeux sont fermés, la lumière entre par mes paupières. Je tombe sur les genoux, mon front sur le sien. On pourrait sembler encore amoureux.

Des pas près de la tombe « il faut la mettre là-dedans maintenant et partir, le jour est proche »

« Un instant encore »

« Non Jeremie, maintenant »

****** 

La terre a recouvert cette nuit. La silhouette est distincte, une femme de mon âge. Longiligne, un visage fin et agréable, un port de cou distingué qui dénote de ses mains rugueuses.

«Une campagnarde aussi ? »

« Du hameau voisin du tien fraîchement débarquée en ville », sa voix est posée, douce, sulfureuse.

« Je ne connaitrai pas ton nom j'imagine »

« Il n'y a aucune chance »

« Et Émilie ? »

« J'étais avec elle quelques minutes avant sa mort ce 30 août, je l'ai quitté en compagnie d'Anthony Safi et Damien De Lonnay »

« Tu penses qu'ils … (y sont pour quelques choses) »

15:49
 
Loreleï

 
étrange, bien mené, du suspens, une envie de savoir...

 
Posted by Loreleï on July 18, 2009 - Saturday - 16:04
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